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Neon Neon : “Stainless Style”
Théière 808

vendredi 6 février 2009, par Jeremy Plywood

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Neon Neon, deux mots qui éclairent mais font mal aux yeux quand on les fixe trop longtemps. Ce qui n’est pas le cas ici. Cela ne fait ni mal aux yeux, ni aux oreilles. A la tête de ce projet vraiment plaisant, on retrouve deux person(alités)nages : à ma gauche, Gruff Rhys, chanteur des Super Furry Animals (furieux groupe pop-psyché gallois) et, à ma droite, Bryan Hollon, plus connu sous le nom de Boom Bip (producteur électro/hip-hop overbooké). La TR808 et les synthés vintage rencontrent les guitares et les mélodies pop clin d’œil sur cet hommage appuyé non seulement aux années 80 mais aussi à John DeLorean, l’ingénieur américain qui inventa la voiture qui porte son nom accompagné d’un numéro de code sybillin : la DMC-12. Mais si, vous connaissez, c’est l’auto de luxe qui transporte Marty Mc Fly et Doc dans la série de films Retour vers le Futur !

Clairement détendus et sans aucune pression, les deux compères nous proposent un album sans prétention, dont le principal but est de se faire plaisir. Une sorte de faux best-of d’une vieille gloire des eighties qui aurait invité la crème du hip-hop actuel pour lui donner quelques nouvelles couleurs. Comme quand les Neptunes font des remixes et de la production pour tout ce qui bouge : fabriqué de toutes pièces, sans pour autant bâcler la copie.

Tout commence par une intro instrumentale, Neon Theme, drivé par une basse discoïde rafraichissante et catchy. On y retrouve aussi des sons de batteries électroniques genre Simmons et on embarque Gary Numan (son Cars, plutôt) sur le siège passager. Le ton est donné ! On poursuit sur les chapeaux de roues avec Dream Cars. Encore des voitures ! Imparable, efficace, proche de New Order, époque Power, Corruption and Lies, et malgré tout cela très personnel. Bonne chanson, bon esprit. A noter que l’on retrouve un invité de marque sur ce titre. C’est Fab Moretti des Strokes qui officie derrière la batterie.

Voitures toujours, I told her on Alderaan fait, quant à lui, référence aux Cars de Ric Ocasek. Un genre de nouvelle version de My best Friend’s Girl en plus speedé. Guitares chorus, synthés typés. Sautillant et groovy. Refrain accrocheur et mémor(is)able en diable. Un régal, inspiration 24 carats ! Profitez-en aussi pour replonger dans la discographie de ces « voitures » américaines et plus particulièrement dans les excellents albums que sont Candy-o et Panorama. Voici la typique cowbell de la Roland tr808 utilisé, en toute impunité, durant toute une décennie par tout le gratin de l’époque et remise au goût du jour par une tripotée d’autres depuis plus de 20 ans. Mélodie et intonations à la David Byrne. Beat implacable et franchement soft cellien. Un gimmick de synthé rita mitsoukesque qu’on croirait sorti tout droit de C’est comme ça. Etonnant ! Quant au titre, Raquel, clair que c’est de Miss Welsh dont il s’agit puisqu’elle était très proche de DeLorean.

On enchaîne avec le très hip-hop Trick for Treat sur lequel on retrouve en featuring Naeem Juwan de Spank Rock. Un peu ragga, un peu jungle sous calmant. Ici aussi, quelques sons typiques vintage sortis des machines de Bryan Hollon. Du hip-hop finaud et sans clichés. On pense aussi aux Flight of the Conchords lorsque les cœurs masculins haut-perchés arrivent. Gruff revient sur la piste avec un Steel your Girl épatant. La chanson commence sur cet avertissement : « les jeux vidéo ne sont qu’illusion ». Un pont mellotroné « strawberry fields’s style » trop court. Chanson directe et bien droite. Une mélodie chic et catchy enrobée de cœurs aériens. Une pop bien calée dans ses Gucci Loafers.

Duo magique dans I Lust U. Gruff Rhys et Cate Le Bon, camarade de jeu également originaire du Pays de Galles. Production économe mais diablement efficace. Des claps typiques en renfort. Des cascades de toms « propagandiens ». Encore une référence incontournable. Souvenez-vous de l’album A Secret Wish incluant le célèbre Dr Mabuse ! Sweat Shop est chaud ! Très chaud ! Hip-hop gonflé au silicone et truffé de gémissements féminins. Beat accrocheur et flow entêtant de Yo Majesty. Un vrai savoir-faire.

On entre dans Belfast, ville pour l’occasion devenue une grande boîte de nuit disco. Le Club 54 change de continent. Un hymne discoïde rafraichissant carrément italo-disco, le son typique de ces années là. On expliquera cette excursion par le fait qu’une usine servant à produire la DMC-12 fût implantée dans sa proche banlieue début des années 80. Allez, on sort son costume blanc. On commande une vodka-cécémel on the rocks. Et la piste est à nous ! Michael Douglas s’extirpe alors de la célèbre automobile et fait son apparition. Un beat s’échappe de l’auto-radio par la fenêtre ouverte. Un poil Ultravox, un poil Simple Minds époque Empires and Dance. Michael se déhanche en souplesse. Et nous rejoint dans la grande boîte de nuit. La nuit va être longue.

Luxury Pool est lui aussi à classer dans la catégorie hip-hop. Proche de n*e*r*d et de Outkast, et interprété démoniaquement par Fatlip (Pharcyde). Du groove, quelques gimmicks arabisants et le tour est joué. Jamais hip-hop n’aura été aussi plaisant. Le contexte y est pour beaucoup. Tout se termine par ce Stainless Style. Une jolie outro limite gospel sur laquelle les Magic Numbers viennent s’ébrouer dans la chorale qui soutient Gruff Rhys.

Bref, un vestiaire convainquant, sorte de dream-team déchaînée qui se/nous/vous/me fait plaisir ! Au final, une seule envie. Pousser immédiatement sur la touche « play ». Et se refaire plaisir.



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Jeremy Plywood





Il y a 11 contribution(s) au forum.

Neon Neon : “Stainless Style”
(1/1) 6 février 2009




Neon Neon : “Stainless Style”

6 février 2009 [retour au début des forums]

mon dieu ce que je regrette les anciens....amateurs mais si atachants

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