Pop-Rock.com



Next Exit To Nowhere : "Ego to echoes"
Another guitar in the wall

vendredi 3 novembre 2006, par Geoffroy Bodart

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Rose Tattoo : "Blood brothers"
Jeepster : "What if all the rebels died ?"
Turboweekend : "Ghost of a chance"
The Mars Volta : "Octahedron"
Eric Clapton : "Back home"
Northern Lite : "Unisex"
Morgan Geist : "Double Night Time"
U2 : "How to dismantle an atomic bomb"
Morrissey : "You are the quarry"
And One : "Bodypop"


Quatuor originaire de la région liégeoise, Next Exit To Nowhere fait partie de ces groupes belges qu’on n’entend pas sur Pure FM, ce qui force immédiatement la sympathie. Mais faisons fi de toutes ces médisances. Next Exit To Nowhere est un groupe mêlant shoegazing et post-rock. Et c’est bel et bien la manière dont ils jouent et la qualité de leurs compositions qui force la sympathie.

Qui dit shoegazing et post-rock dit en fait : ambiances post-apocalyptiques, alternances de passages aériens et violents, effets de guitares, langueur, brusques accélérations, etc. On connaît la chanson. Maintenant, ce qui permettra de différencier toutes les groupes officiant dans le style, c’est leur capacité à nous faire entrer dans leur trip, l’identité qu’ils se forgeront, la puissance onirique et visuelle de leurs compositions. Respectueux des règles tacites du genre, Next Exit To Nowhere ne se démarque pas franchement des ténors de la scène, ce qui n’empêche pas l’album de proposer quelques moments mémorables.

Comme il sied à tout album de shoegazing et de post-rock, Ego to echoes (titre qui fait référence à Lego my ego de Mercury Rev et à Echoes de Pink Floyd) s’écoute d’une traite. L’intensité n’est pas constante, et il y a quand même un certain nombre de chansons qu’on ne parvient pas à retenir malgré le nombre d’écoutes, des morceaux sans grande originalité ni véritable personnalité. En ce sens, il s’agit d’un pur disque d’ambiance qui, à intervalles régulières, viendra vous tirer de la torpeur dans laquelle il vous aura volontairement plongés. Il s’agira tantôt d’un échappée tout en puissance et en lyrisme, tantôt d’une plongée angoissante dans un univers ravagé, mort, désenchanté. Stratspheric dusty clouds est criant de ce point de vue, et on reste effaré de constater avec quelle efficacité on se sent oppressé par trois simples frappes sur une batterie, répétées de manière métronomique.

Et on garde le meilleur pour la (presque) fin. Le titre, d’abord : Smooth rage. On est bien d’accord, un titre, ça ne veut rien dire, même s’il peut jouer un rôle non négligeable pour les groupes instrumentaux. Dans ce cas-ci, je trouve ce titre très beau, accrocheur. A froid il peut paraître caricatural, racoleur, tout simplement bête, mais après trois-quarts d’heure de cette musique, de ces ambiances, ce titre laisse présager quelque chose auquel on veut croire. La durée ensuit : deux minutes quatre secondes au compteur. C’est court. Mais il y a tout dans ce bref intervalle. L’émotion jaillit comme jamais, on ressent une puissance phénoménale là-derrière, mais elle est contenue, tenue en laisse pour faire ressortir tout ce qu’il y a derrière cette colère : mélancolie, désespoir, désillusion. Le groupe explose réellement au-travers de cette chanson sublime. Deux minutes quatre secondes qui résument un album d’une grosse heure. Deux minutes et quatre secondes durant lesquelles le groupe se dévoile dans toutes ses contradictions, toutes ses ambitions, toutes ses capacités. Rien que pour cet unique titre, on leur dit : « merci ».

Alors évidemment, une seule chanson, a fortiori aussi brève, ne justifie pas à elle-seule la découverte du groupe et l’achat de l’album. D’autant plus qu’il y a de fortes présomptions qu’après en avoir lu un commentaire aussi passionné et excessif, vous ne la trouviez finalement que correcte, sans plus, et ne méritant pas autant d’éloges. C’est pourquoi, comme toujours et malheureusement, cet album ne sera réservé qu’aux stricts amateurs du genre ou aux curieux qui décideraient de s’y plonger.



Répondre à cet article

Geoffroy Bodart





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Next Exit To Nowhere : "Ego to echoes"
(1/1) 19 septembre 2015




Next Exit To Nowhere : "Ego to echoes"

19 septembre 2015 [retour au début des forums]

I’ve got to listen to their music. It seems like a nice collection to listen. - Steven Wyer

[Répondre à ce message]