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Paul Stuart & The Sweet Powerpack : "Talk about particular generalities"
« Il faut être terriblement heureux pour écouter de la musique pop ou profondément désespéré. »

jeudi 26 mai 2005, par Geoffroy Bodart

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Cette jolie phrase, on peut l’entendre sur le disque, en tendant bien l’oreille. Et elle reflète merveilleusement l’ambiance mélancolique et contemplative de ce premier album qui semble avoir été composé dans le seul but de nous faire sourire. Un album qui est l’épilogue d’une jolie petite histoire.

Talk about particular generalities est né d’une idée un peu folle qui lui donne à elle seule sa raison d’être, son authenticité et son charme. Une idée originale qui donne une âme à ce groupe et à son œuvre. Une idée ambitieuse qui seule peut donner l’inspiration et la passion suffisantes pour composer un album de ce type. Une idée touchante qui justifie qu’on se plonge avec attention et respect dans ces mélodies vaporeuses.

Thomas, Emmanuel et Julien errent dans les rues grises de Manchester. Le hasard les fait se rencontrer et partager les raisons de leur présence dans cette ville. L’un est là pour essayer de retrouver une fille. Un autre travaille à la Pop Art Library le jour, et diffuse des émissions pirates à la radio la nuit. Le dernier est arrivé les mains dans les poches avec la ferme intention de rencontrer le poète Paul Stuart.

Ayant en commun la passion de la poésie (et notamment des haïkus, courts poèmes japonais centrés sur la nature) et de la musique, les trois compères trouvent l’adresse de Paul Stuart, le rencontrent, et lui demandent de mettre en musique son œuvre. Le poète non seulement accepte, mais va même jusqu’à les héberger pour la durée de préparation et de réalisation du projet. Il ne faudra que deux semaines au groupe improvisé pour enregistrer les 34 minutes que durent leurs 20 compositions. Je suppose que vous venez de relire ces derniers mots et vous avez bien lus : 20 morceaux pour 34 minutes.

Vingt morceaux de pop douce-amère, de pop aérienne, tantôt acoustique, tantôt électronique. 20 chansons se répondant les unes aux autres, les premières esquissant les chemins à emprunter par leurs suivantes. Des chansons qui n’en font qu’une, qui ne supportent pas une écoute individualisée. Des titres qui exposent des idées, qui distillent une petite ambiance. Des chansons qu’on écoute encore et encore avec gourmandise, mais qu’on ne parvient pas à retenir, immergées qu’elles sont dans le tout que forme l’album. Des titres simples et d’autres alambiqués. De l’épure et de l’expérimentation. Des morceaux dont plusieurs peuvent paraître, à raison, surfaits et dispensables, mais qui trouvent leur justification dans le concept de l’album.

Trente-quatre minutes de poésie bordélique à écouter d’une traite. Des instants de grâce qui ne se révèleront pas immédiatement, des instants futiles, des instants de mélancolie ou de plaisir. 34 minutes qui verront défiler des chansons trop courtes, pas terminées, pas accomplies si on ne les situe pas dans l’ensemble de l’album. Une grosse demi-heure durant laquelle on dégustera la passion et le plaisir évidents du groupe.

Vous aurez compris qu’avec un concept pareil et une telle sincérité, cet album ne peut être qu’attachant. Et de fait, les bons moments ne manquent pas. Toutefois, à moins d’être à fond dans le même trip que les membres du groupe, quod non, il est difficile d’accrocher à l’intégralité de l’album, et d’y trouver autant de plaisir que ses géniteurs. En fin de compte, je ne pense pas que j’écouterai très souvent cet album, mais je suis sûr qu’il me procurera le même plaisir à chaque écoute.



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Geoffroy Bodart





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Paul Stuart & The Sweet Powerpack : "Talk about particular generalities"
(1/1) 2 janvier 2015, par David Jones




Paul Stuart & The Sweet Powerpack : "Talk about particular generalities"

2 janvier 2015, par David Jones [retour au début des forums]

Almost music fans like to listen to pop songs. And this group has got what those fans want. - GE Pro Elite

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