Pop-Rock.com



Texas Trauma : "Topgun Patsy"
Maverick et Iceman sous la douche.

samedi 18 septembre 2010, par Yû Voskoboinikov

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Nada Surf : "Lucky"
Neuser : "Alles wird leichter"
Silver Riot : "Pittsburgh 1877"
Agua de Annique : "Air"
Babyshambles : "Shotter’s nation"
Bon Jovi : "Have a nice day"
Jeronimo : "12h33"
Lisa Gerrard : "The silver tree"
Kiss : "Sonic boom"
Blue Foundation : "Life of a ghost"


Le problème d’un groupe comme Texas Trauma est que ses membres pourront toujours développer à l’envie des influences nobles et une démarche réfléchie, le public et les médias les classeront toujours sous une étiquette avilissante ; en l’occurrence l’une des plus agaçantes, celle de groupe « goth ». Et si cela leur permet d’assurer le minimum de présence lors de leurs concerts, avec ce public passionnant pour qui danser signifie participer à un concours d’air broom en ayant la gueule la plus enfarinée, il est incontestable que cet étiquetage de supérette culturelle prive la formation d’une reconnaissance qui ne serait pas entièrement déméritée. D’ailleurs, l’album a été enregistré fin 2008, et c’est presque fin 2010 que nous en parlons sur Pop-Rock...

Mais avant toute chose, il convient de dépasser la simple critique de base de la musique « gothique » en tant que telle. C’est la pose de tous les fumistes qui ne peuvent se contenter d’être des moutons, et pensent donc s’élever — où ? — en faisant semblant de rejeter ce qui finalement comble à temps plein leur vacuité abyssale, allant jusqu’à les maintenir en vie [1] :

- Ah, non, je ne peux pas encore mourir, il se peut que Bauhaus enregistre un autre album.
- Et moi, j’ai parié qu’Elvis était mort, mais pas Ian Curtis.
- Bah ouais, Curtis, en plus, je l’ai vu l’autre soir au DNA, il mixait du Mononc’ Serge.
- Ouais, non, ça c’est Delvaux qui se déguise en Kalachnikov pour avoir de la bière gratos.
- Ça vaut bien une T.S. [2], ça.
- Carrément.
- La dernière, je l’ai faite au poignet droit.
- Ah, les classiques fonctionnent toujours ! Moi, c’était en buvant un cercueil [3], mais je ne te le recommande pas, j’ai failli ne pas me rater.

Vous voyez le genre.

Mais cela n’est pas le plus gênant. Le plus ennuyeux est cette propension à imiter bêtement. Le singe voit, le singe fait, et le singe est en plus fier de lui. Dans un premier temps, l’album de Texas Trauma s’inscrit d’ailleurs dans cette optique obispienne, qui existe parce qu’il est fan, comme finalement beaucoup de monde. Mais pas seulement, et c’est cela qui m’a décidé à acheter l’album et le maxi malgré une déception annoncée.

Car si la musique de Texas Trauma telle que posée sur cette galette commence à dater et n’est plus représentative du groupe, force est de constater que la formation est une entité vivante en pleine évolution, et que s’il est à retenir un intérêt majeur à ce disque, c’est bel et bien le fait que le groupe a pu réaliser son rêve de fan, à savoir faire comme ses idoles, et qu’il est maintenant prêt à passer à l’étape suivante, c’est-à-dire creuser son propre sillon, et sortir un second album alliant la capacité du premier album à délivrer de belles mélodies à l’énergie et aux risques pris durant les concerts. C’est un pari que je leur lance — si tant est qu’ils ne se le sont pas déjà lancé à eux-mêmes — en espérant qu’ils l’emportent haut la main.

Texas Trauma n’échappera probablement jamais à cette étiquette « (go)goth » à la fois tant recherchée et tant ostracisée. C’est leur force et leur faiblesse, une croix lourde à porter, mais dans un genre qui a encore tellement de choses à dire et qui ne demande qu’à être repoussé pour atteindre cet idéal d’intemporalité sur lequel ils insistent tant. N’oublions pas qu’après tout, la musique gothique est un produit post-punk, et que par définition, le post-punk ne peut pas mourir. Alors, les mecs, continuez de faire danser le cadavre exquis, je raffole de vous.


[1] Ce qui est scandaleux.

[2] Tentative de suicide, accessoire indispensable à tout gogothique désireux d’être respecté.

[3] Cocktail inventé, selon la légende, durant le festival d’Avoriaz, et consistant à poser sa tête sur le comptoir, la bouche grande ouverte dans laquelle le serveur va vider tous les fonds de bouteille qu’il trouve, pour ensuite relever la tête — bouche fermée ; tout le monde n’y pense pas, croyez-moi... — que l’on secouera avant d’avaler, et au moins perdre connaissance, voire plus si le serveur est un virtuose.



Répondre à cet article

Yû Voskoboinikov





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Texas Trauma : "Topgun Patsy"
(1/2) 3 novembre 2015
Texas Trauma : "Topgun Patsy"
(2/2) 18 septembre 2010, par Sèche Gloekmans




Texas Trauma : "Topgun Patsy"

3 novembre 2015 [retour au début des forums]

Nice review. Many have anticipated this album to be released. - Marla Ahlgrimm

[Répondre à ce message]

Texas Trauma : "Topgun Patsy"

18 septembre 2010, par Sèche Gloekmans [retour au début des forums]

Texas Trauma : à jamais ignoré, inconnu et justement méprisé.

Combien de disques vendus : < 100

Ian Curtis : mythe incompréhensible d’un incapable apprenti musicien auteur de quelqu’inécoutables niaiseries adolescentes dissonantes et victimisantes.

Uniquement du ressort du fétichisme adulescent et utilitaire face à la dureté de l’âge adulte qui n’a que faire d’un tel doudou pour ignare.

Yû : un raté qui s’appelle Jean-Jacques Larondelle dont l’arrogance de facade ne masque qu’une béance couarde.

Ce site : une tentative d’imposture par de détestables nabots incultes mus par leur seule ambition démesurée de dépasser le juste anonymat dans lequel ils sont confinés.

[Répondre à ce message]