Pop-Rock.com



Neil Young : "Fork in the road"
Tardive moisson de quatre décades sur un cheval fou

vendredi 8 mai 2009, par Vincent Ouslati

DANS LA MEME RUBRIQUE :
Cecilia Eyes : "Mountain tops are sometimes closer to the moon"
Belle and Sebastian : "The life pursuit"
A.R. Rahman : "Music from the motion picture Slumdog Millionaire"
Katie Melua : "Piece by piece"
JP Nataf : "Plus de sucre"
Frigo : "Funambul"
Peaches : "Impeach my Bush"
Low : "Drums and guns"
Stellastarr : "Stellastarr*"
Montevideo : "Montevideo"


J’avais oublié Neil Young et c’est un péché, un grave péché. Alors qu’il fit partie de ces voix qui, via leur pendant vinylique me fit peu à peu plonger dans le grand bain de la musique qui adoucit les mœurs. Par Re.ac.tor, par Harvest, par le triptyque Decade, Neil a fait beaucoup pour mon initiation à la musique, bruyante ou non. Fork in the road, je l’ai écouté attentivement, et non content de me satisfaire amplement, il m’a filé un furieux coup de nostalgie qui me ravit.

Les parents influencent-ils invariablement les gouts et les couleurs de leur progéniture ? Pour mon cas oui, ma génitrice bossait chez Carrère il y a de cela pas mal d’années, et sur le salaire misérable qui lui était alloué, un fort pourcentage était composé de 33 tours. Il y avait toute la collection jazz de la boite, avec les Miles Davis, Thelonious Monk, Coltrane et j’en passe. Il y avait ce Live at Leeds des Who, la grise pochette du Wave de Patti Smith, l’intégrale de Creedence Clearwater Revival, Isaac Hayes et sa bande originale de Shaft, une pléthore de disques de Tangerine Dream, un peu de Klaus Schultz, pas mal de musique classique aussi.

Mais il y avait un vinyle qui réellement me collait au plafond à chaque fois, c’était le Re.ac.tor de Neil Young & Crazy Horse. Gosse, je pensais même que ce "Crazy Horse" était ces femmes fort dévêtues qui se dandinaient parfois à la téloche. Imaginez mes visions troubles d’alors, pensant au fringant Canadien entouré d’une ribambelle de nanas en porte-jarretelles.

Je l’ai passé et repassé ce disque, Harvest aussi, et le best of Decade que je garde jalousement, que des vinyles, avec des tas de photos partout, clichés d’un autre âge avec lesquels je grandissais. Puis j’ai un peu oublié Neil Young, j’ai récupéré les vinyles, mis cela dans des boites pour éviter que ce petit trésor encombrant ne s’abime, acheté de temps à autre chez les disquaires quelques 33 tours, m’étant pris d’amour pour ce support en même temps que les platines Technics des années 80. je virais vieux con nostalgique pré-bachelier.

Je voyais parfois la tronche de Neil Young aux infos, rarement cependant, toujours auréolé de ce statut de légende de je ne sais pas trop quoi, mais ça faisait le mec important dans son domaine, le sage du bord du comptoir, le gourou chantant des vieux, indémodable parce que jamais à la mode, indéboulonnable parce que cimenté à ses convictions comme l’amiante colle aux plafonds de Jussieu. Un type bien.

"OK !" sifflent les petits nerveux, mais Fork in the road alors, il est bien ou naze ce disque, la prod’ elle est comment, qui c’est qui joue là-dessus, combien de mois d’enregistrement, combien il a couté en pub et marketing, ça fait penser à ses collaborations d’avec Pearl Jam ? Il est pas un peu mort Neil Young ?

Comment vous dire... Peu me chaut ce que vaut Fork in the road, si il est bon, si il sent le sapin. Il m’a remis la voix de Neil Young aux oreilles, réveillant en cela nombre de souvenirs bien enfouis au fond du crane. Et pour cet acte simple, ce disque ne peut qu’être fabuleux et indispensable, tant aux vieux cons qu’aux jeunes nostalgiques comme votre serviteur scribouilleur, envouté et heureux.



Répondre à cet article

Vincent Ouslati





Il y a 1 contribution(s) au forum.

Neil Young : "Fork in the road"
(1/1) 29 novembre 2015




Neil Young : "Fork in the road"

29 novembre 2015 [retour au début des forums]

For any fan of the group, this is the kind of material that cannot be missed. - Roger Quick

[Répondre à ce message]