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The Fray : "How to save a life"
Coffee & TV

mardi 4 septembre 2007, par Clarisse de Saint-Ange

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Les plus au courant d’entre vous croiront rêver : oui, le premier album de The Fray est bien sorti en 2005 en Amérique du Nord, mais il nous aura fallu attendre jusqu’en cette douce année 2007 pour pouvoir, nous aussi, partager l’enthousiasme suscité par ce premier album. Un premier album qui n’est malheureusement pas du tout taillé pour les marchés européens, tant il transpire la culture nord-américaine. Mais qu’importe !

Souvenez-vous de ce slogan publicitaire pour femmes trentenaires en mal de sensations : "c’est bon, la honte". Vous pouvez librement appliquer ceci à une écoute coupable de cet album. Oh, The Fray n’est pas un mauvais groupe, loin s’en faut, et ils peuvent bénéficier d’un traitement spécial pour leur sincérité. Eux au moins ne se drapent pas dans de faux artifices gotho-punk ou des airs de chiens battus afin de vendre quelques riffs indie aux adolescentes œstrogénées. En revanche, si vous n’êtes pas du tout sensible à la pop/rock U.S., vous pouvez tout de suite cliquer sur une autre chronique, car il y a peu de chances pour que cette galette vous émeuve. The Fray est un groupe typiquement nord-américain, issu d’une tradition qui a dû les faire tourner largement dans quelques cafés ou clubs conquis par leurs bonnes vibrations avant de pouvoir les faire signer chez une major.

Musicalement, The Fray parvient à incorporer dans sa pop un piano littéralement omniprésent et maîtrisé à merveille (n’ayons pas peur des mots). Le reste, ce sont des mélodies bien senties et des chansons qui, à défaut d’être ravageuses d’inventivité, n’en restent pas moins sobres et authentiques. En revanche, si vous êtes allergique à la rotation élevée du single How to save a life sur nos ondes en ce moment, vous ne pourrez pas accrocher à cet album qui reste par moments bien trop homogène pour qu’on puisse distinguer certains titres : production lisse, suites d’accords souvent réutilisées... Seules les paroles et la couleur du piano permettent de saisir les subtilités des morceaux. Les amateurs de Tori Amos pourront d’ailleurs jeter une oreille : il est fort possible qu’ils y trouvent quelques petites choses qui les contenteront.

Parmi les bonnes chansons, on retrouvera un songwriting efficace sur Little house, Heaven forbid et le superbe She is, qui permet d’ouvrir l’album sans nous vendre quelque chose de faux. Car on se retrouve quand même bien trop souvent trompés par les trois premiers titres d’un album, ulcérés alors de devoir se farcir tous les mauvais morceaux à la fin. Là, il n’y a pas de mauvaises chansons, ni d’excellents brûlots rock’n’roll. Mais pour tout vous dire, je préfère un album de pop moyenne mais bien assumée plutôt qu’une mode indie surfaite et mal cachée par une avalanche d’artifices hypocrites (comprenez Interpol). Bref : How to save a life ne marquera pas l’histoire de la musique, The Fray non plus, probablement. Fidèles à une tradition musicale mise en jambes par les Counting Crows, nos quatre musiciens présentent un opus honnête qui sent bon le café Starbucks, la neige new-yorkaise et les pensées intimes.



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Clarisse de Saint-Ange





Il y a 1 contribution(s) au forum.

The Fray : "How to save a life"
(1/1) 21 octobre 2016




The Fray : "How to save a life"

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Such an impressive set of songs. It was highly recognized. - Bath Planet

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