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Peaches : "Impeach my Bush"
Talk dirty to me

samedi 12 août 2006, par Marc Lenglet

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Derrière ce gracieux jeu de mots dont la finesse n’aura échappée à personne se cache tout simplement le troisième album de cette trublione de Merill Beth Nisker, mieux connue sous le pseudonyme de Peaches. Féministe à tout crin, apologiste d’une sexualité libre et sans entraves et résolument ordurière pour des oreilles anglo-saxonnes, Peaches est un sacré bout de femme dont les albums ne servent que de vecteur à une cause plus étendue.

Il y a un côté idole branchouille - ceci dit, ce n’est pas sa faute - un peu énervant chez Peaches. Faut dire que la sauvageonne est considérée comme un phénomène d’avant-garde par des personnalités aussi différentes que Debbie Harry, Björk, Iggy Pop, Pink, LCD Soundsystem ou les 2 Many DJ’s. Après deux albums dans une veine electro aussi austère que minimaliste, Peaches semble aujourd’hui avoir atteint sa vitesse de croisière. Le remplacement de la boîte à rythme par une véritable batteuse - Samantha Maloney, ex-Hole et Mötley Crüe - et l’arrivée de J.D. Samson de Le Tigre aux manettes ne sont certainement pas étrangers à l’impression de plus grand professionnalisme qui ressort de cet Impeach my Bush Ceci dit, malgré le bond en avant effectué sur cet opus, il ne s’agit tout de même pas d’une révolution, encore moins d’une révélation, même si l’album offre nettement plus d’efficacité et de variété que Teaches of Peaches et Father Fucker.

Si une majorité des morceaux reste musicalement dans la veine lassante des deux albums précédents, Impeach my Bush consent à varier un peu plus les plaisirs. Le très explicite Tent in your pants sonne comme un vieux morceau de hip-hop, tandis que Downtown creuse dans un registre disco girl power assez amusant. Pour l’amateur de rock moyen, ce seront les pistes où la guitare électrique se prend à rugir qui seront à retenir avant tous les autres. Et leur succès repose notamment sur les invités de marque venus prêter main forte à la Canadienne. Josh Homme des Queens of The Stone Age (quand même une certaine idée du rock viril, malicieusement invité sur ce manifeste féministe et libertaire) vient plaquer quelques riffs testostéronés sur Give’er tandis que, de façon plus logique, la légendaire Joan Jett vient tenir la guitare et hululer sur You love it, sans doute la chanson la plus revancharde et enragée de tout l’album. Sacré morceau ce You love it d’ailleurs. Sans doute le plus percutant de tout l’opus, il remonterait les bretelles à n’importe quel apprenti punk !

Malgré ces efforts estimables, le principal pivot de la musique de Peaches ne réside toujours pas particulièrement dans la musique en elle-même. Si elle s’engage - timidement et sans oublier de parler de baise au passage - dans la contestation politique (Fuck or kill), le principal objectif de l’artiste est toujours d’interroger les normes sociétales ainsi que les identités et les rôles dévolus à chacun, et de tenter d’en dégager les moteurs de phénomènes comme l’homophobie ou la misogynie. Peaches, nonobstant toute considérations sur la qualité de sa musique, fait tout de même couler beaucoup d’encre... Beaucoup trop, je pense, pour des spectacles et des écrits qui ne peuvent heurter l’identité masculine que dans ce qu’elle a de plus abrutie et bas-de-plafond.

Peaches sème la controverse, c’est un fait. Non parce qu’elle est crue, provocatrice, salace ou totalement branchée cul, mais parce qu’elle ose être tout cela et être une femme en même temps. Personne ne se tracasse vraiment de savoir ce dont peut bien parler Snoop Dogg dans ses scripts pour films porno. Tout le monde se marrait en entendant AC/DC hurler Let me put my love into you, ou David Coverdale s’attendrir sur son Whitesnake. Et la moitié des groupes de rock et de rap faire des allusions plus ou moins suggestives à la fornication. Mais qu’une femme se mette à son tour à badiner sur la sexualité avec la finesse d’un hussard et le vocable d’une mère maquerelle, et tout le monde fronce les sourcils, mi incrédule mi inquiet. La provocation la plus amusante de cette bonne vielle Peaches réside dans le titre Two guys (for every girl) qui - cela va sans dire - a violenté la moralité de quelques belles âmes au passage. Polémique assez amusante et creuse au fond, quand on sait où Peaches a puisé son inspiration, à savoir le slogan gentillet Two girls for every boy des Beach Boys. Il y a plus de 40 ans, et dans cette configuration là évidemment, personne ne s’était réellement posé la question de savoir s’il fallait y voir rôder l’ombre diabolique du sexe. Qu’une œuvre relativement confidentielle suscite un tel émoi par son seul contenu témoigne que la croisade anti bonnes mœurs de Peaches conserve toute sa pertinence.

Rien que pour ça, et même si ses albums ne sont pas franchement bandants, y compris celui-ci, Peaches a au moins le mérite d’exister.



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Marc Lenglet





Il y a 3 contribution(s) au forum.

Peaches : "Impeach my Bush"
(1/3) 28 novembre 2006, par Ogm_Alien
Peaches : "Impeach my Bush"
(2/3) 13 août 2006, par Yû
Peaches : "Impeach my Bush"
(3/3) 12 août 2006




Peaches : "Impeach my Bush"

28 novembre 2006, par Ogm_Alien [retour au début des forums]

moi, je trouve ses albums bandants !
en voilà au moins une qui en a dans la culotte !
et faut-il le rapeller, elle a composée toute seule ses deux premiers albums, les performe sur scène au chant et à la boite à rythmes !
bravo peaches !!

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Peaches : "Impeach my Bush"

13 août 2006, par  [retour au début des forums]

Peaches ne m’a intéressé qu’avec son duo avec l’iguane. Pour le reste, je la trouve musicalement répétitive, molle du téton, et aussi lassante, pour reprendre cette juste analyse de l’article. En fait, Peaches, elle devrait écrire des livres et faire de la politique à l’inverse de Bono : au lieu de distribuer des Bisounours, elle distribuerait des capotes usagées. Et là, oui, elle serait alors à la mesure de sa bouche pulpeuse.

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Peaches : "Impeach my Bush"

12 août 2006 [retour au début des forums]

Ah..."Shake your dick",tout un style...

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