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The Butterfly Effect : "Imago"
Utiliser son intelligence à ses dépens...

jeudi 6 décembre 2007, par Clarisse de Saint-Ange

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Loins, très loins du coup d’essai, les rockeurs australiens reviennent finalement avec un Imago très riche, et finalement un cran au-dessus de leur précédente discographie. Inventif et acéré, cet album repousse les limites en imposant un rock souvent métallique, encore plus souvent progressif, et au final très joueur en ce qui concerne les références et les manières de travailler.

Après l’introduction instrumentale qui porte le titre de l’album, c’est Aisles of white qui déboule pour frapper l’auditeur en plein coeur, malgré ses débuts doux, voire tendres, on sent bien que le morceau est censé nous péter littéralement à la figure. C’est effectivement ce qui se passe avec beaucoup de maestria, avec une évolution qui laisse sans voix. Les morceaux de metal pur ne sont finalement pas si nombreux que ça, dans la mesure où les Australiens parviennent à rendre leur musique distinctivement intelligente aux néophytes. C’est bien de ça qu’il s’agit : du rock ou du metal intelligent à tous points de vue, malin comme un singe quand il s’agit de verser dans des soli bien sentis ou d’amener une mélodie poignante vers un refrain lumineux. C’est le cas, par exemple, pour la tension soignée, développée tout au long d’In a memory, et qui termine le morceau dans une quasi-instrumentale extrêmement bien troussée qui rappelle les meilleurs moments de la discographie de The Gathering.

Les titres les plus rugueux sont également hyper bien gaulés. Gone reste un morceau de metal à la fois académique et expérimental, tout à fait à l’aise dans l’univers de l’album, alors que Reach trouve sa place pile entre le heavy et les instrumentations oniriques. L’album est riche, s’écoute avec beaucoup d’intérêt, et nous fait regretter que ces musiciens ne soient pas un peu mieux promus sous nos latitudes. Ceci dit, comme je le notais au début de l’article, cet Imago reste tout de même assez différent de leur précédent album, notamment, et marque une nouvelle étape dans le développement musical du groupe. C’est peut-être à partir de maintenant qu’il faudra donc surveiller leur émergence dans nos douces contrées.

En attendant, Imago nous livre d’excellents morceaux, qui parviennent à maintenir notre attention éveillée tout au long de l’écoute : Everybody runs, Before they knew ou encore A slow descent tiennent la dragée haute à la plupart des productions actuelles, et nous rappellent à tous que le gros son ne se résume pas à une flopée de braillards qui plaquent quelques accords dans le seul but d’allumer des bougies pour des rites satanistes ou de choquer vos parents, par exemple, pour les clichés véhiculés. Non, car The Butterfly Effect réinvente le genre avec beaucoup d’à-propos et de pertinence, taillant un album incontournable pour les amateurs du genre.



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Clarisse de Saint-Ange