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Porcupine Tree : "In Absentia"
Un génie méconnu

samedi 26 juillet 2003, par Marc Lenglet

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Il leur aura fallu plus d’une décennie pour y arriver, mais Porcupine Tree se retrouve enfin sur une major, sans que leur musique ait en rien perdu de son inventivité et de sa qualité. On peut espérer que le groupe bénéficiera enfin d’une promotion digne de ce nom et se fera connaître du grand public.

In absentia s’ouvre sur le single de l’album, Blackest eyes, pur chef-d’œuvre de pop sereine et expérimentée, à l’harmonie épisodiquement troublée par quelques riffs retentissants. Bien qu’excellente, la chanson est loin de représenter toute l’intensité et la richesse de la musique de Porcupine Tree. On entre déjà davantage en terrain connu avec la suivante, Trains. Le son de Porcupine Tree est unique et pratiquement indéfinissable. La longueur des chansons et les émotions qu’elles dégagent pourraient faire penser à du progressif, mais on est très loin de groupes comme Pendragon ou Fates Warning. Steven Wilson, le génie aux commandes du groupe anglais ne cherche pas à épater par des constructions musicales alambiquées, ni à faire passer ses sentiments en forçant un peu le trait et en surchargeant la charpente de ses morceaux. Tout se joue ici à la finesse, à la délicatesse des mélodies. Chaque note est parfaitement à sa place, et touche son but sans faillir. Mélancolique, rêveuse mais jamais déprimante, la voix de Wilson enveloppe les chansons dans du velours, et invite au repos et au songe.

N’allez pas croire que Porcupine Tree soit d’une mollesse perpétuelle et lassante. Tout d’abord, une sérénité aussi savamment orchestrée, une douceur aussi céleste, n’autorisent ni ne provoquent aucune perte d’attention. Ensuite, Porcupine tree réveille parfois l’auditeur à grands coups de riffs metal rageurs au moment où celui-ci s’y attend le moins. Mais ces poussées de violence subite ne desservent pas la musique, que du contraire. Un rugueux et orientalisant Wedding nails se trouve parfaitement à sa place entre deux phase de relaxation musicale, dont un Gravity eyelids surprenant et vaguement oppressant, dont les quelques glougloutements sonnent comme un hommage aux grands maîtres du space-rock comme Hawkwind.

Porcupine Tree place de nouveau la barre très haut avec cet album, si raffiné qu’il ferait presque passer Radiohead pour un garage band lourdaud. Tour à tour enlevé, mystique, agressif, apaisant voire cynique (pour vous en convaincre, écoutez attentivement les paroles du résigné Sound of muzak, coup de griffe bien senti à de nombreux "artistes"...), Porcupine Tree est appelé, par son niveau artistique, à devenir l’un des plus grands groupes de pop-rock de ce nouveau millénaire. Du moins, on l’espère sincèrement.



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Marc Lenglet





Il y a 6 contribution(s) au forum.

Porcupine Tree : "In Absentia"
(1/6) 16 novembre 2006, par Denis77
Porcupine Tree : "In Absentia"
(2/6) 15 septembre 2006, par relayer
Porcupine Tree : "In Absentia"
(3/6) 20 août 2006, par Ellum
Porcupine Tree : "In Absentia"
(4/6) 20 août 2006
Porcupine Tree : "In Absentia"
(5/6) 2 octobre 2005, par Ugly in the morning
> In Absentia
(6/6) 20 août 2003, par Antoine




Porcupine Tree : "In Absentia"

16 novembre 2006, par Denis77 [retour au début des forums]

Je ne suis pas aussi connaisseur que vous mais ce groupe est pour ma part une découverte et je me le passe en boucle. J’ai même acheté un lecteur MP3 pour pouvoir l’écouter en allant au boulot...
Du bonheur ces 2 albums...Aaahhh la basse sur 3.

