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The Long Blondes : "Someone to drive you home"
La trentaine blondissante

jeudi 8 février 2007, par Alexandra Jakob

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Trente ans. A cet âge canonique, je me poserai des questions. J’établirai un premier bilan. Pire, je commencerai à apprécier les Smiths, charmée par les tribulations amoureuses de Morrissey. C’est fou comme l’achèvement d’une décennie dorée peut déprimer. Et inspirer.

Trois filles, deux garçons, un âge charnière : pas besoin d’aller chasser bien loin la muse créativité pour les Long Blondes. Emmenés par la charismatique Kate Jackson, les cinq jeunes gens décidèrent de monter un groupe parce que, selon eux, "il n’y a rien d’autre à faire à Sheffield". A part peut-être tenter d’imiter leurs concitoyens de Pulp, aujourd’hui véritablement déifiés dans ce coin perdu de l’Angleterre minière. Heureusement pour les Long Blondes, le facétieux succès ne les boudera pas durant vingt ans, comme il l’a fait avec Jarvis Cocker et sa troupe. En effet, trois ans seulement après ses premiers accords, la formation mixte signe avec Rough Trade, l’ancien label des Libertines. Someone to drive you home s’attire ensuite les grâces de la presse anglaise. A juste titre.

Sorti en novembre dernier, ce premier album puise son originalité dans son univers très féminin, même si le principal songwriter du groupe est SON guitariste Dorian Cox, de toute évidence pourvu d’un sens de la psychologie aussi aigu qu’ambigu. Crainte de vieillir (Once and never again), perte du pouvoir de séduction (Lust in the movies), rivalités larvées (In the company of women), les problèmes "de gonzesses", comme dirait votre copain routier Raoul, abondent dans une ambiance new wave évoquant irrésistiblement Blondie. Heureusement, le groupe parvient à éviter le syndrome Desperate Housewives grâce à une verve légère et lucide, notamment durant le brillant Weekend without makeup, où une Kate Jackson désabusée constate l’ampleur des dégâts d’une relation trop routinière. Quelques guitares ska, doublées de chœurs enfantins et narquois, traduisent à merveille l’agacement ressenti par la chanteuse pendant Giddy stratospheres, consacré à l’observation d’un garçon amoureux d’une garce. Dotée d’une voix raque et d’un look classe à souhaits, l’ancienne courtière en vêtements narre également à merveille le désarroi ressenti lors de la fuite de son fiancé avec plus jeune qu’elle, pour un Heaven help the new girl dépouillé et à l’intensité allant crescendo. Par un paradoxe amusant, les morceaux les plus masculins sont ceux écrits par la meneuse du groupe, tel le pétillant Madame Ray dévolu à une croqueuse d’hommes sans scrupules ou encore l’entraînant Separated by motorways, dont l’action se déroule dans un pub.

Des influences new wave marquées, des tubes dansants, quelques riffs post-punks. Franz Ferdinand et The Rakes ont déjà testé cette recette avec succès. Grâce à leur héroïne fashion et leurs chansons accrocheuses, les Long Blondes réussissent eux aussi fort bien dans cette voie. La fraîcheur de ce quintette devrait lui promettre un bel avenir.



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Alexandra Jakob





Il y a 1 contribution(s) au forum.

The Long Blondes : "Someone to drive you home"
(1/1) 14 février 2007




The Long Blondes : "Someone to drive you home"

14 février 2007 [retour au début des forums]

Entièrement d’accord.
(C’est assez rare pour le signaler.)

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