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Starfucker : "Jupiter"
Ils me feraient aimer Cindy Lauper...

jeudi 20 août 2009, par Vincent Ouslati

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Il y a de ces LP qui semblent naturellement coller à l’ambiance du moment, s’installent dans le mange-disque et s’y incrustent tel le lézard équeuté sur son rocher avec jacuzzi. C’est ce qui est arrivé pour ce court opus de Starfucker, bande-son estivale prônant le vieux tryptique gainsbarrien "Sea, sex and sun" comme un hymne intemporel.

Je ne suis point un aficionado des bidouilles électro, mon camarade Albin pourrait être plus précis, plus érudit sur le sujet. Cependant, et au risque de choquer les âmes pensant qu’un chroniqueur est incapable de voir plus avant que son propre bac à disques, il s’avère que quelques albums pop, indé, électro se sont invités à mes oreilles en cette chaude période. Et si je passerai volontiers vous parloter sur le dernier Röyksopp un de ces jours, Starfucker m’a vraiment dévissé les bouchons ces dernières semaines. Les trois gringalets qui y officient pratiquent une sorte d’electro/pop Stabylo encore un poil hors des marges habituelles.

Les années 80, celles qui filent la honte et ne sortent du placard que pour la déconne suprême avec le douzième shoot sont une source d’inspiration très présente dans ce Jupiter. Mais nos Starfucker savent habilement rendre ces vestiges intemporels, hors de notre dimension parfois un peu trop plate. Leur reprise très digne de Girls just want to have fun de Cindy Lauper rend l’antiquité de nouveau digeste, alors que l’original tend habituellement à me briser les bonbons.

On n’a pas cherché à taper dans la logique de titres de 3.30 min, avec couplets/refrains balisés. D’où le caractère indé de nos pop boys, qui semblent composer comme moi je fais la tambouille, soit vider les placards, mélanger le tout sans espérer rien du lendemain et de la possible intoxication et laisser cuire la chose en priant que ce soit comestible. Et ça l’est ma foi comestible, c’est même plus que bon leur cuisine. Ça me rappelle un peu les belles années de Air à l’époque de Talkie Walkie (ah, adolescence évanouie...) notamment sur le génial Rawnald gregory erickson the second avec qui plus est un jeu de guitare pas piqué des vers.

Entre les thèmes quasi puérils, rêves de jeunesses insouciantes (Bed stuy / Super cop) et les bons gros départs en vrille si efficaces (Medicine), Starfucker exerce dans la zizique simple et amusante, celle qui déride et ne prend pas le chou. Pour une bande-son estivale d’à peine une demi-heure, ces trois petits couillons de Portland ont tout compris des attentes du peuple.



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Vincent Ouslati