|
|
L’album du mois
The Cure : "The Cure" Rien de révolutionnaire mais du très bon ! samedi 24 juillet 2004, par |
|
DANS LA MEME RUBRIQUE :
|
Il fallait s’y attendre : Bloodflowers, le testament de Robert Smith sorti en 2000, ne sera pas le dernier album du groupe. Il s’agissait pourtant d’une mort plus qu’honorable et la tournée qui suivit la sortie du disque ressemblait à un dernier adieu. Mais la fin annoncée du groupe est reportée à une date indéterminée... Comme à chaque fois !
La question est de savoir ce que les Cure peuvent avoir à nous dire de nouveau, aussi bien d’un point de vue musicale que lyrique ? La réponse est malheureusement... Rien ! Chaque titre du nouvel opus nous en rappelle un ancien ou pourrait figurer sur un des douze albums précédents. C’est donc incontestablement l’opus le moins original du groupe, malgré ce qu’en dit une presse spécialisée qui s’est rappelée récemment son existence et le pognon qu’elle pouvait en retirer... Malgré le manque d’originalité de l’album, il est d’une qualité et d’une sincérité irréprochable et contient son lot de chefs d’œuvre. C’est notamment le cas du morceau d’ouverture : "I can’t find myself" ouvre les festivités du très enragé Lost où Smith nous fait un récapitulatif de ses frustrations déjà énumérées dans Bloodflowers : celles d’un homme, la quarantaine passée, qui n’a pas réussi à accomplir ses désirs d’adolescent. Les guitares sont dissonantes et la montée en crescendo est époustouflante. On retrouve surtout un Cure brut, déchiré et non résigné devant l’impuissance de changer le passé et son impact sur l’avenir. On n’avait plus vu ça depuis Pornography ! Labyrinth reste dans un thème semblable, celui du temps qui nous change sans nous demander notre approbation. Les guitares, électriques mais au son indien, sont planantes à souhait et la voix de Smith reste très enragée, notamment lorsqu’il hurle "it’s not the same you". L’album commence donc très fort avec deux titres magnifiques. Suit alors Before 3, chanson pop où Robert renoue avec ses agaçants "aouw !" en guise d’ouverture. Morceau sans grand intérêt mais tout à fait respectable. Autre titre pop, The End of The World est probablement le meilleur single des Cure depuis ceux de Disintegration. On ressent malgré tout un manque : où sont passées les magnifiques lignes de basse des Cure ? De Seventeen Seconds avec des morceaux comme A forest à Bloodflowers avec 39, tous les meilleurs morceaux du groupe ont toujours été construits de la même façon : une ligne de basse sublime et redondante, accompagnée d’une batterie mélodieuse sur lesquelles viennent se greffer les guitares et le chant si atypiques de Smith, le tout plongé dans un brouillard de nappes de synthés. Ross Robinson, déjà connu pour avoir produit des groupes comme KoRn, Slipknot et Limp Bizkit, est un fervent fanatique de la voix de Smith. D’après les dires de ce dernier, il aurait même voulu n’enregistrer qu’elle, faire un album à capella. Les autres instruments ne sont donc là que pour la servir, elle est la mélodie du morceau. Si cette technique permet de réussir des morceaux comme Lost, elle provoque en revanche un manque certain à d’autres morceaux comme Before 3 par exemple. Ces morceaux sonnent creux. Simon Gallup est transparent, pour la première fois en 24 ans... Avec le 5ème morceau de l’album, on entre enfin dans le vif du sujet : Anniversary est horriblement triste et procure moult spasmes et frissons. C’est probablement l’œuvre la plus originale des douze plages de l’album. Us or Them est le morceau le plus enragé et engagé de Cure jamais écrit, rangeant Shake Dog Shake et The Kiss dans le dossier de ballades tranquilles à écouter une après-midi d’été. Le "I don’t want you anywhere near me" est hurlé avec une telle rage et conviction qu’il est très difficile de ne pas réécouter cette chanson jusqu’à l’overdose, en oubliant que l’album est loin d’être fini. Oui mais, trois titres inqualifiables viennent ensuite bouleverser la ligne conductrice de l’album. (I don’t know what’s going) on a une très belle mélodie, assez pesante, sur laquelle on est venu greffer un chant pop et léger. Le tout donne une impression déroutante, une bonne idée dont le résultat est assez raté. Si vous voulez écouter de la pop, autant s’en tenir au premier single de l’album. Pour ceux qui, comme moi, ont toujours aimé "The dark side of The Cure", ils ne pourront s’empêcher de zapper le morceau après l’intro. Taking Off est une sorte de Just Like Heaven réchauffé et raté. Never aurait pu faire sortir de l’ombre un groupe de rock peu inspiré : pas répugnant en soi mais indigne de figurer sur un album des Cure. Notons toute fois la qualité du jeu de batterie de Jason Cooper. Incroyable sur ce morceau mais aussi sur tout l’album, celui que les fans du groupe ont profondément détesté lorsqu’il a repris les baguettes à Boris William en 1995, s’impose comme LE musicien déchaîné du groupe. Il suffit de regarder le DVD qui accompagne l’édition limitée du disque pour le constater... Il joue parfaitement le rôle du miroir face à la rage de Robert Smith sans pour autant sombrer dans l’exhibitionnisme de ses compétences, comme c’est souvent le cas dans le nu-métal auquel Robinson a été plus habitué. Il est là pour servir l’ensemble du groupe, à l’image de ce que faisait Nick Mason dans Pink Floyd ou encore John Bonham de Led Zeppelin et la plus-value qui en résulte joue un rôle énorme dans la réussite de The Cure. L’album se termine sur un bouquet final plus que réussi. The Promise est magnifique, un Watching Me Fall avec plus de fragilité et de regrets : "You promised me another life" ; rien de plus beau que Smith parlant à lui-même... Going Nowhere me fait penser à Last day of summer. Une mélodie très mélancolique, mêlant à la fois une 6 strings bass et un magnifique piano. Une fin parfaite pour un album très guitare. Il est temps à présent de faire nos comptes : sept morceaux sur douze sont superbes, c’est une bonne moyenne. Je vivrai donc avec cet album comme je le fis pour Wish, The head On The Door et Kiss me : ses quelques déchets font qu’il ne tournera jamais en boucle dans le lecteur CD ni dans ma tête. Par contre, je n’arrive plus à vivre un instant sans avoir la mélodie d’un des nouveaux chefs d’oeuvre dans mon esprit, sans presser le pas en rentrant du boulot pour avoir ma dose de ces quelques magnifiques masterpieces. C’est aussi ça l’effet Cure... |
|||
|
|
|
Il y a 9 contribution(s) au forum. The Cure : "The Cure"
(1/8) 11 mars 2006, par Guerlotin The Cure : "The Cure"
(2/8) 5 janvier 2006 > The Cure : "The Cure"
(3/8) 13 février 2005, par david > The Cure : "The Cure"
(4/8) 2 octobre 2004 > The Cure : "The Cure"
(5/8) 17 septembre 2004, par soledad > The Cure : "The Cure"
(6/8) 27 juillet 2004, par N. > The Cure : "The Cure"
(7/8) 26 juillet 2004 > The Cure : "The Cure"
(8/8) 24 juillet 2004, par cartman |
> The Cure : "The Cure" 4 novembre 2004, par Caterpillar [retour au début des forums] Tout à fait dac avec toi cela fait + de 20 ans que ce groupe fait partie de ma vie et je ne vois pas comment faire sans
|