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Northern Lite : "Unisex"
Confusion générale

jeudi 19 octobre 2006, par Albin Wagener

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Etrange groupe que nous avons là. Etrange, parce qu’avant tout superbement hybride - alors que certains morceaux penchent vers le rock indépendant, d’autres semblent verser dans l’électro-pop déstructurée. Unisex est le quatrième album de ce trio débarqué tout droit de l’Allemagne, un album à la fois séduisant et décevant, dont le titre est certainement à plusieurs égards représentatifs du son qui s’en dégage.

Quelque part, on a du mal à se poser au cours de cet album. Plus on l’écoute, plus on se dit qu’il manque quelque chose, et qu’en même temps, Northern Lite parvient précisément à développer un son vraiment particulier. Expérimental et binaire, le rock de 1-2-3-4 semble lorgner du côté le plus martial du metal allemand, alors que le single What you want se situe bien plus clairement autour de la galaxie développée par le fantastique You and me against the world d’Apoptygma Berzerk. Pourtant, apparemment, Northern Lite faisait partie de la scène eélectro allemande pendant un bon moment... mais ici, on a du mal à comprendre d’où ils viennent et où ils veulent en venir.

Les influences sont nombreuses. On sent ça et là du Psykosonik, du Depeche Mode aussi, du Phillip Boa ou même du Radiohead. Mais au fond, que reste-t-il de ces tendances aussi importantes que diverses ? Des morceaux parfois déstabilisants de minimalisme inutile (Ain’t coming back notamment, ou encore la mécanique lassante de Tonight), mais aussi de véritables tubes en puissance, comme le cosmique Alien girl ou encore l’efficace Thousand year old song, qui laisse une marque indélébile dans nos fragiles esgourdes. Parfois, cette pop/rock se fait facétieuse (Out of my head), et parfois elle lorgne carrément sur un folk pluvieux et nord-américain (Play with me, pourtant teinté d’électronique appuyée).

Dur, très dur de se faire une idée du son de Northern Lite. Quoiqu’il en soit, cet album en vaut la peine, ne serait-ce que pour la confusion qu’il jette : Unisex brouille les pistes, mélange batterie, guitares, basses et programmations synthétiques chaloupées, la voix d’Andreas se démarque également de façon très claire. On retient tel titre, on abhorre tel autre, et à la fin de ce quatrième opus pour le moins dérangeant, on se retrouve en face d’un dilemme rarement atteint en matière de musique. On hésite à crier au génie, et d’un autre côté, on se dit que ce génie ne s’exprimer que par bribes, que par idées génériques parfois sous-exploitées. Northern Lite ne cherche pas à faire de la pop ni à racoler les foules, soyons clairs. Pourtant, leur son intrigue, laisse un goût parfois amer, mais nous pose d’intéressantes questions sur les barrières existantes entre rock et musiques électroniques. Dans ce sens, l’aventure invraisemblable de cet Unisex est extrêmement efficace, puisqu’elle remet en question nos repères en matière de musique et nous trouble comme un plat exotique. Une expérience à tenter.



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Albin Wagener