Pop-Rock.com



Nick Cave & The Bad Seeds : "Dig Lazarus, dig"
Ouais, c’est ça, creuse...

lundi 17 mars 2008, par Jérôme Delvaux

DANS LA MEME RUBRIQUE :
The Long Lost : "The Long Lost"
I Am X : "The alternative"
The Rasmus : "Hide from the sun"
The Strokes : "Is this it ?"
Scissor Sisters : "Scissor Sisters"
Figurines : "Skeleton"
Ruby : "Short-staffed at the Gene pool"
Little Man Tate : "About what you know"
Leonard Cohen : "Dear Heather"
Interpol : "Antics"


Après s’être bien défoulé l’an passé au sein de Grinderman, dont le rock brut et tendu n’était pas sans rappeler The Birthday Party, le groupe post-punk de ses débuts, Nick Cave revient à la plus rentable formule des Bad Seeds, qui a fait de lui un artiste établi. Excellente idée, a priori, puisque ce nouvel album du fringuant australien est parvenu à faire ce qu’aucun de ses treize disques précédents n’avait réussi : forcer les portes du top 5 britannique.

N’allez pourtant pas en déduire que ce Dig Lazarus, dig est un album à vocation « commerciale ». On en effet très loin d’un disque comme Murder ballads, dont les duos avec Kylie Minogue (Where the wild roses grow) et PJ Harvey (Henry Lee), sortis en single, ont été des tubes grâce à MTV. Ce qui explique le succès de ce nouvel album, c’est sans doute le fait que Nick Cave est devenu un artiste dont un large public so called alternatif achète religieusement les nouvelles livrées sans en avoir entendu un seul extrait ni lu la moindre critique. C’est probablement d’autant plus le cas avec cet album-ci que son prédécesseur, le double Abattoir blues/The lyre of Orpheus de 2004, pouvait sans hésitation aucune être qualifié de très grand cru, riche et fouillé. Dig Lazarus, dig se révèle pourtant moins séduisant à la première écoute que le précité. Idem à la deuxième. Et idem à la troisième... Au fur et à mesure des écoutes, on arrive en fait au constat que Nick Cave a, une fois encore, composé de bonnes chansons, mais qu’il leur manque souvent un tout petit quelque chose pour pouvoir rivaliser avec des compositions plus anciennes. Un morceau ambitieux comme Night of the lotus eaters donne une impression d’inachevé ; on attend quatre minutes durant un décollage qui ne viendra jamais. Même constat pour le single Dig Lazarus, dig, bien fichu mais tellement moins vibrant que ce que Cave proposait dans le même genre il y a quelques années. De manière générale, on ne peut s’empêcher de saluer la qualité de la production (à nouveau signée Nick Launay) et le choix d’instruments inhabituels tels qu’un luth, un violoncelle, une flûte, une mandoline, des bongos, des congas et des maracas, mais cela ne sert pas à grand-chose si les compositions sont faibles et mollassonnes (et c’est le cas de We call upon the author, qu’on a l’impression d’avoir déjà entendue mille fois, ou encore de la ballade gentillette Hold on to yourself et du rock bateau de Today’s lesson).

Et où restent les guitares, bon sang ? Le départ du guitariste Blixa Bargeld, en 2003, qui a préféré se consacrer à cent pour cent à son propre groupe, Einstürzende Neubauten, n’a jamais été comblé. James Johnston, qui le remplace sur scène, se contente sur disques de quelques parties d’orgue par-ci par-là et touche très peu à la six-cordes (il joue juste quelques notes sur la très électrique Albert goes west). C’est le toujours classieux Mick Harvey (The Birthday Party, Crime & The City Solution) qui prend seul en charge l’essentiel des parties de guitare en studio. Et il faut le dire, il ne parvient pas à faire oublier Bargeld. Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, Mick Harvey est un bon guitariste, c’est indiscutable, mais sans le jeu si particulier de l’Allemand, le son des Bad Seeds manque cruellement de relief. Et si en plus Nick Cave délaisse son instrument de prédilection (le piano) et que Warren Ellis oublie de jouer ses superbes parties de violon, on finit par se sentir un peu perdu... Alors bien sûr, quelques chansons sortent malgré tout clairement du lot (Albert goes west énergique en diable ; la très belle ballade Jesus for the moon et Midnight man, qui évoque un peu les Doors), mais l’ensemble n’égale malheureusement pas ce que Nick Cave et ses sept (!) Bad Seeds ont proposé depuis une dizaine d’années. D’ailleurs, je retourne de ce pas écouter No more shall we part...



Répondre à cet article

Jérôme Delvaux





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Nick Cave & The Bad Seeds : "Dig Lazarus, dig"
(1/1) 31 mars 2008




Nick Cave & The Bad Seeds : "Dig Lazarus, dig"

31 mars 2008 [retour au début des forums]

Comme tous les précédents, ce Dig Lazarus sent bon son vil coyote assoiffé -un pote avec qui j’aime bien me torcher de temps en temps quand je sature des petits jeunes énervés que je me tape pour garder la forme -"These New Puritans" en ce moment, faudrait qu’on en parle.

Son instrument de prédilection à Nick Cave pour moi c’est la voix, le dégueulis des textes ("O’Malley’s Bar"), le petit théâtre du masculin. Thank’s God il n’a rien délaissé par là -"Jesus of the moon" en témoigne ; je vous remercie d’en avoir souligné la beauté.

J’ai découvert trés tardivement l’australopithèque, grâce à un "Cannibal’s Hymn", en 2004-2005. C’est un plaisir rare, peut-être unique, de se baffrer "les yeux fermés" et avec la quasi certitude de nager dans le bonheur et l’humain une si longue et brillante discographie. D’ailleurs, je retourne de ce pas l’écouter. Tout ;-)

[Répondre à ce message]