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Phillip Boa & The Voodooclub : "Diamonds fall"
La colline et l’olivier

mercredi 10 juin 2009, par Albin Wagener

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A peine deux ans après le très honorable http://www.pop-rock.com/albums-2000...">Faking to blend in, qui avait définitivement remis Phillip Boa en selle au niveau de ses inspirations, la formation germano-maltaise revient avec son meilleur album depuis Helios. D’une certaine façon, Diamonds fall en est même la suite digne et réussie.

Quand un disque de Phillip Boa sort en début d’année, comme cela a été le cas pour Diamonds fall, on ne peut qu’avoir hâte à ce que l’été arrive. Non pas que cela soit ma saison préférée, mais bordel, voilà le disque qu’il faut pour les siestes sous l’olivier, les apéritifs entre amis, le soleil qui vous tape sur la gueule, les visages bombardés de sourires, les teints hâlés et les envies de promenades poussiéreuses, entre l’herbe sauvage, les parfums méditerranéens et les chemins rocailleux. Ici, tout y est, et Boa s’est entouré d’une équipe talentueuse - avec entre autres Jaki Libezeit de Can, excusez du peu. La première chose qui marque à l’écoute de cet album, c’est la légèreté des morceaux, leur côté très aéré : on ne les a pas surchargés d’artifices pour les gonfler, comme Boa a pu le faire par le passé. Tout est en place, les morceaux sont fins et délicats, et c’est là que le terme de diamant est tout à fait approprié.

Peu de travail sur les morceaux, donc. Et heureusement, puisque l’écriture des morceaux est telle qu’ils ne nécessitent aucun maquillage supplémentaire : là où Valerian se targue d’une petite mandoline, on la garde avec obstination et poésie. La poésie, voilà sans doute le maitre-mot de ce Diamonds Fall, et ce n’est pas la délicatesse émouvante de Jane Wyman qui me fera mentir. Ce morceau est probablement l’un des plus beaux morceaux jamais écrits par Boa, même si au départ, j’ai mis un peu de temps avant de m’y habituer. A côté de cela, on a donc de très belles perles pop finement ciselées, comme le nostalgique et échevelé The race is over, ou encore le sombre The world has been unfaithful, véritable éclipse dans cet album à la tonalité mature et profonde. Boa parvient enfin à atteindre Nick Cave ou Leonard Cohen, en entrant dans la cour des grands avec des morceaux formidablement bien troussés.

Des morceaux plus fous et plus tziganes tels que le ravissant Fiat Topolino ou encore le très excentrique DJ Baron Cabdriver parviennent à verser un peu de vin rouge dans cette avalanche azurée, tandis que le single Lord have mercy with the one-eyed cache une véritable tendresse derrière ses abords plutôt patauds, voire décevants (si on en reste à la première écoute, bien évidemment). Mais surtout, Boa parvient enfin à nous charmer avec une ouverture et une fermeture décentes. Tandis que le morceau éponyme surprend par sa basse électronique en donnant le ton quant à la suite de l’album, Black light signe le disque en arborant la quintessence de ce Diamonds Fall à la fois noir, envoûtant et luminescent. Phillip Boa continue donc à pondre de très bons albums et s’améliore avec l’âge, comme le bon vin du sud qu’il affectionne. Cet album est un sans-faute du début à la fin (fait rare dans la discographie du Arschloch der Nation) et deviendra sans doute un classique au fur et à mesure des années. Il possède en effet tout ce que Boa nous montre depuis le début de sa carrière : l’élégance, la sanguinité, l’irrévérence et la poésie timide.



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Albin Wagener





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Phillip Boa & The Voodooclub : "Diamonds fall"
(1/1) 13 janvier 2015, par Rex Armena




Phillip Boa & The Voodooclub : "Diamonds fall"

13 janvier 2015, par Rex Armena [retour au début des forums]

I agree with this review. This was what the band was capable of doing. - Nova Science Publishers

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