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Rachid Taha : "Made in Medina"
Quand la harissa épice les loukoums

mercredi 20 janvier 2010, par Tokyo Montana

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Après l’interlude traditionnel de Diwan et son presque cultissime Ya rayah, Rachid Taha, avec l’aide de Steve Hillage, revient de ses terres ancestrales doté d’une inspiration culturellement mixée. Il nous assène une combinaison d’instruments du pays soutenus par des riffs écrasants et une rythmique on ne peut plus lourde.

Alors que Khaled et Faudel s’enlisent dans un Raï mièvre, bercé par les histoires d’amours sorties tout droit de Bollywood, Taha se démarque de ses compagnons de 1, 2, 3, Soleils par un retour électriquement occidental mais ne négligeant pas sa culture originelle. Il continue de puiser ses sujets dans la tradition algérienne et arabe. Made in Medina est un album majeur en regard de la mixité musicale et du virage opéré par Rachid, lâchant l’électro dance ou rock déjà arabisant pas toujours réussi et souvent peu inspiré d’un point de vue texte. Les faits majeurs de sa carrière antérieure sont deux reprises, l’une de Trenet et l’autre de Amrani Abderrahmane. Douce France, distribué à l’assemblée nationale française en protestation à l’ascension du Front National, démontrant que l’artiste est un militant de l’intégration beur parfois assez démagogue mais toujours touchant. La seconde, son interprétation très personnelle de Ya Rayah qui devint un tube sur lequel le peuple fêtard se dérouille encore fréquemment les rotules.

Cet album est un étalage de saveurs variées épicées aux odeurs de là bas. Souvent il nous chatouille les démangeaisons de Globe trotters dissimulées en nous et l’on se prend à laisser errer notre imaginaire vers les tentes berbères plantées peu en retrait d’un oasis protecteur. Les musiciens égayant la veillée d’un Qalantica alors que nos doigts portent les pâtisseries un rien gluantes à nos palais desséchés en quête de saveurs et de liquides bouillants. A l’heure du thé ils nous invitent à la danse avec En Retard. Les narguilés nous s(a)oulent l’esprit, le libèrent afin de nous laisser entrer en transe lentement avec Foqt foqt pour ensuite nous exploser sauvagement, les poumons saturés de pétards bien tassés, sur Garab garab et terminer sans force et en état de sudation bien avancée.

Made in Medina est aussi la représentation de ce que peut être la mixité culturelle dans le monde musical, la fusion du Oud et de la guitare électrique saturée apporte l’essence et l’étincelle nécessaire à l’explosion faisant rugir le moteur. Bara bara en est la démonstration frappante et, je ne prendrais guère de risques en avançant que c’est l’une des plus belles réussites de Taha en matière d’assemblage ethnique, même remarque à formuler pour le morceau éponyme. Ce serait une hérésie de ne pas mentionner Aïe aïe et son côté bluesy du désert, sans oublier la popitude de Hey Anta.

Tout n’est pas forcément réussi, pensons à Ho chérie chérie qui ne dépareillerait pas dans la discographie des deux mentionnés plus haut. Mais en concert l’ensemble de ces compositions vous foudroient la plupart du temps. Je ne peux que recommander le live qui a suivi, enregistré à l’AB, qui donne une vague idée de ce qu’est une prestation du bonhomme. Un alliage explosif d’énergie et de puissance.



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Tokyo Montana





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Rachid Taha : "Made in Medina"
(1/1) 17 décembre 2014, par Warren




Rachid Taha : "Made in Medina"

17 décembre 2014, par Warren [retour au début des forums]

He strikes again with another great album that only him can make. - Flemings Ultimate Garage

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