Pop-Rock.com



Pendulum : "In Silico"
I hate myself and I want to dump

jeudi 2 juillet 2009, par Yû Voskoboinikov

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Clinic :"Winchester cathedral"
Cat Power : "The Greatest"
Enigma : "Voyageur"
Devendra Banhart : "Smokey rolls down Thunder Canyon"
Ian McCulloch : "Slideling"
Louise Attaque : "A plus tard crocodile"
Sigur Rós : "leur nouvel album au titre imprononçable"
Machiavel : "2005"
The Electric Soft Parade : "The American adventures"
The Offspring : "Splinter"


Ce qu’il y a de bien avec ce disque, c’est que je pousse le père Delvaux dans ses derniers retranchements, et c’est tant mieux ! Un rédacteur en chef qui m’encourage à pousser le bouchon toujours plus loin, cela mine ma créativité. Je suis un punk, et être punk, c’est s’auto-détruire en faisant chier le maximum de monde. A commencer par mon souteneur, qui ne devrait plus tarder à découvrir qu’il vient d’acheter le nom de domaine Drum-Bass.com. A prendre ou à virer.

Bon, je suis hypocrite sur un point. Pas sur le fait que Delvaux est un manipulateur agressif, tout le monde le sait, mais plutôt sur l’obédience musicale du groupe Pendulum, certes issu de la scène drum & bass (ou jungle, selon de quel côté du schisme l’on se trouve), mais qui a bien plus à offrir que cela. J’en veux pour preuve le fait qu’ils aient en 2003 quitté leur Australie vulgaire pour le raffinement propre au Royaume-Uni, qui a d’ailleurs vu naître leurs premiers disques.

Cependant, je passerai très rapidement sur leur premier album, indéniablement sympathique, mais souffrant de quelques défauts de jeunesse, comme un côté assez pédant (le Prelude très simiesque), une certaine propension à sonner big beat (d’où leur remix des lopettes de Prodigy), et globalement, une capacité sous-exploitée à sortir d’un genre aux limites finalement très vites atteintes. Il y a matière à fourberie, mais le groupe n’ose pas, et, presque fatalement, manque à maintes reprises de littéralement se vautrer dans le grotesque. Ce que le public fait d’ailleurs à leur place, puisque l’album est l’une des meilleures ventes du genre. Quelle blague !

Par contre, avec In Silico, leur deuxième album, les Pendulum ne jouent plus dans la même cour, et c’est ce qui fait l’objet de cette chronique ; emmerder son rédacteur en chef, mais toujours avec la plus grande pertinence. Dont acte, puisque voici enfin l’album qui va faire sortir la new wave de son sommeil dogmatique. Un album pop et rock aux relents synthétiques affirmés, la réunification tant attendue par les nouveaux romantiques du rock et de l’électronique, une sorte de renaissance, tel qu’implicitement illustré par la jaquette du disque, un foetus dans un ovule synthétique. Peut-on être plus clair ?

Certes, je n’oublie pas des groupes comme U2 (Zooropa) ou Buck-Tick (Sexy Stream Liner), mais ces derniers, et toutes les couillonneries apparentées, penchent toujours d’un côté ou de l’autre. Et même les New Order, pourtant d’authentiques voyous, dixit Nick Cave, ne sont jamais parvenus à établir un équilibre entre rock et électronique. D’une manière ou d’une autre, la pièce tombait toujours d’un côté, et il aura fallu que Pendulum arrive avec le chaînon manquant issu du reggae pour qu’enfin la sauce prenne, et que l’histoire se souvienne que les punks, ceux grâce à qui l’ont a droit à tout cela, étaient aussi des fans de Bob Marley.

Toutefois, il est important de signaler au lecteur alléché qu’il ne s’agit pas encore là de leur meilleur album. C’est très bon, certes, c’est même excellent par moments, mais This is hardcore ne s’est pas composé en un jour, et Pendulum a encore du chemin à faire avant de réaliser le disque mythique qui mettra définitivement fin à bientôt trente ans de malentendu musical. In Silico est un faire-part qui annonce une (re)naissance probable même si encore incertaine, une mise en bouche attachante façon Michel Foucault qui rappellera à beaucoup que les nouveaux romantiques n’oubliaient pas d’où ils venaient, et qu’ils ne se faisaient aucune illusion sur la puanteur déodorante de notre société.

(Yû Voskoboinikov est parfumé par Déodorant Sensuel d’Auchan, à l’extrait de fleur de Tiaré de Tahiti.)



Répondre à cet article

Yû Voskoboinikov





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Pendulum : "In Silico"
(1/1) 18 novembre 2013, par Prince




Pendulum : "In Silico"

18 novembre 2013, par Prince [retour au début des forums]

C’était une information impressionnante. Continuez votre bon travail et continuer à partager des informations utiles. Check out surf club miami beach on blogspot.

[Répondre à ce message]