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Pierre Bondu : "Quelqu’un quelque part"
Comme dans un très bon film

jeudi 16 septembre 2004, par Laurent Bianchi

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Comme pour la scène belge, la scène française peut s’enorgueillir d’avoir marqué des points en 2004. Après les très bons albums de Daniel Darc et de Miossec, voilà que Pierre Bondu arrive avec un album d’une beauté éclatante. Copain de Yann Tiersen, Pierre Bondu fait partie de cette nouvelle scène française que l’on qualifie parfois d’intello, à l’ombre de Benjamin Biolay et de Dominique A (chez qui il a fait ses armes). On peut en tout cas classer sa galette aux côtés de Florent Marchet et Autour de Lucie.

Marqué au fer par la musique de films, celle principalement d’Ennio Morricone, on est point étonné que l’album démarre par un morceau classique qui d’entrée de jeu séduit : on est sous le charme. On apprend d’ailleurs sur son site qu’il aime éperdument Berlioz et Truffaut, des références plutôt luxueuses. Il a fait ses premiers arrangements de musique classique pour des artistes comme Philippe Katerine et Anna Karina. La Bulgarian Symphony Orchestra qui joue ici il l’a connue lors de la composition de la bande-son du film La Répétition.

N’allez pas penser pour autant qu’on s’endormirait à l’écoute de ce disque. Les rythmes sont joyeux, ça flaire la joie de vivre, et ce dès Vu d’ici. Le débit fait penser à Etienne Daho, voire à Serge Gainsbourg ou Daniel Darc, car il y a une espèce de désespoir qui s’échappe de sa voix pourtant chaude, sensuelle même. Musicalement, mis à part des interventions orchestrales magistrales, le clavecin, les trompettes ou le xylophone viennent apporter, encore une fois, cette touche de je ne sais quoi qui fait que l’on craque. Les chœurs aussi participent du même phénomène.

Les paroles vont droit au cœur. Jugez par vous-même : Regarde-toi et ne dis pas que tu vas changer, les jours les années t’ont volé ta bonne volonté. Ah , le temps qui passe semble autant obséder tous ces chanteurs français que le commun des mortels. Normal me direz-vous, mais la poésie ajoute à ce fatalisme une mélancolie au goût réconfortant. Je manque de tout ce que je cherche, je cherche tout ce qui me manque. La nature humaine est cruelle, et ceux qui s’essaient à la dépeindre avec autant de précision et d’humour décalé réchauffent le cœur et l’esprit.

L’album est écrit, composé, arrangé et réalisé par le trentenaire, et on ne peut que se confondre en éloges devant un talent aussi immense.

Pierre Bondu dit que cet album est très proche de son quotidien et de sa propre vie. De la nôtre aussi, ça tombe bien. « L’amitié parasite le jugement » qu’il chante : c’est clair, mais je vous jure, ce n’est pas un de mes amis donc on ne pourra pas m’accuser de copinage.

Le disque se termine comme il a commencé, par un morceau de musique classique. On éprouve la même sensation qu’après un très bon film.



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Laurent Bianchi





Il y a 3 contribution(s) au forum.

> Pierre Bondu : "Quelqu’un quelque part"
(1/2) 16 septembre 2004, par Tommy
> Pierre Bondu :"Quelqu’un quelque part"
(2/2) 16 septembre 2004




> Pierre Bondu : "Quelqu’un quelque part"

16 septembre 2004, par Tommy [retour au début des forums]

Ce que je me demande, c’est pourquoi tout le monde cite toujours B. Biolay et non son ex-comparse Keren Ann, autrefois toujours évoqués ensemble, surtout du temps du retour de Salvador ? Moi je la préfère de loin, Keren, d’autant qu’elle a outre ses albums en français sorti un cd anglais pas mauvais du tout et le sublime side project Lady and Bird, que je ne peux que conseiller !

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> Pierre Bondu :"Quelqu’un quelque part"

16 septembre 2004 [retour au début des forums]

Vous êtes pire que Télérama. Cet album (au demeurant excellent) est sorti il y a 8 mois. Il était temps que vous le chroniquiez.

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    > Pierre Bondu :"Quelqu’un quelque part"

    16 septembre 2004, par Jérôme Delvaux [retour au début des forums]


    Nous n’avons pas pour ambition de chroniquer les albums le jour même de leur sortie. La preuve : la semaine dernière nous avons publié la critique d’un album de Bruce Springsteen sorti en… 1984 ! Putain qu’est-ce qu’on était en retard sur ce coup-là !

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