Pop-Rock.com



PJ Harvey : "Uh Huh Her"
Toujours aussi attachante

lundi 9 août 2004, par Laurent Bianchi

DANS LA MEME RUBRIQUE :
A-Ha : "Foot of the mountain"
Bosques De Mi Mente : "Inocencia"
Arid : "All things come in waves"
Kings of Leon : "Youth & Young Manhood"
Staind : "Chapter V"
Killing Joke : "Hosannas from the basements of Hell"
The Fratellis : "Costello music"
Saint Etienne : "Tales from the turnpike house"
Fleet Foxes : "Fleet Foxes"
Liars :"They were wrong so we drowned"


A lire ici et là les critiques sur cet album, on peut vite se faire une idée : retour en arrière, ou marche arrière c’est selon. Elle serait revenue à ses premiers amours, à savoir un rock brut, qui explore tant que faire se peut le blues, et qui met en valeur la voix d’une diva moderne : Polly Jean. C’est vrai qu’à écouter un Who the Fuck, on se dit que l’époque de Rid of me est de retour. Mais -car il y a un mais - c’est aller un peu vite en besogne. Un peu comme un vin, il faut laisser l’album imprégner nos sens pour bien savourer sa quintessence.

Il est vrai que depuis To bring you my love, PJ a fait le tour de toutes les musiques qui l’intéressaient et qui, de surcroît, étaient à même de servir de décor à ses vers pas piqués des hannetons. La trame électronique et l’expérimentation sonore étaient formidablement mis à contribution dans l’album Is this désire ?, un des sommets de sa carrière. Puis vint Stories of the city, stories from the sea, qui, avouons-le, était bon mais bien maussade en comparaison de la plupart de ses albums. Certains, dont je fais partie, se faisaient pas mal de mourrons pour l’album suivant, que voici.

Verdict ? PJ Harvey est véritablement une artiste hors pair. Elle arrive là où on ne l’attendait pas, et d’une manière qui force le respect car, pour ce qui est du jeu de guitare, avec une rythmique tirée à quatre épingles derrière, madame sait y faire. Car cet album, avec ses titres enragés d’un côté, et plus qu’introspectifs de l’autre est bien représentatif de ce que Ze Monsta sait faire.

Les paroles sont toujours aussi illustratives d’une auto-psychanalyse qui ne semblera jamais se tarir. The slow drug est de cet acabit. Et puis ici point de guitare ni de batterie, ni même de la basse : juste un synthé et la voix envoûtante de PJ. Mais les titres acoustiques sont là aussi : No Child of mine est une perle. You come true est une très belle chanson. The Desperate Kingdom Of Love un sommet du genre minimaliste. Et que dire de ses mouettes que l’on entend dans The Darker Days Of Me And Him sinon qu’elles valent tous les discours ?

De l’autre côté, c’est vrai, des titres comme Cat on the Wall ou It’s you pourraient figurer dans un de ces précédents albums, ne serait-ce que par ce goût de la saturation à outrance. On se croirait parfois à l’écoute d’une compilation d’inédits et de face B que la belle aurait laissé traîner dans un tiroir. Et alors, si c’est bon, pourquoi s’en plaindrait-on ? Cette grande excentrique est toujours aussi attachante car intègre. Elle prend de la bouteille et nous en fait profiter. Et ça, c’est pas une bonne nouvelle ?



Répondre à cet article

Laurent Bianchi