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Robyn : "Robyn"
Arc-en-ciel

mardi 6 novembre 2007, par Clarisse de Saint-Ange

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C’est le genre d’album qui fait du bien. Pour ceux qui, comme moi, aiment la bonne pop, celle qui joue avec les conventions, qui s’amuse et qui prend un panard du feu de dieu, pourront sans aucun doute succomber aux charmes de cette étrange Suédoise et de son dernier album en date, qui est loin d’être son coup d’essai, mais qui témoigne de sa capacité à pouvoir changer son fusil d’épaule pour se réinventer musicalement. Agréable surprise.

Après l’introduction autoparodique Curriculum vitae, qui a surtout pour but de malmener un peu les égos démesurés de certaines stars de la pop ou du r’n’b actuels, Robyn rentre dans le vif du sujet avec un monde extrêmement coloré et déstructuré, inventif et ludique, assez proche finalement de l’univers musical de Kelis. De fait, la Scandinave, que l’on a largement comparée à Madonna, nous livre sans aucun doute l’un des meilleurs albums de pop de cette année. Aucun morceau de cet étrange et fantasmagorique album ne peut rivaliser avec les pros du genre. Robyn a une approche fraîche qui réduit en bouillie les conventions, sans aucune retenue. Alors que Cobrastyle se targue d’une mélodie électro répétitive et amusante, le tout drapé par la voix elfique de la principale intéressée, on est assez vite surpris par des basses saturées et entraînantes. Dans un autre genre, on retrouvera de véritables expérimentations sur des morceaux tels que le très jouissif Konichiwa bitches, le dansant et contagieux Burn like you ou encore la disco robotique de Crash and burn girl. C’est sûr, il y en a qui vont être sacrément jalouses cette année, car Robyn malmène la pop comme Björk malmenait l’électro à son époque. On est ici dans des cas de figure tout à fait similaires, donc avis aux amateurs et aux amatrices ! Puis vers la fin de l’album, c’est dans une soul bien sentie que Robyn nous enrobe son Should have known exécuté de main de maîtresse. Mais évidemment, comme tout album de pop qui se respecte, il faut aussi quelques morceaux plus conventionnels, plus doux. Des ballades radiophoniques ou des petits jets de dé plus tendres. Et bien il y a le jazz à la Katie Melua que représente Eclipse, mais également le single Handle me et ses accords quelque peu téléphonés, puis enfin le grand final Any time you like. Mais ces petits moments plus langoureux sont contrebalancés par les véritables performances électro réalisées par la belle walkyrie : la bombe pour dancefloors With every heartbeat, en collaboration avec Kleerup, ne laissera sans doute personne indifférent, alors même que les synthés acides de Who’s that girl ou les beats minimalistes et les vocalises naïves de Robotboy pourront être tout autant séduisants. On ne s’ennuie pas un seul instant au cours de cet album aux multiples facettes et aux couleurs riches et variées. C’est un disque novateur et profondément réfléchi, dans un déguisement de friandise sucrée. Embarquée sur son propre label Konichiwa Records, Robyn risque sans doute de faire encore parler d’elle à l’avenir - avec un tel talent, ce serait dommage de s’en passer.



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Clarisse de Saint-Ange