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Relaxed Muscle : "A heavy nite with"
Bouh !

jeudi 12 février 2004, par Laurent Bianchi

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Amis du Fantastique et de Grand Guignol, Bonsoir ! Relaxed Muscle vous propose un voyage surréaliste et humoristique dans l’expéri-métal-trash-disco.

On ne présente plus Jarvis Cocker, le chanteur de Pulp, groupe qui restera dans annales du rock comme un des meilleurs des années 90. Mis en veilleuse après deux albums, le très abouti This is Hardcore et le très écologique We Love Life, et profitant des -déjà- glaciales relations d’avec sa maison de disques Island, mécontente des résultats financiers des deux albums précités, Jarvis Cocker a décidé d’aller a contrario des conseils avisés et désintéressés de cette dernière.

Se rebaptisant Darren Spooner, nom semblant sortir d’une mauvaise -y en a-t-il de bonnes ?- série Z mais en réalité étant le nom du fortiche de l’école dont il fût la victime, se maquillant à outrance et revêtant une combinaison squelette, le fer de lance de Pulp nous balance Relaxed Muscle, sorte de heavy trash electro très proche des deux dernières plaques de Primal Scream, mais en moins recherché.

Ce n’est pas le premier à le faire. Sortir un album sous un nom emprunté, s’essayer à faire des choses expérimentales, s’amuser un peu en tant qu’artiste plus complet (y ajoutant les accoutrements de l’acteur, et a fortiori ici du genre fantastique), l’idée a déjà été piquée et repiquée depuis un certain David Bowie et son Ziggy Stardust. Pensez à Gorillaz pour Damon Albarn pour n’en citer qu’un, récent, et ayant connu un large succès.

Tout comme ce dernier, Relaxed Muscle regroupe autour de Jarvis Cocker -euh pardon, Darren Spooner- deux personnes qui vont largement façonner le son de cet album : il s’agit de Richard Hawley (Pulp et Add N to X) et de Jason Buckle (Fat Tuckers). Le projet qui les réunit ici, à part un pulpeux Mary, rassemble une daube que ne digérera pas le quidam lambda s’attendant à une version X ou Y de son groupe favori Pulp. Non, ici, nous avons droit à une recette ayant fait ses preuves chez Primal Scream par exemple (histoire de les citer deux fois -ils le méritent-), et qui tente de donner à l’électro-rock sa version du death ou du trash disco.

Empruntant un humour propre aux films tels qu’Evil Dead 2, le clip de Billy Jack montre la loufoquerie, que l’on apprécie d’autant plus que l’on connaît l’humour pince sans rire auquel Jarvis nous a habitué avec Pulp, et qui trouve ici des aspects tellement grand-guignolesques que l’on succombe sans plus se prendre la tête sur le pourquoi du comment de la manœuvre. Le clip de Sexualized est alléchant dans la mesure où il dévoile ce à quoi pourrait ressembler Relaxed Muscle en concert : un délicieux spectacle.

Certains titres font des détours par la disco, comme le titre qui ouvre A heavy nite with, avec un Jarvis Cocker essayant coûte que coûte de masquer sa voix (dans tous les sens du terme, notamment sur 3way accumulator ) mais on reconnaît bien vite le bonhomme qui se cache derrière cette voix d’outre-tombe parfois gueularde, parfois ringarde, mais toujours humoristique (écoutez les cris de loup dans Beastmaster).

Cet album est à prendre pour ce qu’il est : une sorte de parodie qui se prend pour tout et n’importe quoi, sauf au sérieux (les paroles valent le détour -« I Put You in a grave » ou « Billy Jack now says DIE »-). On s’imagine tout à fait dansant allègrement sur du Relaxed Muscle à un Festival d’été. A bon entendeur...

PS : Le CD comporte les clips vidéo cités dans l’article.



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Laurent Bianchi