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Radio Moscow : "Brain cycles"
Chez Castaneda, cuisine traditionnelle au peyotl

lundi 22 juin 2009, par Guillaume Monchaux

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Si y a bien une chose pire que de mal bouffer au restaurant, c’est bien celle de trouver de la bouffe acceptable mais tentante, à foison et pour pas cher ! Résultat : lorsque mon appétit est vorace, j’annihile en moi toute conscience gastronomique afin de me laisser aller à mes plus bas instincts de prédateur carnassier, je me noie l’estomac à force de me flatter le palet et finis la soirée la tête dans les vapes et la panse dans les talons, jouant aux montagnes russes ! Pour peu qu’on ait forcé sur l’apéro, c’est le retour assuré, estomac dépassé, foie fatigué, crane explosé... et le dégoût qui va avec ! Radio Moscow, c’est bon, mangez-en ! Mais priez haut et fort mes biens chers frères, car l’indigestion vous guette ! Bref les excès sont nuisibles, sachons-le.

On attendait depuis quelques temps déjà le successeur du premier album éponyme du duo bluesy-psychédélique originaire d’Iowa (bien qu’étant réellement un trio sur scène lorsque Keith Rich rallie le groupe derrière les fûts, en studio, le jeune Parker Griggs s’occupe de la guitare et joue également les pistes de batteries tandis que son comparse Zach Anderson tient la basse, ce qui, à mon avis est bien le signe d’un ego démesuré et risque de provoquer quelques surenchères de la part du bonhomme). Premier album donc produit par Dan Auerbach des Black Keys et distribué par Alive Records sur lequel sont également signés The Buffalo Killers, Brimstone Howl ou Hacienda par exemple. Sacré carte de visite me direz-vous...

Mais pour ce second album, ces deux jeunes présomptueux ont voulu se la jouer solo pour la production. Exit donc le grand manitou du revival blues qui gratte et qui dégomme, aussi bien les tympans que les synapses. Du coup, on est bien loin du son rugueux-binaire-racé que le groupe avait mis en place.

Brain cycles, c’est un peu comme une petite soirée au mexicain, genre grande chaine internationale qui ne fait pas dans la dentelle, sauce au fromage figée sur vos nachos ; le McDo des burritos et fajitas en somme. On sait qu’on à la dalle, qu’on boufferait la carte entière, même en commençant par la glace au mezcal ; on commande, on dévore, on fait l’animal et puis... Et bien, malgré nous, on en ressort chaque fois en jurant sur tout les dieux de la terre qu’on n’y remettra jamais les pieds, écœuré ! Sombres paroles d’ivrogne au final parce qu’on y retourne toujours...

Sans vouloir cracher dans le gaspacho, l’album est coloré certes ! Dans une gamme qui s’étend du rouge tomate au rouge ketchup... Le son de guitare de Griggs est foutrement jouissif mais pollué de solos ampoulés, lourds comme du chili con carne, pâteux, préparés à l’huile de vidange. Même sort réservé à la batterie, ultra-dynamique et entêtante mais greffée de solos deep-purpeliens hasardeux et aussi écœurants que de la purée de guacamole noircie sous le soleil d’Acapulco. Mais bien loin de s’en tenir là, d’autres artefacts douteux ont été estampiller cet album déjà suffisamment boursoufflé. Des effets stéréos malsains, dignes des vieux 4 pistes d’Abbey Road, sont mitraillés tels des épines de cactus vénéneux - mirages assurés en plein désert en cas d’ingestion - et la voix, dans un énervement surfait, graille dans un fond de sauce de tabasco calciné. Mais le pire, c’est que cet album vous accroche comme une incisive sur un poing américain. Pas moyen de s’en passer et malgré la densité aberrante du son et la débauche technique des musiciens, on se le repasse encore et encore, jusqu’aux spasmes annonciateurs de reflux gastriques.

Considéré par beaucoup comme le meilleur guitariste du moment, ma main à couper que le gamin s’est un peu pris la pastèque et à voulu nous montrer qu’il avait des cojones. Pour sûr, il en a ! Enlevez les tacos aux champis de l’équation et ceux-là vous pondront un album parfait...



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Guillaume Monchaux





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Radio Moscow : "Brain cycles"
(1/1) 17 décembre 2014, par Warren




Radio Moscow : "Brain cycles"

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Different people have different taste and favorite music. Songs with nice harmonies will likely gather more listeners. - Flemings Ultimate Garage

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