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Tesla : "Forever more"
Toujours branché sur du 110V...

vendredi 14 novembre 2008, par Vincent Ouslati

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Vous avez d’un côté les groupes de hard-rock qui se sont fait une place au soleil depuis belle lurette et vivent paisiblement de leurs royalties. Entre deux rails de coke, ils sortent de temps à autre un album, un best of, ou encore un DVD avec un beau packaging en carton. Ceux-là ne craignent plus grand-chose, ils sont célèbres, ne cherchent plus à prouver quoique ce soit, si ce n’est de maintenir la légende vivace et que leurs groupies vieillissantes puissent encore voir en eux des bêtes de virilité. Et d’un autre côté, vous avez des groupes comme Tesla...

Car Tesla n’a rien à voir avec tout ça. Malgré une existence déjà longue, pas loin de vingt-deux ans d’activité tout de même, le groupe de Sacramento n’a jamais vraiment quitté les vestiaires, laissant les grosses pointures du genre, les avants-centre type Aerosmith et Guns N’Roses se disputer la baballe et les Grammy Awards. A force de rester les fesses collées sur le banc, l’on pourrait croire que nos compères finiraient un jour par s’agiter, se jetant soudainement sur le terrain en éructant avec force roulements de batterie des hymnes enfin fédérateurs, capable d’ébranler le stade tout entier, on veut la gloire nous aussi, bordel, on s’appelle pas Tesla pour rien, vous voyez pas la référence à AC/DC, l’électricité, le courant, la puissance quoi ?

Tesla patauge dans cet océan de groupes moyens, pas mauvais, ça non, mais juste moyennement doués pour faire des titres moyens, aux refrains moyens, qui contenteront à coups sûrs le fan de hard-rock US moyen, qui n’est déjà pas très difficile à la base. Au-delà de leurs talents musicaux, ils n’ont surtout jamais eu un manager suffisamment roublard pour leur faire dépasser le paillasson du Hall Of Fame. N’est pas Peter Grant (manager de Led Zeppelin) qui veut.

Depuis la reformation de 2001, et suite à un Into the now en 2004 pour fêter ce grand retour (hihi), Tesla nous revient cette année avec Forever more (hoho). Cette fois-ci, ils le sentent, c’est la bonne, on va faire un carton, la pochette glauque pour dire qu’on est déprimés donc tendance, les squelettes en couv’ pour dire qu’on est pas des gonzesses et qu’on kiffe se déguiser pour Halloween, et ce titre, Forever more, pour dire qu’on va vous en mettre toujours plus dans les oreilles. En branchant la prise, arrive le premier titre qui s’appelle comme l’album (je boycotte "éponyme"), c’est accrocheur, mais uniquement jusqu’à la fin de l’intro. Après, on se prend une gentille pichenette d’une telle mollesse que l’on commence à maudire intérieurement l’ex-pote qui vous a conseillé ce "groupe injustement méconnu". I wanna live, l’espoir me revient, on entend une batterie, le riff est basique mais efficace, ne surtout pas chercher une quelconque originalité, il n’y en a pas. Puis l’espoir se meurt à l’écoute du refrain furieusement crétin qui bousille tout.

On jurerait parfois que l’on écoute du moyen Mötley Crüe, parfois du médiocre Guns N’Roses, voire Aerosmith... dans ses périodes creuses. C’est bien le drame de cet album, on ressent tout du long une grave absence de touche personnelle, tout rappelle peu ou prou un truc déjà entendu avant, on ne sait plus trop où, mais un arrière-goût bien désagréable vous vient dans la bouche, celui du vieux machin hâtivement refourgué, légèrement remaquillé pour cacher l’âge conséquent, et vendu sous le manteau comme étant un album fleurant bon le vrai hard-rock des origines, celui avec des poils sous les bras et le tatouage “I Love Mam Forever” sur le pectoral droit. Mais le hard, mes amis, ça peut être un peu beauf, un peu crétin, un peu simplet, basique, on ne demande pas un cours de philosophie. On veut juste que ça bouge, que ça accompagne nos soirées beuveries, que ça nous fasse headbanguer comme des sauvages. Ça peut être con, mais certainement pas chiant. Ce dernier album de Tesla est tout l’inverse de cela. Car l’on sent bien qu’il y a des idées, pas originales pour deux sous, mais l’ensemble est bien fichu, Jeff Keith possède un timbre de voix accrocheur, éraillé et bluesy, qui en rappelle bien d’autres encore une fois, mais rien de navrant. Le travail des zicos est d’un très bon niveau, la production est puissante, mais il n’y a rien là-dedans de vibrant, rien de prenant, on se surprend à bailler d’ennui devant aussi peu de bonne volonté. Voire, désappointé comme je l’étais, je me réécoutai Black ice de AC/DC pour me réveiller, (qui, comme je l’ai mentionné, ne m’a que moyennement convaincu). Mais Angus Young a lui encore assez de feeling pour offrir de vrais morceaux bien pêchus et burnés et cela même après trois décennies d’activités quasi ininterrompues.

C’est d’ailleurs tout ce qui fait la différence entre un AC/DC et un Tesla. Le premier a le hard dans les veines, le second carbure au thé vert.



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Vincent Ouslati





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Branché sur du 10 000 Volt
(1/1) 23 janvier 2009, par un internaute rockeur




Branché sur du 10 000 Volt

23 janvier 2009, par un internaute rockeur [retour au début des forums]

Bonjour,

Contrairement à ta chronique, je pense que cet album de Tesla vaut réellement le détour. Je suis pourtant difficile... Le dernier album de ACDC m’a laissé de marbre a contrario.
Tesla a le cran de faire du bon hard rock qui bouge sans électro ou arrangement ! Il peut jouer ses morceaux sur scène sans avoir 4 ingénieurs pour mixer des sons venus d’ailleurs. Ce sont des musiciens, des vrais !
Les morceaux sont nerveux avec une guitare bien aiguisée et le chanteur en jette sans avoir à hurler à mort comme certains groupes qui cherchent plus à vous surprendre par un cri que par une vocalise.
C’est donc un album de hard rock sobre et efficace à écouter avec du bon matériel. A force d’écouter de la musique sur des enceintes de PC, personne ne reconnaît plus le rock burné de toute manière.

Sur ce sans rancune

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