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Perry Blake : "California"
Un crooner au soleil

dimanche 7 octobre 2007, par Clarisse de Saint-Ange

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Toujours autant boudé par la perfide Albion ou les prairies vertes d’Irlande, Perry Blake confirme, en 2002, son positionnement sur le vieux continent, et plus précisément dans l’axe francophone consitué par la Belgique, la France et la Suisse. Désireux de rompre avec ses deux précédents albums crasseux et torturés et leur trip-hop sombre, Perry Blake change de producteur et d’univers musical pour un album fort controversé.

Crooner invétéré, Blake enregistre cet album résolument différent avec Marco Sabiu, avec lequel il gardera une complicité musicale jusqu’à nos jours. Le principe est simple : Perry souhaite raconter l’histoire d’un couple issu d’un pays de l’Est de l’Europe (quelle drôle d’idée, me direz-vous) qui, voyant son amour fâner jour après jour, pense changer d’endroit pour redonner vie aux sentiments et à leurs premiers émois. Ce faisant, ceux-ci s’exilent en Californie, qui ne sera finalement que le terrain ultime de la déliquescence de leur relation. Chose amusante, Perry n’a jamais été en Californie pour enregistrer cet album ou écrire une quelconque ligne au sujet de ce concept, mais en Asie du Sud-Est. Je sais, aucun rapport, mais pourquoi pas.

En tout cas, les critiques comme les fans sont partagés lorsque sort ce solaire California. Si certains tombent en pâmoison devant le charme Motown de cet album mélangeant avec savoir-faire la soul la plus chaude avec une pop lounge ou easy listening à la française (que l’on pourra retrouver plus tard chez Nouvelle Vague, sans doute) d’aucuns tombent à bras raccourcis sur le dandy irlandais pour lui reprocher un changement trop radical dans l’approche de ses compositions et de son univers musical, regrettant son alliance de David Sylvian et de Portishead. Alors, verre à moitié plein ou à moitié vide ?

En vérité, cet étrange débat n’a pas vraiment lieu d’être, puisque Blake signe tout simplement, à mon avis, le meilleur album de sa carrière, du moins pour le moment. C’est un album qui vous caresse et vous masse, vous surprend à vous chuchoter de doux compliments à l’oreille, mais qui s’inscrit finalement dans la continuité de Still life, avec toutefois des notes estivales plus présentes. C’est aussi (et il en fallait bien un) l’album américain de Perry Blake, d’habitude plus doué pour les escapades lentes et dérangées à l’Européenne. En vrac, on retrouve la ballade incroyablement détendue Pretty love songs côte à côte avec le lumineux et séducteur Ordinary day, qui était sorti en France pour l’occasion, avec en version single un duo avec une obscure artiste française dont la postérité a oublié le patronyme.

Finalement, l’invitation au voyage du couple devient une véritable tragédie au fur et à mesure de l’album, et A face in the crowd renoue avec la fatalité de Blake, que l’on pouvait retrouver par exemple sur des titres comme The hunchback of San Francisco, qui figurait sur son premier album. En vrac, on peut citer la triste retournelle de The road to Hollywood pour satisfaire les nostalgiques, mais c’est surtout avec le charme de l’aurore sereine de morceaux tels que California ou Morning song que Perry Blake parvient à faire fondre les cœurs et les oreilles, à l’instar de ses idoles Nick Drake ou Leonard Cohen, dont il reste par ailleurs très proche tout au long de cet album. Un troisième album fabuleux qui termine en apothéose sur l’incroyable Venus of the canyon, qui achève de rendre cette galette indispensable à toute discothèque digne de ce nom.



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Clarisse de Saint-Ange





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Perry Blake : "California"
(1/2) 21 octobre 2016
Perry Blake : "California"
(2/2) 8 octobre 2007, par Dorléac




Perry Blake : "California"

21 octobre 2016 [retour au début des forums]

It is really something worth listening. Such great music. - Bath Planet

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Perry Blake : "California"

8 octobre 2007, par Dorléac [retour au début des forums]

Bonjour,
Je suis ravi de lire que je ne suis pas le seul à trouver cet album lumineux de la première à la dernière note. En toute objectivité (enfin j’espère...), je ne pense pas que Perry Blake ait fait un jour un mauvais album, voire même moyen. Mais, vous avez sans doute raison, Clarisse, s’il ne fallait en retenir qu’un seul, ce serait sans doute ce somptueux "California".
A bientôt.
O.

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