Pop-Rock.com



Perry Blake : "The crying room"
Qu’en termes galants ces choses-là sont dites !

mercredi 22 mars 2006, par Albin Wagener

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Queens Of The Stone Age : "Era vulgaris"
Ratatat : "LP3"
Coldplay : "A rush of blood to the head"
Patti Smith : "Trampin’"
Radiohead : "Kid A"
Sigur Rós : "Takk"
Hooverphonic : "No more sweet music"
Dÿlan : "Dÿland"
Prodigy : "Always outnumbered, never outgunned"
Spock’s Beard : "Octane"


Presque minimaliste quand on le compare à Songs for someone ou California, The crying room est avant tout une sorte de retour aux sources de la part de ce crooner irlandais. Abandonné par Naive, qui a manifestement décidé de faire volte-face en délaissant les talents pourtant évidents de Perry Blake, The crying room avait été maintes fois annoncé puis repoussé. Le voici enfin commercialisé, pour le plus grand bonheur des fans, des curieux, et des amateurs de musique en général.

Avec The crying room, qui confirme à la fois la solitude économique de Perry Blake et son talent sensible et doux-amer, nous assistons presque à la naissance d’un mythe. Car vu la notoriété de plus en plus confidentielle de l’Irlandais, bien loin de l’engouement qu’avait suscité son premier album, on croirait presque qu’un jour, on le retrouvera en train de concocter ses subtiles ballades pour les sortir sur des labels improbables et sous-distribués. Les œuvres de cet artiste deviendront alors des objets de culte pour une petite minorité d’entre-nous, émerveillés à chacun de ses trésors, faisant fi des consensus musicaux en place.

Soyons sincères : au point où il en est, Perry Blake fait maintenant simplement du Perry Blake. Aucune innovation barbare, aucune expérimentation tirée par les cheveux, Blake préfère son costume de crooner, celui qui lui va si bien, celui qui le fait susurrer de douces mélodies drapées dans des arrangements de soie et de lumière. Entre les jeux de cordes de Forgiveness, les guitares méditerranéennes sur These young dudes ou le banjo facétieux de Freedom, Blake pose sa voix de velours avec la désinvolture d’un Scott Walker et la sincérité d’un Neil Young. Les mélodies sont simples mais nous vont droit au cœur, les paroles sont toujours aussi désabusées et intimistes et, une fois de plus, on se retrouve avec un disque qui ne peut qu’accompagner nos sentiments les plus personnels.

Cette fois pourtant, une différence notable se fait jour : Perry Blake a compris que trop d’arrangements n’étaient pas forcément chose nécessaire, et la plupart des morceaux adoptent une formule nettement plus dépouillée que ses précédents albums. Si The crying room ouvre l’opus avec une simple guitare acoustique, on est presque tout autant surpris de retrouver cet instrument sur un Storms qui n’a strictement rien à envier à Brendan Perry. Sur I got what I wanted ou New year’s wish, c’est un piano léger et brumeux qui ouvre le bal, accompagné souvent par des balais discrets et nostalgiques. L’album se clôt sur un Blue sky calling très jazzy et printanier, mais renferme également une magnifique perle, l’immense If you don’t want me, qui malgré sa structure sonore confirmée et presque trop prévisible, possède cette espèce de charme désuet de berceuse du siècle dernier.

Entre tristesse et simplicité, Perry Blake déroule dans nos oreilles son travail d’orfèvre personnel, pour un nouvel album qui marque très certainement une étape notable de sa carrière. A peu près oublié de tous ceux qui l’ont soutenu à la fin des années 90, il peut encore compter sur une famille de fans solides et fidèles. Après la délicatesse du Snow borne sorrow de Nine Horses en 2005, 2006 nous dévoile déjà son plus beau trésor caché. Perry Blake est probablement l’artiste qui sait conjuguer le mieux la pureté et la finesse de la musique dans ce qu’elle a de plus honnête et de plus innocent.



Répondre à cet article

Albin Wagener





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Perry Blake : "The crying room"
(1/1) 18 octobre 2016




Perry Blake : "The crying room"

18 octobre 2016 [retour au début des forums]

The kind of music that is worth listening. This is really a hit. - Marla Ahlgrimm

[Répondre à ce message]