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Sigur Rós : "leur nouvel album au titre imprononçable"
Objectif ou subjectif ?

vendredi 19 septembre 2008, par Geoffroy Bodart

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Difficile d’en parler, de ce nouvel album du groupe islandais le plus passionnant des quinze dernières années. Si vous me demandez s’il est bien, je vous répondrai qu’il l’est sans l’ombre d’une hésitation. Si vous me demandez si je l’aime, je risque d’arborer presqu’à mon insu une moue un peu gênée...

Sigur Rós, pour moi, c’est avant toute chose ( ). Ce n’est pas leur album que je considère comme le meilleur, c’est tout simplement l’Album, Ze One and Only, un des chefs-d’œuvre les plus intenses, insondables et désespérément magnifiques que j’ai pu entendre, un album que je me refuse résolument de chroniquer, car je sais que jamais je ne parviendrai à mettre les mots qui conviennent à tant de beauté. Punt, aan de lijn. A part ça, Sigur Rós a également composé un premier album dans lequel ils se cherchent encore, un autre magnifique album (Agaetis byrjun), un album alternant l’extraordinaire et le plus passe-partout (Takk) et un double-album d’inédits (Hvarf/Heim)du même acabit. Pour ce nouveau disque, où ils sont secondés à la production par Flood, les Islandais semblent avoir choisi la continuation par rapport à leurs deux dernières sorties.

On retrouve en effet les élans symphoniques apparus sur Takk, tout comme le minimalisme de Heim. Cette antinomie est assez bien retranscrite au-travers de la pochette, étrange au-regard du visuel auquel le groupe nous a par le passé habitué, qui annonce un album dépouillé et aspirant aux grands espaces et au sentiment de liberté. La nudité qui entre par la grande porte dans l’univers jusqu’ici asexué de Sigur Rós, si l’on en juge par le clip censuré sur YouTube du premier single Gobbledigook. La musique n’a cependant rien de paillarde, et le groupe semble surtout viser le retour à l’innocence et au dépouillement, souligné sur le disque par les crissements des doigts sur les cordes et un chant globalement moins profond, moins tombé du ciel que par le passé.

Bref, conceptuellement, c’est parfait, c’est pertinent, réfléchi et une masse de travail considérable est à mettre au crédit du groupe. Mais pourtant il y a quelque chose qui coince, je n’arrive décidément pas à rentrer dans cet album. Les titres s’enchaînent sans vraiment parvenir à marquer l’esprit, il manque un fil conducteur à ces morceaux disparates qui ne communiquent pas entre eux et peinent à constituer un ensemble, les essais plus épiques, comme Festival, ne retrouvent pas la grâce de jadis, le chant me semble emprunter des voies connues, et surtout, il y a un morceau que je n’arrive décidément pas à écouter : Ára bátur, à l’insupportable orgie finale de cordes indigne du dernier des mélos les plus poussifs.

La relative déception ne doit pour autant pas faire oublier les nombreuses qualités tant de fond que de forme de l’album, ni les très beaux moments qui le parsèment, à commencer par le final All alright, première chanson du groupe en anglais, et qui renoue avec le mystère et le minimalisme qu’on apprécie par-dessus tout.

C’est quand même moche... J’aurais vraiment voulu l’apprécier pleinement, cet album. J’aurais donné cher pour en faire un de mes préférés de l’année. Et les avis dithyrambiques que j’en entends tout autour de moi me laisse perplexe et dubitatif : aurais-je manqué quelque chose ?

Et au fait, le titre de l’album, c’est Með suð í eyrum við spilum endalaust.



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Geoffroy Bodart





Il y a 4 contribution(s) au forum.

Sigur Rós : "leur nouvel album au titre imprononçable"
(1/3) 29 octobre 2008, par Andy
Sigur Rós : "leur nouvel album au titre imprononçable"
(2/3) 19 septembre 2008
Sigur Rós : "leur nouvel album au titre imprononçable"
(3/3) 19 septembre 2008




Sigur Rós : "leur nouvel album au titre imprononçable"

29 octobre 2008, par Andy [retour au début des forums]

Vous voulez vivre une expérience live inoubliable ? Allez les voir, le reste se passe de commentaires.

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Sigur Rós : "leur nouvel album au titre imprononçable"

19 septembre 2008 [retour au début des forums]

Pour ceux qui aiment les fesses de jeunes hommes nus courant dans les champs, l’achat peut être envisageable.

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Sigur Rós : "leur nouvel album au titre imprononçable"

19 septembre 2008 [retour au début des forums]

l’album est aussi un peu chiant..

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