Pop-Rock.com



Roddy Woomble : "My secret is my silence"
Le vent dans les saules

samedi 3 mars 2007, par Clarisse de Saint-Ange

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Perry Blake : "Canyon songs"
Tori Amos : "The beekeeper"
Manu Chao : "Baionarena"
Devendra Banhart : "Cripple crow"
Great Lake Swimmers : "Ongiara"
Tom Waits : "Real Gone"
The Virgins : "The Virgins"
Les Rita Mitsouko : "Variéty"
Jamiroquai : "Dynamite"
El Cuarteto De Nos : "Raro"


A moins que vous ne connaissiez le groupe écossais Idlewild, le nom de Roddy Woomble ne va absolument rien vous dire. Avec Idlewild, il avait, malgré d’excellents débuts, réussi à décevoir un certain nombre d’auditeurs, tout en tentant de satisfaire les impératifs des programmateurs radio. Si je ne me suis intéressée à son album que tardivement, c’est parce que je m’attendais en fait à quelque chose de très banal, qui me rappellerait les erreurs du dernier opus en date d’Idlewild...

Mais bien mal m’en a pris. Comme j’ai été sotte. Ce que nous propose Roddy dans My secret is my silence n’a strictement rien à voir avec feu les brûlots du quintet post-punk écossais, ni avec leurs récentes soupes tièdes. Ce premier album solo ressemble en effet bien plus aux productions de Karine Polwart qu’à une pop/rock un peu trop bien troussée pour avoir un petit quelque chose d’original. Féru de poésie et de musique folk, Roddy Woomble nous offre ici un condensé culturel de ce que les îles britanniques savent faire de plus sincère et de plus contemplatif. Loin de l’enfer des villes de la perfide Albion, cet album est un véritable petit bijou champêtre, au son duquel on se plaît à imaginer les champs anglais, les côtes écossaises ou encore les embruns du Pays de Galles.

La plupart des titres sont acoustiques ou tout du moins plutôt calmes (en témoigne l’ouverture proférée par I came in from the mountain) et se permettent souvent quelques mélodies mélancoliques et humides, notamment sur le traditionnaliste Act IV. Plusieurs fois, on se surprend à entendre des chœurs riches, du bodhran ou du violon folklorique. En bref, cet album est un petit bijou de folk anglican, parfois au bord du celtique, mais toujours avec ces mélodies parfaites qui permettent de savourer comme il se doit les instruments utilisés. A aucun moment, on a l’impression de se faire embarquer dans un faire-valoir. Et pour cause : ce qui prévaut, chez Woomble, c’est la sincérité et le plaisir d’écrire des textes souvent subtils et contemplatifs accompagnés de mélopées on ne peut plus simples, voire rustiques. Comme sur l’hilarant Whiskeyface et ses airs de gigue enjouée.

Très franchement, on peut dire que le petit Roddy nous a amplement surpris. Je me souviens qu’à l’époque, lorsque je l’avais découvert avec Idlewild, c’était en première partie de Placebo (urgh). J’avais préféré leur première partie, car le chanteur se tordait dans tous les sens, se roulait par terre comme un beau diable. Mais finalement, nous revoilà avec un Roddy barbu comme Devandra Banhart, inspiré par un folk bien loin du rock et de la pop de ses comparses, et je m’en retrouve conquise. Cela me donne envie d’aller faire un petit tour dans les îles anglo-saxonnes, de prendre une voiture pour sillonner l’Ecosse ou l’Irlande même, de me poster au bord de falaises battues par les éléments et de... bref, je m’égare. Vous aurez sans doute compris que si cet album peut provoquer des élans de ce genre, il a tout à fait sa place dans n’importe quelle discographie qui souhaite miser sur l’honnêteté musicale et la nudité sensible.



Répondre à cet article

Clarisse de Saint-Ange