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Scissor Sisters : "Scissor Sisters"
Born to be alive

jeudi 15 décembre 2005, par Albin Wagener

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Amateurs de funk, de soul, de pop groovy à la sauce des années 60 et 70, vous pouvez approcher. Originaires de New York, objet d’un véritable culte avec ce premier album sorti en 2004, délicieusement anachronique mais diaboliquement original, la bande de Jake Shears et Ana Matronic n’en finit plus de faire parler d’elle. A la limite d’une pop à facettes gay et kitschissime au possible, ce premier opus révélateur nous transporte entre dancefloors et mythes musicaux parfaitement intégrés. A plusieurs reprises, on a ainsi l’impression d’assister à l’émergence d’un super-groupe abritant à la fois les Bee Gees, Prince et Elton John.

Certains auditeurs avertis connaissent peut-être les Scissor Sisters pour leur reprise effrontée du Comfortably numb des mythologiques Pink Floyd, transformé ici en exercice de style disco, très loin des envolées progressives de Roger Waters. De toute façon, pour les Scissor Sisters, il est surtout question de s’amuser et de traverser les frontières entre les genres, sans honte aucune. Et cette démonstration stylistique est remarquablement bien parachevée. Les influences se succèdent et ne se ressemblent pas : si Mary fait penser à une ballade à la George Michael, l’atmosphérique It can’t come quickly enough est étonnamment proche des ritournelles électroniques ambiantes des Pet Shop Boys. Parallèlement à cela, Lovers in the backseat évoque les meilleurs moments de la discographie de Gary Numan, en utilisant des sonorités synthétiques froides et un groove absolument inimitable.

Vous l’aurez compris, ça balance tout au long de l’album, et ce dans une cuisante originalité. L’entraînant single Take your mama out parade dans une pop-soul du plus bel effet, quelque part entre Supertramp et Marvin Gaye. C’est toute une époque qui renaît sous nos yeux émerveillés, le tout enchevêtré dans des mélodies diablement bien ficelées. Dans un voyage dans le temps pétillant et coloré, on n’en finit plus de se laisser emporter : Music is the victim rappelle les meilleurs moment du glam-rock, et constitue un pendant plus disco à l’album State of The Ark, du groupe scandinave du même nom, lui aussi rompu à faire revivre les seventies comme si on y était. Et puis, il y la bombe éclatante Filthy/Gorgeous, toute en sueur et en mouvements de hanches, des paillettes dans le décolleté, et des étoiles en guise de lunettes, façon Bootsy Collins.

Absolument rien à redire en regard de cet album. Tout est parfaitement maîtrisé, et on en veut toujours plus ; écouter Better luck next time en sirotant un cocktail aux couleurs criardes, vêtu d’un costume blanc, constitue un plaisir dont je ne me priverai pour rien au monde. Le style vous paraît éculé ? Pfff, quel manque de classe. Avec Jake Shears, même le piano et la rythmique R’n’B de Laura déborde de superbe. Tout cela donne des ailes et des envies d’Amérique, de piano-bar, de clubs de strip-tease, de vin rouge très très cher, de lunettes noires et de taxis dans Manhattan. Franchement, on s’éclate tout au long de ce premier opus éponyme. Aussi sexy que Prince et aussi inspirée que l’album Young Americans de David Bowie, la formation s’acoquine même avec les plus grands, puisque Jake Shears a donné la réplique sur le premier album d’Andy Bell, Electric blue, alors que sa comparse Ana Matronic allait accompagner New Order sur Jetstream, le second single issu de Waiting for the sirens’ call. Dans dix ans, on pourra se dire qu’on a assisté à la naissance d’un grand groupe.



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Albin Wagener





Il y a 5 contribution(s) au forum.

Scissor Sisters : "Scissor Sisters"
(1/1) 15 décembre 2005, par Phil




Scissor Sisters : "Scissor Sisters"

15 décembre 2005, par Phil [retour au début des forums]

C’est tout à fait ça pour le rapport avec les Bee Gees : la première fois que j’ai entendu Confortably Numb, j’ai immédiatement pensé à eux !

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