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The Crystal Method : "Divided by night"
Big beat divides us, The Crystal Method too...

vendredi 10 septembre 2010, par Vincent Ouslati

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Le big beat, j’aimais bien, probablement de par ses racines de musique électronique transcendée par des accouplements avec la pop la plus dansante et le rock le plus excitant. Cette alchimie chaotique qui nous faisait suer au Macumba, qui offrait une évolution à la musique électro et permettait à quelques ringards des deux mondes de se donner une image branchée à peu de frais. Tout le monde profitait donc de cette manne créative et lucrative, du markéteux en manque de tubes au populeux en chaleur, le big beat nous unissait dans un grand élan dansant, joie, oy oy...

Et puis bon, comme tout mouvement musical, l’ascension fulgurante stoppe, suit la stagnation, puis la chute dans le n’importe quoi. Fatboy Slim, The Prodigy, Moby, The Crystal Method en a fait les frais et c’est souvent lorsque le marketing tente de les récupérer pour en faire leur fournisseurs de jingles que nos héraults du beat finissent par ne plus extraire que de la merde.

The Crystal Method est allé loin dans cette entente musico-vendable, se contentant après le missile Legion of boom (et sa palette de guests) à se faire les ongles entre un minable album de déchets publicitaires pour la virgule (Nike quoi...), le jingle de la série télé Bones, et la réédition de leur premier album Vegas. Puis rien, du vidage de grenier pour gonfler le plan retraite et de la glande au boulot qui tient de la pathologie, la motivation ou les biftons, le dilemme... Alors on l’attendait pas avec la sueur dans le slip, leur nouveau vrai album. On déconnait plutôt, s’attendant à de la grosse électro bien molle et souffreteuse, à peine sauvée de la léthargie par quelques guests rigolos capables de mettre au moins leur nom sur ce dernier bazar de fast food.

C’est pas loin d’être ça finalement... Divided by night n’est pas mauvais, pas bon, il est simplement médiocre. Médiocre dans le sens où ce sens inné du tube pour danser est édulcoré, prémâché et finalement sans gout aucun. Les synthés sont toujours broyés dans la presse hydraulique et le tempo lui-même en ressort étrangement lent, loin de la machine à déhanchements que l’on pouvait espérer (si on l’espérait, mais en fait, on l’espérait pas). A tel point que The Crystal Method sonne sur Smile comme Tangerine Dream époque Stratosfear, ce qui n’est pas le comble de la brutalité vous en conviendrez. Il y aurait bien LMFAO pour nous extraire un peu de l’ennui sauf que six minutes de flow sur des boucles électroniques sans grande révolution, ça finit aussi par lasser.

En parlant de guests, nous ressort-on la panoplie complète à coups de Tom Morello, Scott Weiland, John Garcia, Wes Borland, Garbage et la liste est longue ? Pas vraiment car hormis LMFAO et Justin Warfield, c’est cette fois Peter Hook (Joy Division/New Order) qui nous fait l’honneur de sa présence sur Dirty thirty et Blunts & robots. Sans juger le résultat désastreux, on ne peut pas non plus s’extasier devant ce qui s’avère au final assez quelconque. Hook trouve de bonnes lignes certes mais ce qui survole son bruit de fond, fusion hip-hop/électro n’a pas l’heur de rester enregistré dans le cerveau plus de trois minutes. Un air de déjà-vu qui finit par agacer, un sentiment de glande qui lasse.

On ne s’ennuie certes pas tout le temps, et Divided by night tient globalement la piste si on ne lui demande pas d’enflammer un parterre de nymphettes en string. Et c’est justement ici qu’on regrette un Drive ou un Legion of boom qui avaient dans leurs sillons cette efficacité totale, ici bien pâlichonne...
Les rois fainéants que sont devenues les têtes pensantes de The Crystal Method déçoivent, tout bêtement. On apprécierait de la fureur là où l’on nous sert de la tiédeur, de la sueur en lieu et place de ce petit labeur certes efficace mais en rien mémorable. “Big beat is dead”, mais on le savait déjà non ?



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Vincent Ouslati





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The Crystal Method : "Divided by night"
(1/1) 28 août 2015




The Crystal Method : "Divided by night"

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This is my favorite collection of songs from the group. Good to hear their music again. - Fred Wehba

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