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Stuart A. Staples : "Leaving songs"
Saule pleureur

vendredi 22 septembre 2006, par Albin Wagener

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Attention, faites place à Sa Majesté, galant lamantin des Tindersticks, empereur des idées noires et des histoires tristes, j’ai nommé Stuart Staples. Si vous aimez les morceaux sombres, délicieusement mélancoliques, avec toujours un brin de faux espoir désabusé, c’est par ici qu’il faut venir. Stuart Staples, c’est avant tout une voix, mais c’est aussi tout un univers de dentelle noire et de soirées pluvieuses, avec toute l’intimité simple et difficile des personnages oubliés du quotidien.

Deuxième album pour Monsieur Staples, Leaving songs est un bonheur pur. Quand les premières notes de Goodbye to old friends se déclinent à la guitare et que les trémolos de cocker souffreteux de Stuart commencent à se faire entendre, on a envie de se caler tout au fond de son fauteuil, avec un paquet de clopes et un thé encore chaud, et de regarder la pluie tomber sur les carreaux de la fenêtre en pensant à tous nos actes manqués et nos relations perdues. Le morceau se développe, et comme pour un convoi funéraire, plusieurs éléments se déclinent au fur et à mesure : une petite batterie souple et timide, puis quelques trompettes.

Et c’est le même refrain pour tout l’album. Des mélodies de velours, de l’orgue feutré par ci par là, des xylophones légers qui s’apitoient sur leur triste sort, et les chansons se languissent avec le goût de ces anecdotes mélancoliques. Which way the wind semble accélérer le rythme avec une insouciance terriblement feinte, et le magnifique duo avec Mariac McKee, The road is long, enchante par son folk essentiel et sa redoutable simplicité. Autre duo, cette fois avec l’exotique chanteuse canadienne Lhasa, That leaving feeling laisse sonner parfois quelques accents gitans. Franchement, les morceaux sont tous passablement singuliers et parviennent à construire un univers particulier, fait de collages, d’orchestrations tout en humilité.

Tantôt touchants, tantôt faussement entraînants, les joyaux d’orfèvrerie de Staples font immanquablement penser à l’âge d’or des Tindersticks. This old town donne l’impression d’être assis devant un feu de cheminée alors que la neige tombe dehors et recouvre la forêt de son épais manteau, et Dance with an old man présente le versant le plus touchant de l’inspiration de Stuart Staples. En gros, ce dandy britannique chante l’automne et la solitude avec une sensibilité rarement perçue, et se hisse au rang des plus grands crooners tristes de l’histoire de la musique - et ils ne sont pas nombreux.

Clairement distinct de la discographie des Tindersticks, ce deuxième album de Stuart A. Staples se considère avec délicatesse et minutie. Il faut du calme, de la sérénité même pour pouvoir goûter aux grises volutes de cette musique pour tombée de nuit hivernale. A recommander chaudement si vous recherchez une bande-son pour les mois à venir, mais également si vous avez besoin de vous lover dans un recueillement paisible et confortable ou de faire une ballade quelque part, seul. Car dans ce genre de cas, avec la voix de Staples pour seul compagnon, on a l’impression de se sentir compris, enfin.



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Albin Wagener





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Stuart A. Staples : "Leaving songs"
(1/1) 22 septembre 2006, par SIM




Stuart A. Staples : "Leaving songs"

22 septembre 2006, par SIM [retour au début des forums]

De grandes différences par rapport à "Lucky Dog Recordings" ????
J’ai pas envie d’acheter du copié/collé :-(

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