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New York Dolls : "One day it will please us to remember even this"
Résurrection

lundi 9 octobre 2006, par Marc Lenglet

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Il est des résurrections comme ça, qui semblent ne pas avoir le moindre sens si ce n’est de rameuter vers les salles de concerts des cars entiers de fans grisonnants, tout émus à l’idée de revivre brièvement leurs années de jeunesse. Il est des résurrections qui vous donnent envie de ricaner avant même que la première note ne soit jouée. Il est des résurrections qui vous filent une bonne paire de claques, et vous convainquent qu’à l’avenir, vous y réfléchirez à deux fois avant d’étaler vos a priori au grand jour...

Les New York Dolls se sont formés à New-York en 1971. Influencés tout autant par le rhythm’n blues du début des années 60 que par la scène bourgeonnante de Detroit et le glam-rock britannique, les poupées se posent rapidement en inspirateurs du punk à venir. Avec leurs mélodies percutantes et leurs thématiques déjantées et décadentes, les New York Dolls se construisent vite une image de groupe à voir absolument, leurs dégaines de travestis dégénérés comptant tout autant que leur musique dans leur réputation.

En 1975, Johnny Thunders et Jerry Nolan, principaux compositeurs du groupe, quittent le navire pour aller fonder les éphémères mais mythiques Heartbreakers. Les Dolls restants vivotent péniblement, recrutent Malcolm McLaren comme manager et Blackie Lawless (W.A.S.P.) comme chanteur avant de se résoudre à jeter l’éponge en 1977, s’éparpillant dans des projets solo plus ou moins confidentiels et laissant en germe une progéniture innombrable, de Blondie à Mötley Crüe en passant par Morrissey et XTC. Ce même Morrissey, justement, qui est à l’origine de la résurrection inattendue des New York Dolls, à l’occasion du Meltdown Festival 2004. Après avoir rassemblé les survivants du line-up d’origine (Thunders étant décédé en 1991 d’une overdose, et Nolan d’une méningite l’année suivante), Morrissey leur proposa de publier un album live et un DVD sur son propre label, Attack. Ces deux productions reçurent un accueil enthousiaste et, en dépit de la mort inopinée du bassiste Arthur Kane la même année, les Dolls, réduits au duo Johanson/Sylvain se remirent au boulot avec pour résultat l’accouchement de ce troisième album, 32 ans après le précédent.

Témoins d’une époque qu’ils ont contribué à façonner, les New York Dolls ne semblent plus avoir leur place sur la scène rock d’aujourd’hui. A une époque ou le punk est une musique tout ce qu’il y a de plus fréquentable et commercialisable et avec la plus grande partie de leur line-up six pieds sous terre, il y a de quoi se dire que ce que Morrissey a fait revivre, c’est un mythe, pas un groupe. Effectivement, la raison d’être de ce nouvel album n’est pas de réorienter la musique d’aujourd’hui, ni de s’afficher comme le détenteur de véritables valeurs du rock d’antan. Non, tout ce que ces vieux briscards ont a nous offrir est une simple, une belle démonstration de rock séminal, de la musique pour la musique, de l’affirmation sans ambages qu’il n’y a pas d’âge pour déconner et pour causer de tout et de rien avec une guitare électrique dans les pattes. One day it will please us to remember even this est un album généreux d’un bout à l’autre, conçu sans arrières-pensées pour faire plaisir à tous, avec des mélodies simples et diaboliquement efficaces. A commencer par ces quelques fantastiques décharges électrisées qui remonteraient les bretelles à une bonne partie des néophytes d’aujourd’hui (We’re all in love, Fishnets & cigarettes, Gotta get away from Tommy,... que du bon, du clinquant, de la folie jouissive !). Piano de cabaret, harmonica et chœurs hululants sont au rendez-vous pour rappeler que l’on a bien affaire aux New York Dolls d’antan, mais avec la production léchée d’aujourd’hui. Même les ballades possèdent un côté enjoué et canaille qui évite tout sentimentalisme déplaisant (Plenty of music, Dancing on the lip of a vocano avec Michael Stipe). Autre collaboration préstigieuse, le stoogien Gimme luv and turn on the light propose un duo entre Johanson et rien de moins qu’Iggy Pop. Les deux papys du punk réunis au sommet, c’est pas formidable ça ? J’arrête là : plutôt que de vous livrer des appréciation dithyirambiques de chaque morceau, autant résumer l’ensemble comme un formidable coup de pied au cul à tout ce qui est brièvement à la mode.

Cet album-surprise d’un groupe disparu alors que le rock était à peine adolescent, qu’il aurait été tellement simple de cataloguer comme une exhumation de mauvais goût s’avère redoutable au fil des écoutes. Au départ, il semble n’être qu’un petit disque remuant qui galope comme il peut derrière les tendances actuelles. Mais on se rend vite compte que non, les New York Dolls ne courent après personne. Réduits à la portion congrue, ce groupe légendaire s’est pourtant réinstallé dans ses quartiers comme si les trente dernières années n’avaient jamais existé, sans rien perdre de son fun, de sa verve et de son don pour torcher des perles énergico-décadentes. Et c’est pour cette raison que, comme ils l’affirment, on prendra un jour plaisir à se souvenir de cet album. Merci monsieur Morrissey !



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Marc Lenglet





Il y a 3 contribution(s) au forum.

New York Dolls : "One day it will please us to remember even this"
(1/3) 19 septembre 2016
New York Dolls : "One day it will please us to remember even this"
(2/3) 18 mars 2007
New York Dolls : "One day it will please us to remember even this"
(3/3) 9 octobre 2006, par KVQ




New York Dolls : "One day it will please us to remember even this"

19 septembre 2016 [retour au début des forums]

As they produced wonderful music, they never failed to impress their fans. - Bath Planet

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New York Dolls : "One day it will please us to remember even this"

18 mars 2007 [retour au début des forums]

La question fondamentale reste : Pourquoi tout le monde parle désormais de "David Johnason" pour designer "David Johansen" ?

Aurait-il repris recemment une orthographe plus conforme à son état civil (Un peu comme dans le cas du "s" de Keith Richards) ou sont-ce les gens qui parlent le plus des Dolls qui les connaissent le moins ?

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New York Dolls : "One day it will please us to remember even this"

9 octobre 2006, par KVQ [retour au début des forums]

Tout simplement énormissime !!! Un album de rock comme on n’en fait plus, qui pète, qui gueule, qui claque et qui fait plaisir !!

Happiness, fishnets and cigarettes...

Indispensable

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