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The Magnetic Fields : "Distorsion"
Aimer les femmes et faire du bruit

vendredi 8 janvier 2010, par Boris Ryczek

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Sorti dans la confidentialité la plus complète (comme tous ses prédécesseurs), Distortion est (comme la plupart de ses prédécesseurs), un album essentiel des Magnetic Fields. Comme d’habitude, il y a un concept à moitié foireux : appliquer un effet de distorsion à tous les instruments utilisés. Comme d’habitude, ce concept est appuyé par des compositions pop parfaites, des paroles ciselées dans le diamant et des interprétations vocales d’une justesse à toute épreuve.

Pour ceux qui ne sont pas au courant, Stephin Merritt est le leader plus ou moins occulte de ce groupe à géométrie variable : parolier, compositeur, arrangeur, accoucheur d’idées et crooner décadent. Il est reconnu comme une influence majeure de Neil Hannon, Jarvis Cocker... et Peter Gabriel, qui a inclus une de ses chansons (The book of love) sur son prochain album, Scratch my back, composé uniquement de reprises triées sur le volet. Lui-même reconnaît en toute simplicité Abba, Kraftwerk, le Velvet Underground, The Jesus And Mary Chain, Phil Spector et Brian Wilson comme ses maîtres à écrire.

En toute logique, après une introduction Surf bruyante, uniquement là pour imposer le concept, les Beach Boys se prennent la première beigne du disque avec California girls, interprétée par la magistrale Shirley Simms, qui se partage avec Merritt la lead vocal des chansons. Vengeance impitoyable envers les starlettes en bikini de Beverly Hills, ce titre est d’autant plus violent qu’il est composé comme à l’époque, avec juste ce qu’il faut d’esprit punk pour corser le message : des guitares partout, poussées dans leurs derniers retranchements par la distorsion.

Merritt enchaîne avec Old fools, diatribe très Scott-Walker-reprenant-Jacques-Brel à l’encontre des vieux imbéciles. Hommage aux femmes, encore une fois, hommage à la musique, les Magnetic Fields donnent à ce moment de haine quelque chose que les Américains qualifieraient de soulful : de l’âme.

On passe rapidement sur les suivantes, bien qu’il y ait des choses à dire sur Too drunk to dream, ritournelle pop à la Divine Comedy, noyée sous la réverb’, et évoquant à la perfection l’intérêt de l’alcool dans certaines situations.

L’essentiel se joue peut-être sur The nun’s litany, énumération des fantasmes sexuels d’une nonne, où se dessine en filigranes toute la déception d’une femme abandonnée. Ou sur I’ll dream alone, contrepoint masculin sur le même thème. A moins que la pièce maîtresse soit Courtesans, la conclusion de l’affaire, face à laquelle la batterie et la basse se font ascétiques, pour laisser toute leur place à six cordes, quelques effets tordus et quelques mots choisis : "Cause courtesans/Don’t believe/In anybody but themselves/And Santa Claus/And his twelve elves".

Difficile d’expliquer le côté parfaitement indispensable de ce disque, réalisé sans moyens, avec une rage et une fierté à toute épreuve et beaucoup de talent. L’intérêt vient de ses paradoxes, et du sens de l’équilibre qui leur permet de se fondre dans un tout cohérent, et même agréable à écouter. La vie, le désir, sont pleins de paradoxes. La musique des Magnetic Fields aussi. Elle y a bâti ses fondations.

Si l’on veut, Distorsion est le meilleur album de lo-fi sorti ces dernières années. Aucun clavier ; le livret l’affirme avec fierté. Mais des guitares, des guitares, des guitares... Et un amour omniprésent des femmes. Un hommage à leur perversité, sans complaisance aucune envers celle des hommes.

Un grand disque de 38 minutes et 51 secondes.



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Boris Ryczek





Il y a 4 contribution(s) au forum.

dropshippingwatch
(1/2) 5 avril 2010, par Administrator
The Magnetic Fields : "Distorsion"
(2/2) 8 janvier 2010, par mathieu




dropshippingwatch

5 avril 2010, par Administrator [retour au début des forums]

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The Magnetic Fields : "Distorsion"

8 janvier 2010, par mathieu [retour au début des forums]

Cette chronique me donne vraiment envie de me procurer le disque, mais je suis encore loin d’avoir fait le tour complet de leur ’69 love songs’...

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