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The Fray : "The Fray"
Du bonheur d’être surpris

vendredi 5 juin 2009, par Albin Wagener

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On aime tous être surpris, du moins musicalement. Bon, quand c’est des mauvaises surprises, ça pèle singulièrement les noix. Dans ces cas, on ne manque pas de noms d’oiseaux pour qualifier la production, les musiciens, le chant et toutes les composantes du produit fini dont on dispose. Mais quand une bonne surprise pointe le bout de son tarin, qui plus est d’un groupe dont on attendait pas grand chose d’autre que du songwriting pour college radios en mal d’idoles, on est en droit de se réjouir.

Il aura fallu quatre ans à The Fray pour nous proposer le digne successeur de How to save a life, "critically acclaimed album" par excellence, porté aux nues par une presse nord-américaine dithyrambique, positionné quelque part entre Counting Crows et Tori Amos. Une aubaine pour le monde culturel états-unien, qui a réussi à sucer jusqu’à la moëlle le premier album de la formation de Denver, emmenée par le chanteur et pianiste Isaac Slade. Bon, je vous l’avoue, nous sommes en Europe continentale francophone. Ce qui veut dire que vous avez sans doute entendu le single How to save a life pendant que vous faisiez vos courses à la supérette du coin. Qu’il s’agisse du single ou de l’album, l’intégralité des morceaux a été pressée comme un vieux citron tout pompier, et on a eu droit à du The Fray dans des films et des séries TV, parfois jusqu’à l’overdose. Et pour se relever d’un tel succès commercial, il aura fallu sans doute du courage et de l’audace à Isaac et sa bande, pour envisager le défi du second album avec sérénité, patience et pertinence.

Du coup, on hérite d’un deuxième opus qui porte pour seul titre le nom du groupe. Une façon sans doute d’affirmer que nos amis du Colorado sont un véritable groupe et non un produit taillé en forme de one hit wonder. Fort heureusement pour eux, cet esprit n’est pas qu’un vœu pieu : à la place de leur premier-né, on assiste ici au développement d’un disque plus mature, plus sombre et un peu moins tristounet que pouvait parfois l’être How to save a life. Qui plus est, le nombre de morceaux (dix, seulement) est relativement réduit, ce qui permet non seulement d’en apprécier la qualité, mais laisse surtout un goût d’inachevé à la fin de l’écoute - dans le bon sens du terme. Bon, c’est vrai que le single You found me reste relativement prévisible, d’une certaine manière, mais on peut d’ores et déjà y découvrir une surabondance de guitares à laquelle on était peu habitué chez ce groupe. Cette impression va d’ailleurs se confirmer tout au long de l’écoute de l’album, ce qui marque une réelle évolution et un changement de cap chez Isaac et ses comparses.

Résultat des courses, on se retrouve avec Say when, morceau presque progressif dans sa structure et plus complexe que les précédentes compositions du quatuor américain. Et cette complexité d’écriture vraiment passionnante se retrouve d’autant plus sur We build then we break, morceau un peu moins facile d’accès qui tente de lorgner vers Radiohead ou Death Cab For Cutie, tout en gardant son identité propre. D’autres morceaux plus dépouillés, comme Where the story ends, pourraient laisser imaginer que The Fray serait en fait le Coldplay américain, avec un poil plus d’humilité et d’envie de recherche sonore. Ceci dit, rien ne dit qu’ils deviendront moins imbuvables que la bande à Chris Martin d’ici quelques années !

Je ne vais pas vous le cacher : ça reste du The Fray. Si vous n’appréciez pas le rock alternatif américain (très différent de ce qu’on appelle "musiques alternatives" chez nous) et que vous avez trouvé que leur premier album s’apparentait à de la première guimauve, il y a de forte chance pour que ce disque vous passe loin au-dessus de la tête. Il faut cependant replacer tout cela dans son contexte : dans ce style musical, peu de groupes parviennent à avoir le désir de se réinventer tout en gardant une écriture simple et accessible ; le contre-exemple de The Fray pourrait être Lifehouse, qui nous pond des albums bien trop longs et bien trop répétitifs, dans le même style. Personnellement, j’ai confiance en The Fray, je trouve leurs morceaux bien foutus, et je pense qu’il y a derrière tout ce battage médiatique un authentique songwriting qui mérite qu’on s’y intéresse.



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Albin Wagener





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The Fray : "The Fray"
(1/1) 20 février 2015




The Fray : "The Fray"

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