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Peter Doherty : "Grace/Wastelands"
Ex-gamin de merde ?

dimanche 29 mars 2009, par Jeremy Plywood

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La première chose qui m’est venue à l’esprit en découvrant cet album sur mon bureau, fût de me payer le scalp de cette petite frappe qu’est Doherty. Gamin de merde en chef. Tête à claques de première catégorie. Camé irrespectueux, punk à deux balles érigé en star glamour de pacotille. People de caniveau qui sent le vomi. Le genre de type à qui on a envie de faire un croche-pied lorsqu’il s’apprête à descendre un escalier. Ça, c’était avant d’écouter ce disque. Je dois bien avouer que les élucubrations des Babyshambles et autres Libertines m’ont toujours laissé de marbre ou à peu près. Des albums qui ne renfermaient que de rares bons moments, peu de vraies chansons, souvent des ébauches d’idées, un manque flagrant de construction, de réflexion, peu de refrains, beaucoup de couplets, beaucoup de chaos et peu de titres qui allaient se bousculer à la porte de la postérité du rock’n’roll. Et puis, ce n’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire des grimaces. Ça, c’était avant d’écouter ce disque, disais-je...

Grace/Wastelands est donc le premier album solo du sieur Doherty. Un premier essai transformé. Décomplexé. Tout seul comme un grand, ou à peu près, puisqu’on retrouve quant même Stephen Street à la production et Graham Coxon, venu en ami avec sa guitare. Du coup, on ne sent pas les lourdeurs de la démocratie d’un groupe qui le tirait peut-être vers le bas. Même si on avait l’impression qu’il s’y tirait bien tout seul comme un grand. Empêtré dans d’évidents problème de came, d’alcool et d’excès de toutes sortes. On sent ici une volonté de (se) structurer. Une volonté de rattraper les quelques années de galères personnelles accumulées. On le sent plus humble. La morgue remisée au placard. Tentative d’écrire de vraies chansons, variées avec de vrais arrangements (les cordes de 1939 Returning, l’orchestre et les instruments variés de A Little Death around the Eyes, entre autres). Un chant soigné, une envie de séduire, enfin.

Le bonhomme a mûri, c’est indéniable. Ça se ressent tout au long de cet album. Il ne perd jamais le fil. Ne se laisse pas distraire. On sent qu’il sait où il va pour la première fois. Pas de sueur pour rien. Ça ne va peut-être pas plaire à son public habituel, qui s’identifiait à son bordel récurrent. Ces petites révolutions, ces provocations comme autant de poses contre la société. Toute une panoplie d’attitudes qui plaisent énormément aux adolescents qui trouvent leurs parents pénibles et se vengent sur les vieux qui traînent dans le métro en ne leur cédant pas leur confortable place assise. De mon côté, je n’allais même pas tomber dans le panneau du poète maudit qui séduit les ados aux pantalons cigarettes et à la mèche bien collée de gauche à droite sur un front bourré d’acné (Tellers touch). Le grand frère de jeunes filles en fleur qui se seraient bien laissé tripoter les seins à l’arrière d’un taxi londonien.

Peter Doherty est, tout bêtement, devenu adulte. Il lui a fallu le temps. A 30 ans, c’est pile-poil le bon moment. Survolons donc sans tarder ce Grace/Wastelands fort plaisant.

On le sent d’emblée avec Arcady, chanson tout en légèreté acoustique, façon Dylan. Une ouverture d’album qui donne le ton. Et il faut bien en convenir, on ne sera jamais (vraiment) déçu tout au long des 12 chansons. On retrouve un petit côté « Clash » dans Last of the English Roses. D’aucuns citeront Gorillaz et même plus probablement The Good The Bad & The Thief pour le petit gimmick de mélodica. Bref, un chouette petit titre pop propret et vaguement groovy. Ensuite, un 1939 Returning, qui n’est pas sans évoquer Jarvis et son excellent Pulp. Orchestration imparable presque gainsbourgienne. C’est dire ! Avec A little Death Around The Eyes, on reste dans les mêmes couleurs et je dirais même qu’on va plus loin. On croit même que John Barry est venu traîner dans le studio... On dira que Salome clôture la trilogie « orchestre », aérien et tout en retenue.

