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Spleen United : "Neanderthal"
Guerre du feu

jeudi 23 juillet 2009, par Albin Wagener

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Spleen United pourrait être le pendant danois des Australiens de Cut/Copy, si leur musique n’étais pas résolument plus mécanique et robotique, caractéristique très bien partagée dans l’électro nordique européenne. Second album du groupe, Neanderthal parvient à incorporer du rock dans des éléments très souvent taillés pour les dancefloors, en gardant toujours une préférence pour les ambiances éthérées et rêveuses.

En mélangeant basse, guitares et batterie avec des beats électroniques et des synthétiseurs souvent très connotés vintage, les frères Niemann et leur clique donnent le la sans jamais succomber aux sirènes de la facilité. La répétitivité des couplets, comme sur Failure 1977, laisse souvent la place à des refrains qui s’envolent sur des plages de claviers kraftwerkiens. Et sur l’instrumentale Dominator, souvent très proche des premiers New Order sous ecsta, il est difficile de ne pas lever son cul pour se laisser envenimer par la rythmique. Parfois, l’electro-rock est finalement sacrifié sur l’autel d’une pop électronique, froide et atmosphérique, comme avec My tribe et la new wave à peine voilée de 66.

Certains morceaux virent quasiment vers une sorte de trance foutrement bien dissimulée, comme l’introduction endiablée et citadine de Suburbia ou encore la clôture quasi-berlinoise opérée par My jungle heart. Alors où sont les éléments de rock dont se targue Spleen United ? Certes, ils ne sont pas légion, mais quand ils apparaissent, c’est de façon très efficace. Ainsi, le sonnant et trébuchant Everybody wants revenge nous emporte du côté dun post-punk à synthés, alors que High rise laisse cependant son refrain aux mains d’une synth-pop assez bien gaulée, sans être non plus transcendante.

En général, l’album s’écoute d’une traite sans fatigue aucune, sans avoir envie à aucun moment de changer de piste, ou pire, de disque. Spleen United produit une musique électronique agréable sans être archi-novatrice, qui parvient souvent à exhumer la new wave sans en faire de la récupération mercantile (Heat, Under the sun). Les amateurs de rock seront donc franchement déçus par l’appellation danoise d’electro-rock (très différente de ce qu’on peut en attendre ici), mais les fans de synthés analogiques y trouveront leur compte de mélodies répétitives et de nappes oniriques.



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Albin Wagener