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The Besnard Lakes : "The Besnard Lakes are the dark horse"
Canada, je t’aime

samedi 23 juin 2007, par Clarisse de Saint-Ange

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Oui, Canada, c’est une déclaration d’amour que je te fais là. Si la scène musicale d’un pays aura réussi à émerger au cours de ces dernières années, c’est la tienne. En 2007 particulièrement, tu nous auras révélé d’ardentes pépites prêtes à être dégustées par nos frêles esgourdes. Et cette fois-ci, c’est avec une désarmante évidence que tu nous soumets ces génies nommés The Besnard Lakes.

Génies. Non, il n’y a pas d’autres mots, j’en suis fort désolée. Car mélanger les Beach Boys et Spiritualized, il fallait quand même oser le faire. Mais peut-on ici parler d’oser ? J’ai plutôt l’impression que nos gaillards du pays du sirop d’érable ont tricoté ces huit titres avec une sorte de déconcertante simplicité, comme si cette musique était avant tout un cri du coeur honnête et clair. Ajoutez à cela que des membres de The Dears et Godspeed ! You Black Emperor sont venus prêter main forte sur ce dense et progressif The Besnard Lakes are the dark horse, et vous pourrez avoir une idée de la richesse qui se dégage de ce tout premier opus, qui semble extrêmement travaillé et abouti.

Je n’aurais pas parié mon tank top sur un énième groupe canadien, et certainement pas dans cette veine-ci, dans la mesure où on a déjà entendu pas mal de choses qui se rapprochent de ce genre de son. Qui s’en rapprochent, peut-être. Mais jamais qui l’égalent. Les flûtes de For agent 13 évoquent les tous premiers morceaux de Pink Floyd. Voici un album tout simplement original et surprenant, vigoureux dans ses arrangements et qui, malgré toutes les influences que l’on voudra bien citer, reste un monument d’une grande singularité. Chaque titre est une invention propre et stellaire. Le rock psychédélique de Devastation flirte avec des sommets rarement atteints, mais le monument le plus grandiloquent de cet album reste sans aucun doute On Bedford and Grand, terrifiant de magnificence - oui, je pèse mes mots... Bon, je m’emporte peut-être un peu, je le concède, mais allez donc faire une chronique après avoir écouté un album pareil !

A vrai dire, le premier titre Disaster donne déjà le ton, avec ces trompettes et ce violon qui suivent délicatement la guitare grattée tendrement - puis d’un coup, la mélodie bascule dans un univers qui semble plus sombre, mais qui laisse finalement entrer une douce et intense lumière. Une lumière qui ne nous quittera plus tout au long de ces huit titres. Huit titres, c’est peu, pourrez-vous me dire. Ouais mais non. Parce que je préfèrerais largement huit titres de cette veine (ou six titres de Talk Talk, tiens) plutôt que quinze bouses horriblement longues. Je préfère mille fois avoir un hypnotique et shoegazing Ride the rails dans les oreilles. Très nettement. Pour en revenir à notre sujet, sachons quand même qu’au milieu de ces orchestrations, de ces guitares et de ces voix aériennes, on retire surtout de cette expérience auditive unique l’agréable sensation que la musique peut encore évoluer vers des hauteurs jusqu’ici inconnues. Et croyez-moi, ce sentiment galvanisant vaut largement tous les compliments que l’on peut faire à l’égard de ce stupéfiant et spontané The Besnard Lakes are the dark horse.



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Clarisse de Saint-Ange





Il y a 2 contribution(s) au forum.

The Besnard Lakes : "The Besnard Lakes are the dark horse"
(1/2) 23 juin 2007, par Patrick
The Besnard Lakes : "The Besnard Lakes are the dark horse"
(2/2) 23 juin 2007, par Marc




The Besnard Lakes : "The Besnard Lakes are the dark horse"

23 juin 2007, par Patrick [retour au début des forums]

Ce disque est une véritable réussite d’autant plus qu’il est réellement difficile de convaincre dans un style assez éloigné des schémas habituels.
Je n’arrive plus à m’en passer. A force d’écoute, je découvre encore de nouvelles suptilités et ce depuis près de quatre mois.
Chapeau The Besnard Lakes, vous m’avez fait découvrir votre univers musical et j’y ai plongé avec un plaisir incommensurable.
Je suis impatient pour la suite et trépigne déjà de connaitre les successeurs de cette pépite.
Je n’arrive pas à comprendre pourquoi Pop-rock.com ait attendu aussi longemps pour chroniquer cette merveille !

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The Besnard Lakes : "The Besnard Lakes are the dark horse"

23 juin 2007, par Marc [retour au début des forums]

Je partage ton enthousiasme. Même si tu sembles avoir écrit le tout un peu "à chaud".

Content d’avoir anticipé en tous cas : http://www.pop-rock.com/article.php3?id_article=1748

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