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The Ark : "Prayer for the weekend"
Songs for Europe

dimanche 2 septembre 2007, par Clarisse de Saint-Ange

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Candidat malheureux à l’Eurovision 2007 (!) avec le majestueux single The worrying kind, le groupe scandinave le plus excitant du moment sort cette année son quatrième album, deux ans après le succès étonnant de State of The Ark, pourtant largement ignoré dans beaucoup de pays - injustement, selon moi, mais c’est une autre histoire. Alors cet album ? Mieux ? Pire ? Différent.

Différent, comme chaque album de la discographie de The Ark, qui peut maintenant se targuer de présenter des particularités indéniables suivant les années. Prayer for the weekend est très différent du précédent opus, nettement moins rêche et rugueux, plus à même de savourer les arrangements complexes, plus proche du glam et de la pop que jamais. A ce titre, il se rapproche un peu plus de l’explosion fantasque de In lust we trust, le deuxième album du groupe. Et pourtant, ce quatrième essai possède un quelque chose de mystérieux, un je-ne-sais-quoi qui demande un approfondissement au fur et à mesure des écoutes. La vérité est que, contrairement aux précédents albums de The Ark, Prayer for the weekend est un opus complexe, aux multiples facettes, qui se laisse appréhender un peu moins facilement. A vrai dire, c’est sans doute même leur album le plus sombre, le moins guilleret, leur plus amer.

Qu’est-il arrivé à Ola Salo pour que ses textes soit cyniques à ce point ? Une déception amoureuse ? Trop de fêtes ? On retrouve une flûte traversière sur The worrying kind, un solo de saxophone sur Prayer for the weekend, une boîte à rythmes minimaliste sur le ténébreux Little dysfunk you, et il n’y a qu’une seule conclusion à en tirer. Une conclusion qui fait plaisir, car on n’osait réellement y penser, tout en caressant secrètement l’espoirt qu’un jour, un album de The Ark confirmerait cette impression qui émerge depuis leurs débuts. Je n’ai donc pas peur d’affirmer que The Ark est en fait le Roxy Music des années 2000. Et ce particulièrement grâce à cette quatrième galette, bourrée d’éléments glam, de paillettes tristes et de sophistication instrumentale. Avec ce ton désabusé et souvent ironique, Ola Salo et sa bande sont en train d’entrer dans une légende tout à fait singulière.

La pochette, elle-même bien plus froide, laisse entrevoir l’univers musical de The Ark pour cet opus. Et franchement, mis à part l’agaçant Thorazine corazon (qui semble ne servir à rien), on peut affirmer qu’il n’y a rien à jeter ici, si l’on se donne bien sûr la peine d’attribuer plusieurs écoutes aux morceaux. On apprend à aimer le funk acide Abba-esque de Death to the martyrs ou encore le blues cynique de Give me love to you, mais des titres instantanés comme New pollution donnent un souffle d’air frais à l’auditeur. Ceux qui appréciaient State of The Ark risquent d’être déçus à la première écoute, mais si vous aimez les disques denses et subtils, alors vous serez comblés par ce quatrième effort d’un groupe qui reste l’un des plus sous-estimés du rock actuel.



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Clarisse de Saint-Ange





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The Ark : "Prayer for the weekend"
(1/1) 27 décembre 2014, par Rovalyn




The Ark : "Prayer for the weekend"

27 décembre 2014, par Rovalyn [retour au début des forums]

I actually like the set of songs they have created throughout their career. - Nova Science Publishers

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