Pop-Rock.com



Perry Blake : "Canyon songs"
Quart d’heure américain

samedi 24 mars 2007, par Clarisse de Saint-Ange

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Covenant : "United States of mind"
Kelly De Martino : "Radar"
The Robocop Kraus : "They think they are The Robocop Kraus"
Kiss : "Sonic boom"
Dperd : "Regalero il mio tempo"
The Hives : "Tyrannosaurus Hives"
Pet Shop Boys : "Yes"
Björk : "Volta"
Empire Of The Sun : "Walking on a dream"
Good Charlotte : "The chronicles of life and death"


Et de six ! A peine un an après la sortie de The crying room, le moins que l’on puisse dire, c’est que notre dandy monacal ne chôme pas. Sorti confidentiellement sur le label du chanteur, Orchard Music, ce Canyon songs reprend tout là où California avait laissé les rêveries de l’artiste s’échouer. Après les vices cruels de Los Angeles, nous voilà donc transportés dans l’univers serein du middle west.

C’est donc officiel : tous les trois albums, Perry se tourne désormais vers les Etats-Unis. Et pourquoi pas après tout ? Ainsi, à divers degrés, Canyon songs est bien plus proche dans l’esprit du mythique et lumineux California que du très intimiste The crying room de l’année passée. Et pourtant, dans une certaine mesure, ce sixième opus de Mr. Blake n’est pas si facile d’accès qu’il en a l’air. Au début, en l’écoutant, je me suis dit que d’accord, c’était du Perry Blake, sans plus, avec pourtant une touche folk (voire country parfois) qui lorgnait clairement du côté de la ruée vers l’or. On est bien loin de David Sylvian, le véritable héros de Perry, et on se retrouve bien plus dans une ambiance à la Ennio Morricone, voire à la Neil Young. Et pour un artiste comme Perry Blake, ce genre de virage présage d’un changement assez conséquent.

Il est loin, le temps où Perry se plaignait dans une trip-hop boueuse et minimaliste. Exit les pensées résolument glauques, la mélancolie de Perry est désormais plus résignée mais nettement moins dramatique. Pas de faux effets d’esbrouffe ou de jeu exagéré, Perry fait maintenant ses armes dans la sobriété paisible : pop formatée pour Gemini, country trotteuse sur Do we only fall in love in lovesongs ? (interprétée magistralement en duo avec Cathy Jordan, chanteuse du groupe traditionnel irlandais Dervish) ou encore banjo rêveur sur la ballade If you see Mary, on se retrouve devant une multitude de détails qui font que cet album de Perry Blake est résolument différent des autres. Petit bémol sans doute dû à ce changement de cap assez conséquent, les compositions sont moins bonnes qu’à l’habitude. En deux mots, Canyon songs n’est certainement pas le meilleur album de Perry, et il faudra plusieurs écoutes pour apprivoiser l’harmonica à la Lloyd Cole de The letter ou la mandoline romaine de The ballad of Billy Bob.

Tous ces éléments font de ce subtil Canyon songs un album charnière loin de la grâce de l’album précédent, presque uniquement réservé aux fans du dandy, qui se permet de marquer une sorte d’album en forme de changement de direction, résolument différent de ses opus précédents, et susceptible de laisser l’auditeur avide de surveiller les œuvres de Perry à l’avenir. Mais pour les autres, vous pourrez passer votre chemin sans trop de honte ou de remords. Juste une petite phrase glissée comme ça en fin de chronique : tout ce que je peux vous dire, c’est que Perry Blake ressemble de plus en plus à Bryan Ferry, ce qui devrait aiguiser la curiosité de certains lecteurs. Ce solitaire irlandais est en train de devenir un grand chanteur, et un type qui saura assurément asseoir sa légende s’il continue dans cette voie.



Répondre à cet article

Clarisse de Saint-Ange





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Perry Blake : "Canyon songs"
(1/2) 16 juin 2015
Perry Blake : "Canyon songs"
(2/2) 12 avril 2007, par Thomas




Perry Blake : "Canyon songs"

16 juin 2015 [retour au début des forums]

He is now making his way to the US. Definitely, he can a big hit. - Dennis Wong YOR Health

[Répondre à ce message]

Perry Blake : "Canyon songs"

12 avril 2007, par Thomas [retour au début des forums]

Mouais... super déçu par cet album, sans doute le moins bon de Perry Blake. Effectivement, les compos sont très pauvres, les arrangements country un peu kitsch... Je ne retrouve pas une seconde ce qui m’avait tant plus sur les précédents albums.

[Répondre à ce message]