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Porcupine Tree : "In Absentia"

15 septembre 2006, par relayer [retour au début des forums]

Effectivement cette galette est pour moi une vraie découverte. C’est une musique dont le style et la construction sont très différents de ce que nous connaissons déjà. Ce mélange de métal et de pop douce avec cette voix si envoutante est d’une richesse qui vous redonne confiance sur un éventuel "revival" du rock-prog. Car je trouve que cet album dégage une atmosphère à la fois très ancienne et très futuriste, bref cette musique n’est pas de notre époque. Je n’avais plus eu ce sentiment d’écouter une musique venant d’une autre planéte depuis l’album "Going for the One" du groupe YES, voir "Love Beach" d’Emerson Lake and Palmer, c’est dire le temps que j’ai du attendre cette petite merveille...
Le morceau qui est certainement le plus prog est "Gravity Nails".
Merci pour cette critique qui est tout simplement très bonne, car là on sent bien que le rédacteur aime ce disque.

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Porcupine Tree : "In Absentia"

20 août 2006, par Ellum [retour au début des forums]

Bonjour.

Cette critique d’ In absentia me parait bien fondée en employant les mots justes.
C’est un album soigné où chaque chanson a une place bien précise dans le projet d’ensemble.
Ce cd est pas très progressif, du moins pas autant que d’autres de Porcupine Tree mais il a l’avantage d’alterner des morceaux rythmés, voir hards, avec les sonorités douces et envoutantes, qui donnent un coté très atmosphériques et psychédélique à l’ensemble.

Chaque chanson de Porcupine Tree est unique. Les titres de ce groupe ne ressemble pas trop, si ce n’est guère.

Je confirme l’orientation de Porcupine Tree vers des sonorités hards, plus "métales", cette tendance étant confirmer par des chansons comme "Shallow" du cd "Deadwing". Ce n’est pas désagréable, et au contraire, ça permet de créer des démarrages puissants.

Bravo à Steven Wilson et son équipe pour le talent qu’ils ont su dévellopper dans cet album essentiel à mes yeux.

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Porcupine Tree : "In Absentia"

20 août 2006 [retour au début des forums]
Porcupine Tree "In Absentia"

Tout est dit, et bien dit dans l’article sauf que le groupe est britannique, non américain.

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Porcupine Tree : "In Absentia"

2 octobre 2005, par Ugly in the morning [retour au début des forums]

J’ai découvert ce groupe en cherchant de la nouvelle musique à me mettre sous la dent, et sur un site dédié à la musique progressive que j’affectionne particulièrement, j’ai pu lire une chronique plus qu’élogieuse sur ce combo encore inconnu à mes oreilles. D’où ma curiosité vite rassasiée.

Quel choc, j’en suis encore tout retourné, c’est incroyable cette sensation de légèreté qu’on eprouve en écoutant cet album, cette beauté venue d’on ne sait où qui vous renverse, qui vous rend euphorique ou mélancolique, qui vous sublime ou vous terrasse par une telle perfection inaccessible mais dans tous les cas qui vous bouleverse à chaque écoute.

Peu d’album comme In absentia et Deadwing son jumeau m’ont menacé si mechamment d’un si grand bonheur !

Amis athées, commencez à prier, la conversion est proche !

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> In Absentia

20 août 2003, par Antoine [retour au début des forums]

Le problème de Porcupine Tree, c’est et cela a toujours été sa créativité. J’ai du mal à croire que Steven Wilson soit un génie contrairement à ce que disent un certain nombre de critiques, un artisant doué certes, mais un génie... On ne peut tout de même pas le comparer à David Bowie ou Brian Wilson, et le dernier album me conforte dans mon opinion. Au début Porcupine Tree sonnait comme du Pink Floyd, aujourd’hui l’influence serait plutôt à chercher du côté de Radiohead mais où est l’originalité ? Dans les compositions ? Non. Dans le chant ? Non. Dans la production ? Non plus. Je préférais largement la période "Signify" (1996), j’avais au moins l’impression d’avoir affaire à un groupe qui expérimente alors qu’avec "In absentia" j’ai l’impression que Porcupine Tree se répette et s’enlise dans une sorte de pop/rock classique quelconque, dommage...

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