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Pennywise : "The fuse"
Un doux ronronnement

vendredi 26 août 2005, par Marc Lenglet

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Huitième album pour Pennywise, l’un des groupes fondateurs du revival-punk californien de la fin des années 80. Sans jamais devenir aussi imposant que ses cousins de Green Day et Offspring, Pennywise, sagement installé à la proue du label Epitaph, livre depuis plus de seize ans des albums sautillants et fédérateurs, avec la petite touche d’engagement politique vitale pour ne pas être considéré comme un abruti de skateur sans opinion fixe.

Alors, avec The fuse, les applaudissements vont-ils fuser ? Ah, ah, ah. Je sais, elle est lamentable, mais ça fait quelque temps déjà que j’ai rangé ma dignité sur le tas avec les deux autres trucs-là, l’objectivité et l’envie d’être sympa, si je me souviens bien. Et puis, je ne sais que dire, alors je meuble comme je peux. Parce que, honnêtement, si je vous avoue qu’à chaque fois que j’ai lancé The fuse, je n’ai pas eu la force morale de maintenir mon attention captive pendant plus de cinq ou six minutes à la fois, vous serez en droit de me morigéner rageusement, arguant que je n’ai récolté aucune vue d’ensemble de l’album, et aucun droit légal de le chroniquer. Et moi, plein d’humilité et de flatulences craintives, je vous répondrai que vous avez entièrement raison. J’ai, à l’insu de mon plein gré comme disait l’autre, fragmenté l’écoute de The fuse. De la piste 1 à la 3. Puis, j’ai du perdre le fil. Reprise de contact de la 11 à la 14. Puis, retour en arrière pour les pistes 4 à 6, et ainsi de suite... Mais cela n’a pas grande importance : n’importe quel morceau suffit pour avoir une vue d’ensemble de The fuse.

Parce que le pire, c’est que je n’ai rien, mais alors vraiment rien contre Pennywise ou contre cet album. C’est même sympathique dans l’ensemble : les titres s’enchaînent sans temps mort, les refrains s’impriment dans la partie supérieur droite de l’occiput avec une aisance confondante, c’est rythmé, énergique, supersonique, festif... Assis dans l’herbe, sous le soleil et avec une bière tiède, on se croirait presque sur le camping d’un festival. Et surtout, il y a cette sensation que je ne me lasse pas de retrouver : l’effet "moteur". Outre le fait de pouvoir expliquer à la fois l’écoute fragmentée de The fuse et le refus persistant de l’état belge de me laisser m’asseoir derrière un volant, l’effet moteur peut se définir comme suit : tout bruit sourd, ronronnant et régulier, dont l’intensité et les variations n’évoluent pas ou peu, provoque chez moi une sensation de chaleur et de bien-être, suivie d’une tendance à l’engourdissement et à la perte de conscience. Les vecteurs de cette sensation sont très variés : voiture automatique, lecteur de cassette, sèche-linge, chat en pleine descente d’herbe à chats, four, hotte de cuisine, punk-rock californien. Et oui, je m’assoupis avec plaisir face au bruit d’une hotte. Je m’assoupis avec plaisir en écoutant Pennywise. Donc, Pennywise est un genre de hotte. Je crois.

Et puis zut à la fin, je n’ai pas envie de faire cette chronique. Piste 7 à présent, si je calcule bien, j’ai du me mettre à buller vers la 4. C’est une de mieux que tout à l’heure. Chef, vous avez pas le dernier Wünjo ? J’ai envie de mordre. Je suis toujours agressif au réveil. The fuse est un album parfumé au pavot. On se sent bien en l’écoutant, tellement bien que, paradoxalement, on n’a même plus envie de continuer à l’écouter. Son absence d’innovation est tellement disciplinée qu’elle en devient éblouissante. Il n’y a même plus l’excuse du "tout le monde fait pareil et ça marche", certains de leur coreligionnaires ont récemment prouvé qu’il était possible de se reconvertir de manière plus que satisfaisante. Mais non, Pennywise sert et ressert la même soupe. Depuis le temps qu’on y a droit, ils la maîtrisent tip top, leur recette. Mais même les meilleurs plats finissent par avoir un goût d’ennui à force d’être ingurgités. Alors, de la soupe, vous pensez bien... Il y en a néanmoins qui apprécient. J’en fais partie, d’une certaine manière. The fuse n’est pas mauvais, juste très insipide. Et question aspiration des odeurs et des vapeurs de cuisine, y a beaucoup mieux sur le marché...



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Marc Lenglet





Il y a 10 contribution(s) au forum.

Pennywise : "The fuse"
(1/3) 30 juillet 2007
Pennywise : "The fuse"
(2/3) 4 septembre 2006, par sam
> Pennywise : "The fuse"
(3/3) 26 août 2005, par Albin Wagener




Pennywise : "The fuse"

30 juillet 2007 [retour au début des forums]

Ce petit calembour de début de critique est désolant, comme la plupart des critiques réalisées par ce monsieur. (ce n’est que mon avis évidemment)

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Pennywise : "The fuse"

4 septembre 2006, par sam [retour au début des forums]

criss tu parle pour rien dire c taime pas sa écoute le pas ...

bye le tata sans aucune opinion fix !!!

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> Pennywise : "The fuse"

26 août 2005, par Albin Wagener [retour au début des forums]

j’étais mort de rire en te lisant marc, ça me rappelle vraiment trop certains albums inchroniquables, où on est obligés de se faire violence pour tenter de coucher quelques lignes ironiques... heureusement, ça n’arrive pas souvent !

j’apprécie !

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