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Nine Horses : "Money for all"
Mini, mais il fait le maximum

mercredi 31 octobre 2007, par Clarisse de Saint-Ange

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Oui, je sais, je ne suis pas en avance. Il est sorti en janvier, ce mini-album, et nous sommes déjà en octobre. Dieu que le temps passe vite ! En même temps, il est vrai que j’avais d’autres chroniques qui me semblaient plus importantes, et que j’avais donc rangé ce disque dans ma collection de musique expérimentalo-acoustico-crooner. Et puis un mini-album, par définition, retient toujours moins mon attention pour une chronique par ici...

Hé bien oui, j’avoue, j’avais tort, je me suis même grandement trompée sur toute la ligne, puisque cet E.P. au titre singulier est en fait excellent. Mais cela me posait quelques questions : Money for all, était-ce une petite réflexion ironique sur les fans de David Sylvian qui allaient fondre sur cette galette, ou bien était-ce également une manière de dire qu’avec ce disque, tout le monde en aurait pour son argent ? Difficile à dire. Ce qui est plus facile à affirmer, en revanche, c’est que le groupe de Sylvian, Steve Jansen et Burnt Friedman parvient à nous livrer une passionnante compilation de titres, quelques mois après Snow borne sorrow. Alors, ça vaut le coup ou pas ?

Ben ça le vaut largement, ne serait-ce que pour les trois seuls titres nouveaux que les auditeurs avertis pourront découvrir sur ce mini-album. Pour ce qui est du reste, il s’agit de quatre remixes de Friedman, concernant The banality of evil, Wonderful world (ici très dépouillé), Serotonin et Get the hell out, justement l’un des nouveaux titres en question. Le meilleur de ces trois titres, c’est justement Get the hell out, possible single en puissance, morceau qui parvient à concocter un mélange intéressant d’expérimentations électro, de jazz printanier et de rythmiques r’n’b... rien que ça. Un son très moderne pour le crooner David Sylvian, et une véritable invention sonore pour Nine Horses. Le morceau est percutant, mélange cymbales, cuivres, cordes et bruitisme électronique. On se régale.

Autre nouveau morceau, Money for all est plus lancinant dans ses rythmiques, plus gospel également, mais n’en reste pas moins un fabuleux titre. Présent en deux versions sur le disque, Money for all fait grandement penser à Pop song, cet étrange morceau que Sylvian avait sorti autour de 1987, si ma mémoire est bonne. Le minimalisme y est de rigueur, les percussions sont nombreuses et compressées, et la seule mélodie lisible est présentée par un xylophone de bon aloi. Quant au dernier morceau, Birds sing for their lives, c’est avant tout la face B du single Wonderful world et ce n’est donc en soi pas une grande nouveauté. Ceci dit, il permet de présenter une Stina Nordenstam au sommet de son art, sans soutien vocal de Sylvian. Le morceau est délicat, extrêmement feutré, et ne s’amplifie qu’au fur et à mesure des minutes. Mais qu’il s’agisse de ces trois nouveaux morceaux ou des remixes, Money for all porte finalement bien son nom et représente un investissement que l’on peut effectuer les yeux fermés. Impossible de douter de la qualité que Sylvian injecte dans ses disques !



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Clarisse de Saint-Ange