I am the Rain, tout simple. Guitares acoustiques et tambourin. Piano en tête, voici Sweet by and by, à fond dans le cabaret jazzy. Vraiment incroyable de la part de cette tête de mule de lad de la Perfide Albion ! Palace of Bone remet un peu les pendules à l’heure. Quelques bpm en plus. Et même si on reste dans le léger, on est en plein manouche vs rockabilly.

Puis on sent une légère bruine toute en finesse qui tombe sur notre visage. Cest Sheepskin Tearaway, avec la présence de la ténébreuse Dot Allison qui a déjà collaboré avec Massive Attack, Death in Vegas et même Bobby Gillespie. On se souviendra également de son album de 1999, intitulé Afterglow, et sur lequel on retrouvait l’un ou l’autre guest prestigieux. Citons au moins Kevin Shields, Mani et Arab Strap.

Arrive ensuite Broken love song, probablement le titre le plus réussi de l’album. Peter chante comme il n’a jamais chanté. On sent de la consistance. Une vraie émotion. Poignant. Puis ce sera New Love grows on Trees, plus caressant, même si une guitare électrique sous tension vient nous bousculer de temps en temps. Mais c’est plus par principe. Comme pour se souvenir d’un passé rock’n’roll pas si lointain. Pour se rassurer. Pour nous rassurer. Comme pour dire, le prochain sera plus électrifié. On termine tout en sobriété avec Lady don’ fall backwards. Des harmonies jazz, un orgue style farfisa qui (ré)chauffe.

Bon, ben, nous voilà bluffé par ce Doherty. Celui-là même qui a souvent fait les unes des magazines. Toutes sortes de magazines. Il en a visité de ces couvertures. Surtout celles des torchons people. Même s’il est vrai qu’il ne les dépareillait pas jusqu’il y a peu. En revanche, on croit avoir compris avec ces douze chansons, qu’il en a marre de ce rôle de merdeux. Il pourra désormais dire qu’on ne mélange plus les torchons et les serviettes.



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Jeremy Plywood





Il y a 9 contribution(s) au forum.

Peter Doherty : "Grace/Wastelands"
(1/4) 16 juillet 2009, par EMMANUEL VASS
Peter Doherty : "Grace/Wastelands"
(2/4) 20 avril 2009, par unknowformoflife
Peter Doherty : "Grace/Wastelands"
(3/4) 16 avril 2009, par indecenthope
Peter Doherty : "Grace/Wastelands"
(4/4) 29 mars 2009




Peter Doherty : "Grace/Wastelands"

16 juillet 2009, par EMMANUEL VASS [retour au début des forums]

ALBUM POSSEDANT UNE VERITABLE AME.ON ENTRE DANS UN UNIVERS RASSURANT AVEC UNE ATMOSPHERE REELLEMENT ENVOUTANTE.POUR MA PART PAS MOYEN DE LACHER L ECOUTE PENDANT UN MOIS.MUSICALEMENT AUSSI TRES ABOUTI =PETER ET PLUS PETE COMME SI NOUS AVIONS A FAIRE A UN NOUVEAU PERSONNAGE COMME ZIGGY STARDUST QUI LAISSE PLACE A UN DAVID QUI N A PLUS A ENDOSSER L IDENTITE D UN AUTRE

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Peter Doherty : "Grace/Wastelands"

20 avril 2009, par unknowformoflife [retour au début des forums]

? ???????????????????????????????????????????????????? ah bon

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Peter Doherty : "Grace/Wastelands"

16 avril 2009, par indecenthope [retour au début des forums]

Pete Doherty ; le type même du rebelle prédigéré - sans doute parcequ’anglais, donc on supporte... -

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Peter Doherty : "Grace/Wastelands"

29 mars 2009 [retour au début des forums]

The good, the bad & the thief ???

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