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Neil Young : "Prairie wind"
Good Ol’ Neil

mercredi 12 octobre 2005, par Albin Wagener

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Ce n’est pas une surprise : Neil Young fait partie du patrimoine culturel canadien, au même titre que les fameux étés indiens et le gouleyant sirop d’érable. Après un accident cérébral qui n’a heureusement pas eu de funeste conclusion, le sexagénaire nous revient avec un très honorable Prairie wind, véritable retour aux sources folk de cet artiste et une honorable fin à la trilogie entamée avec les merveilleux albums Harvest et Harvest moon. Avec tout de même un bémol en forme de secret de polichinelle : Neil Young commence à devenir vieux, et sa voix s’en fait sentir.

Le songwriting simple et touchant de Neil Young est toujours de bon aloi avec cet opus : tel un Bob Dylan écologiste et très proche des choses de l’amour, Neil s’épanche sur ses souvenirs et ses impressions, avec toujours ce charme nord-américain typique, quelque part entre les road movies, les petites villes canadiennes oubliées par les démons les plus vils de la civilisation occidentale, et ces immenses cafés chauds que l’on engloutit l’hiver, accompagnés de muffins fondants. Peut-être que cette musique me touche particulièrement parce que Neil Young est un compatriote et qu’il a quelque part "toujours été là" ; peut-être est-ce simplement que ses chansons ont toujours été atemporelles et absolument universelles, en allant droit au but, avec une désarmante sincérité.

Entre un hommage à Elvis Presley (He was the King) et une ode à son instrument fétiche (This old guitar), en passant par des chœurs gospel du plus bel effet (No wonder), Monsieur Young nous emporte avec lui dans son univers canadien. Un univers canadien qui prend cette fois la forme d’un voyage à Nashville, puisque c’est bien dans la Mecque américaine du rock’n’roll qu’a été enregistré ce quarantième album du maître. Mais si Toronto est loin et que le folk de ce Canadien légendaire préfère ici les charmes du conservatisme musical aux expérimentations rock, ce n’est pas forcément un mal, loin de là. En prime, Neil Young invite même Emmylou Harris à poser sa voix sur certaines de ces dix perles incontournables. Et il faut avouer que c’est presque nécessaire, car la voix de Young n’est pas au beau fixe sur cet album : même si Falling off the face of the earth reste un très beau morceau, le songwriter y tente de retrouver sa voix haut perchée, et ce avec beaucoup de difficulté. Disons que c’est probablement en raison de ses récents soucis de santé.

Qu’à cela ne tienne, puisque l’auditeur peut y trouver un certain charme. Peut-être est-ce dû au fait que le Canadien soit loin de sa terre natale ? En tout cas, l’autobiographique Far from home, à grand renfort de cuivres et d’harmonica, raconte le trajet routier effectué par Young pour se rendre à Nashville, quittant son Canada chéri. En tout et pour tout, l’album se veut d’ailleurs très personnel : l’éponyme Prairie wind évoque la mort de son père, The painter tente de traiter des amitiés qui s’effacent inlassablement avec le temps, et le touchant et naïf Here for you permet à Young de faire une véritable déclaration d’amour à ses enfants. Les plus cyniques se diront qu’on n’en a rien à faire, et les plus sensibles argueront que, pour une fois, c’est plutôt agréable de voir un artiste s’investir de façon personnelle et émotive dans ses chansons, en écrivant des textes qui, même s’ils racontent des tranches de vie plutôt privées, parviennent pourtant à atteindre quelque chose qui se retrouve dans chaque individu.

Malgré son accident cérébral qui aurait pu lui valoir la mort, Young parvient à chanter sur le passé, la mort et même Dieu (When God made me) de façon détachée et réaliste, avec toujours cette innocence presque adolescente qui le caractérise, et qui permet à ce vénérable Prairie wind de se hisser avec humilité au rang des meilleurs albums jamais écrits par l’artiste, entre blues poussiéreux et country à choeurs. A savourer cet automne, en regardant les feuilles tomber.



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Albin Wagener





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Neil Young : "Prairie wind"
(1/1) 1er novembre 2005, par Religionnaire




Neil Young : "Prairie wind"

1er novembre 2005, par Religionnaire [retour au début des forums]
http://perso.wanadoo.fr/religionnaire

Pas mal oui mais de là à dire que c’est un de ses meilleurs...

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