|
|
Queens of The Stone Age : "Lullabies to paralyze" Un moins grand Homme lundi 28 mars 2005, par |
|
DANS LA MEME RUBRIQUE :
|
L’extraordinaire Songs for the deaf avait marqué l’année 2003 de toute son énergie brute. Le monde ahuri découvrait alors un groupe et un courant musical - le stoner - injustement méconnus. Et les furieux concepteurs de ces chansons pour sourds pouvaient clairement prétendre au titre de nouveaux messies du rock’n roll, grâce à des compositions directes, percutantes et jouissives au possible, en dépit d’un côté sinistre aisément perceptible.
La rythmique, assurée par l’inénarrable Dave Grohl, avait également fait date, par sa brutalité calculée et sans puissance renversante. C’est aujourd’hui sans Grohl, mais également sans Nick Olivieri, comparse de la première heure au sein de Kyuss, viré pour son tempérament excessif, que Josh Homme assume la difficile mission de donner un successeur à la hauteur de ce jeune album de référence. Devant la difficulté de la tâche, Homme semble hésiter sur la voie à emprunter pour assurer l’avenir des Queens, dont il est aujourd’hui le seul maître à bord. D’un côté, on découvre des déflagrations pétaradantes ramassées en leur noyau, des brûlot destructeurs (Medication ou Little sister) qui pilonnent leur public-cible sous des riffs martiaux et une rythmique efficace (qu’on ne peut malheureusement pas s’empêcher de comparer à celle d’un passé proche...). De l’autre, des compositions lancinantes, étirées au maximum (le plus bel exemple demeurant Someone’s in the wolf, obsédant jusqu’à l’indigestion), qui semblent presque avoir repris à leur compte le concept d’improvisation délirante des fameuses Desert sessions. Rock à impact immédiat ou metal psychédélique à rebours ? Agressivité pure ou débandade imprévisible ? Et puis, qu’est-ce que le public préfèrera ? Dans le doute, Homme a prospecté dans les deux registres, en tentant la plupart du temps d’atteindre un juste milieu entre les deux. Le résultat est intéressant, varié, facile d’accès tout en restant très musclé dans l’ensemble. Tout le monde étant resté scotché à Songs for the deaf, un petit temps d’adaptation sera néanmoins nécessaire, pour éviter de se montrer impulsivement déçu par le côté moins rentre-dedans de Lullabies to paralyze. Les morceaux sont plus mélodiques, plus roots, et l’auditeur occasionnel se sentira moins malmené par cette escapade rock que par les claques à répétition qui prévalaient voici deux ans. Outre le départ de Grohl et Olivieri, on regrettera aussi de ne plus autant ressentir la présence de l’imposant Mark Lanegan, présence tellement empreinte de gravité qu’elle comptait pour beaucoup dans la sombre force d’évocation de l’album précédent. Une carence dommageable car, question invités de marque, Lullabies to paralyze nous laisse un peu sur notre faim. La présence de Shirley Manson (Garbage) et de Brody Dale (The Distillers) sur le titre You’ve got a killer scene there, man passe totalement inaperçue. Tout juste appréciera-t-on à sa juste valeur la griffe inimitable de ce vieux bandit de Billy Gibbons (ZZ Top) sur le boogie âcre de Burn the witch. En résumé, les Queens n’ont pas réitéré l’hallucinant exploit de leur album précédent, probablement en pleine connaissance de cause, et ont préféré se recentrer sur l’essence d’un album comme Rated R, moins brut de décoffrage, moins glauque, moins endiablé, mais heureusement toujours à la hauteur des références avouées du groupe. Lullabies to paralyze est un album plus qu’honnête, qui propose son lot de bon titres dans un canon relativement varié, mais qui ne marquera pourtant pas son époque comme avait pu le faire son grand frère. |
|||
|
|
|
Il y a 4 contribution(s) au forum. > Queens of The Stone Age : "Lullabies to paralyze"
(1/4) 3 mai 2005, par lkj > Queens of The Stone Age : "Lullabies to paralyze"
(2/4) 6 avril 2005, par Fab > Queens of The Stone Age : "Lullabies to paralyze"
(3/4) 31 mars 2005, par Sir Havas > Queens of The Stone Age : "Lullabies to paralyze"
(4/4) 30 mars 2005, par Pierrot |
|