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Piano Magic : "Part monster"
Oui, on peut attraper un rhume en écoutant de la musique

samedi 27 octobre 2007, par Clarisse de Saint-Ange

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Vous trouvez que les températures de ces derniers jours sont trop basses et que vous en avez déjà marre d’un hiver qui s’annonce rude ? Et bien je ne vous recommande pas l’écoute de ce tout nouvel album des Piano Magic, qui évoluent depuis assez longtemps dans un registre rock plutôt underground, mais surtout singulièrement glacial. Attention, coup de froid.

Il faut l’avouer, cette néo-cold-wave (je me permets de l’appeler ainsi, étant donné le genre musical auquel Piano Magic fait régulièrement écho) a de quoi refroidir les coeurs les plus chauds. Des mélodies qui engourdissent, des références musicales qui vont piocher tour à tour dans Echo & The Bunnymen, And Also The Trees ou encore Joy Division : on ne peut pas dire que nos amis anglais respirent la joie de vivre ou l’amusement. Parfois, cela peut même aller jusqu’à la caricature. Je leur reproche particulièrement les paroles du morceau England’s always better (As you’re pulling away qui, à moins d’être ironiques (dans ce cas, je n’ai pas détecté l’humour), versent très franchement dans le cliché. Mais sinon, musicalement, qu’en est-il de ce Part monster que l’on attendait finalement au tournant ?

L’album s’ouvre sur un titre somptueux qui vaut à lui seul la moitié des louanges que l’on peut adresser à cette galette. The last engineer est un morceau aérien et humide qui va évoluer au fur et à mesure vers une explosion de rock ténébreux et acéré, dont les riffs moites seront entrelacés par des nappes de synthé nuageuses. On ne peut vraiment qu’apprécier ce morceau et son intelligence mélodique hors du commun. Pour le reste, la veine reste plutôt la même, et la pop peut parfois être lumineuse : Incurable (Reprise) ressemble assez fort au premier album de Fields. A certains égards, Part monster semble représenter une sorte de côté obscure d’Everything last winter, une sorte d’alter ego nécessaire. Et plus j’écoute ce nouvel album de Piano Magic, plus je me dis que son écoute serait véritablement complémentaire de Fields, pour les amateurs du genre. Mais revenons à nos moutons noirs.

Mis à part le morceau dont je vous ai parlé plus haut, tout est absolument génial dans cet album : un rock presque shoegazing vient s’échouer sur Saints preserve us, alors que le pastoral Great escapes annonce un automne pluvieux et couvert. Quant à l’obscur est dantesque The King cannot be found, il joue sur des canons que les amateurs du genre reconnaîtront nettement (voire les influences citées au début de l’article, je n’ai pas envie de faire du namedropping abusif). Seul point faible : l’album se termine sur un très faible Part-monster, qui se veut tristement dépouillé mais ne parvient en fait qu’à gâcher l’arrière-goût que l’album aurait pu laisser en terminant par exemple sur un mélancolique Cities & factories. Mais peu importe : la pop froide de Piano Magic reste de toute façon bien meilleure que la plupart des productions actuelles du même genre, malgré parfois sa tendance à rester trop proche de ses prédécesseurs historiques.



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Clarisse de Saint-Ange