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Patrick Watson : "Close to paradise"
Stairway to Heaven ?

jeudi 11 octobre 2007, par Geoffroy Bodart

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Quand, en écoutant un disque, déceler les multiples influences (voire pompages) devient un sport en soi, le moins que l’on puisse dire est qu’on est mal parti. Quand, histoire d’en rajouter une couche, c’est d’un disque de pop symphonique (genre « adulé » par votre serviteur s’il en est) que l’on parle, on peut même dire que les J.O. de la vanne à deux balles sont ouverts. Mais Patrick Watson aura tôt fait de nous clouer le bec...

Ultra-référentiel, son Close to paradise l’est. La guitare slide de la chanson titre fait ressurgir l’ombre de Pink Floyd, tout comme la marche symphonique de Weight of the world, sorte de prolongation de The trial, issus de The wall. Des morceaux piano pop comme Slip into your skin ou Drifters sonnent comme des titres de Coldplay (mais d’une qualité que Martin et ses clampins ne pourront jamais effleurer). Le chant sur Giver ou Luscious life est celui d’un fan absolu de l’immense Jeff Buckley. L’ambiance féérique développée sur The storm nous plonge dans une B.O. qu’aurait écrite Danny Elfman. Et pour finir avec le name-dropping, l’ensemble de l’album semble saupoudré de la facilité pop des Beatles.

Un bon faiseur, alors, le Patrick Watson (sachant que le sieur en question n’est qu’un membre d’un vrai groupe auquel il donne son nom) ? Un génie du shaker ? Plus que ça, en fait. Car le Montréalais, bien conscient de ses influences, ne cherche en rien à les dissimuler, mais s’en sert comme autant de balises le menant vers son propre univers. Car pour faire cohabiter tout ce joli monde, il faut un songwriter talentueux, capable d’opérer les bons choix, et qui a une idée solide de ce vers quoi il veut aller. C’est assurément le cas ici. Planante, sereine, mais incontestablement pop, sa musique déroule son tapis de velours au-travers de treize chansons classieuses, limite précieuses par moments, dont la sincérité et l’impeccable production canalisent les élans symphoniques.

L’artwork, très sympathique, de l’album est à l’image du disque : fourmillant de détails qui retiennent l’attention. En effet, si l’accroche est immédiate, l’attention reste en éveil malgré les écoutes à répétition, car la multiplicité des intervenants et le dosage savant opéré au mixage donnent toujours quelque chose de neuf à découvrir, qu’il s’agisse d’une mélodie secondaire, d’une intervention des cordes soulignant si bien la joyeuse mélancolie globale, d’une envolée de guitare salvatrice, de percussions jazzy du plus bel effet et conférant à l’album un son d’arrière-salle de bar enfumé, cosy et feutré, etc.

La conclusion est donc élémentaire (ouais, c’est facile, et alors ?) : ce deuxième album est largement au-dessus de la moyenne du genre. Parce qu’il est consciencieux, fignolé, soigné, bien propre de tous les côtés sans être racoleur ni trop facile, apaisé, et bourré d’un charme un peu désuet et fantasmagorique.



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Geoffroy Bodart





Il y a 2 contribution(s) au forum.

Patrick Watson : "Close to paradise"
(1/2) 29 octobre 2016
Patrick Watson : "Close to paradise"
(2/2) 12 octobre 2007, par jimbo




Patrick Watson : "Close to paradise"

29 octobre 2016 [retour au début des forums]

Among the two album, this is the one that I like the most. - Gary McClure

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Patrick Watson : "Close to paradise"

12 octobre 2007, par jimbo [retour au début des forums]

Superbe d’un bout à l’autre.On ne s’en lasse pas !C’est Pink Floydien.

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