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Sebmartel : "Coitry ?"
Citadin ou campagnard ?

mercredi 25 octobre 2006, par Geoffroy Bodart

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Sébastien Martel, guitariste de, entre autres, M et Camille, nous offre son deuxième effort solo. Un disque en forme d’hommage, mais un disque personnel. Un album double, pour permettre aux deux mondes qu’il a choisi d’explorer, la campagne et la ville, de s’épanouir sans s’entrechoquer. Un album sympathique, plaisant, surprenant, à défaut de constituer une révélation.

S’il y a un point commun à relever entre Sebmartel et M, c’est leur amour immodéré pour la musique et la guitare. Une telle passion pour leur instrument, une telle générosité et une telle chaleur dans leur jeu fait énormément plaisir car tout cela est communiqué directement à l’auditeur. Mais alors que la voix de Matthieu Chedid est tout à fait rédhibitoire à mes oreilles et constitue l’unique raison m’empêchant d’écouter un de ses disques en entier, l’organe de Sebmartel, plus sobre, plus passe-partout me rend tout de suite moins hermétique à sa musique.

Ce plaisir de faire de la musique se révèle également au-travers des nombreux invités plus ou moins prestigieux qui défileront tout au long de l’album. Tout le monde est venu pour figurer sur le disque du pote Martel. De M, bien sûr, en passant par Fred Poulet ou encore Piers Faccini (dont on rappelle au passage tout le bien qu’on pense de son dernier album). Plus que jamais, Sebmartel rappelle que la musique n’est pas un business, mais un moyen de se faire plaisir, entre amis.

Sur le premier disque, Country Side, Sebmartel développe un folk bucolique et léger. Le genre de truc à écouter couché dans l’herbe, un épi de maïs au bec, en regardant défiler quelques nuages. C’est tantôt très conforme aux canons du genre, tantôt assez aérien (quelques pistes transitoires). Même si c’est parfois un peu lassant (on ne tiendrait pas une heure), on ne résistera pas aux quelques franches réussites que constituent des chansons comme Ma veine ou Salez.

La deuxième rondelle, City Limits, est, on s’en doute un peu, plus électrique. Pas de blast-beats ou de chant enlevé et lyrique, on s’en doute, mais un bon pop-rock des chaumières, comme l’annonce le titre d’ouverture, Rollercoaster, et son riff qu’on croirait extrait d’un vieux Rolling Stones. Pour la suite, comme pour le premier CD, Sebmartel alterne avec bonheur morceaux classiques (Cage) et essais bluesy (Brume, Rumor) ou ambiants (Terry’s sky et Terry’s lies).

Il a donc tout pour plaire, ce double album. On a envie de l’aimer, tant il inspire une sympathie immédiate. Mais on reconnaîtra tout de même que le temps à rapidement raison de Coitry ? et qu’une fois qu’on en a fait le tour, on a vite tendance à le laisser prendre la poussière pour ne le réécouter qu’une fois à l’occasion, sans déplaisir, mais sans passion non plus.



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Geoffroy Bodart