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« Rinôçérôse » : "Futurinô »" Seconde vague jeudi 26 août 2010, par |
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Il y eut une vie après Daft Punk, Air, Laurent Garnier et autres représentants électroniques de la vieille France qui beat. Rinôçérôse fait partie d’une seconde vague qui tenta de pousser les anciens sur les berges il y a quelques dix années désormais. Tout en proposant un travail sensiblement plus enjoué que ses prédécesseurs, les Montpelliérains avaient surtout pour eux un gout prononcé pour les métissages sonores et une insouciance dans le propos fort rafraichissante, ou puérile, c’est selon votre humeur du moment.
Pour un novice, « Rinôçérôse » [1] semble se limiter à dégueuler des singles en puissance pour des pubs de déodorant. C’est frais, couillon, maladroitement simpliste, de cette catégorie prolifique de musique jetable, sexy le vendredi, raplapla le samedi, oubliée le dimanche. Il serait tentant de s’en tenir à cette première impression, d’autant que ce n’est pas totalement faux. Pourtant le groupe ne se contente pas de faire péter une guitare sur quelques hululements de plagistes en tongs, et sous l’aspect limite idiot se cache une grande recherche sur le son. « Rinôçérôse » mêle guitares et samples, batterie et boites à rythmes, donnant tant dans du vieux rock à papas que dans la dance la plus débridée. Le résultat, pour peu que l’on garde l’âme d’un éternel adolescent, donne souvent dans une pop lumineuse et excitante, se faisant rapidement mouvoir les guibolles. Et dix ans que ça dure, sans que la recette paraisse sentir le moisi. Je me dandine encore parfois sur Schyzophonia ou Music kills me avec toute la fougue que l’on me connait dans le milieu (j’suis trop hype qu’ils me disent, ouais), alors ni une ni deux, il me fallait renouveler ma prescription et aller de l’avant sur la piste, welcome Futurinô ». On ne change pas une formule aussi séduisante, mais on la fait évoluer, et plutôt bien. Déjà les rythmes électroniques sont moins puérils que par le passé, finies les séries de bips pour bavoirs d’Installation sonore, le groupe a énormément fait murir le son sans pour autant tomber dans du Prodigy et son électro shooté à la colle. Ce qui importe , c’est que ça fasse bouger de la miche. Futurinô », dix morceaux, dix singles à tête chercheuse, ou presque. Panic attack et ses quelques guitares, puis son refrain sortant de la discothèque du bled voisin, avec paillettes et boule à facettes, faites danser les vieux là-dessus, c’est imparable même si peu aventureux finalement. On s’en fout, c’est ensuite que « Rinôçérôse » démontre toute la palette de couleurs qu’ils sont capables d’injecter dans trois minutes de son. Time machine ferait passer les nénettes de Cansei de Ser Sexy pour des pouffes grotesques, tant la qualité musicale ici déployée démonte en trois minutes un album entier des Brésiliens. Le propos est moins rock indé que chez CSS, moins cracra, plus travaillé. Where you from reste dans la même veine, efficace mais complexe, travaillé mais - agréablement - racoleur. Head like a volcano s’éloigne un peu de l’électro et se dévoile comme un bon gros morceau de rock, rappelant par endroits les trublions de Death From Above 1979, sans cependant en reproduire la rage. Les instruments classiques ont plus de place que de coutume, comme sur le connement bon Tomorrow qui laisse serpenter une guitare acoustique tout du long et sur lequel se pose la voix de la chanteuse Ninja. Le sample de Moby en plein milieu fait son petit effet, et le résultat se veut plus atmosphérique sans pour autant tomber dans l’ambient. Sans révolutionner quoi que ce soit, cette ultime fournée de « Rinôçérôse » parue l’an passé peut se prévaloir d’être une belle entrée dans la matière des Montpelliérains. Un peu moins électronique peut-être, plus adulte certainement, toujours aussi bien garni en morceaux catchys et fouillés, Futurinô » ne fait que confirmer tout le bien que l’on pense d’un duo heureusement bien loin des glandeurs prétentieux de - au hasard - Justice… [1] Le groupe tient son nom d’un tableau de Gaston Duf, l’un des papes dingues de l’art "brut". Duf passa quelques années interné dans un hôpital psychiatrique d’où il continuait à travailler. Il inventa une typographie très chargée en accents et guillemets que le groupe finit par s’approprier en tant que code visuel. |
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Il y a 3 contribution(s) au forum. « Rinôçérôse » : "Futurinô »"
(1/2) 27 août 2010, par RB « Rinôçérôse » : "Futurinô »"
(2/2) 26 août 2010, par 2deNeurone |
« Rinôçérôse » : "Futurinô »" 26 août 2010, par Vincent Ouslati [retour au début des forums] C’est vrai, « au hasard » est de trop...
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