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Nashville Pussy : "Get some"
Ol’ dirty bastard

mardi 15 novembre 2005, par Marc Lenglet

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Faut-il vraiment se taper une intro pour chaque chronique ? Car Nashville Pussy, ça ne se présente pas, ça ne s’introduit pas poliment, non, non, rien de tout cela. Nashville Pussy, ça s’extirpe comme un vieux glaviot tabagique craché dans le bac à sable d’un barbier du Mississippi, et si on n’aime pas ce genre là, mieux vaut éviter d’être sur la trajectoire.

Imaginez que vous vous trouvez accoudé au comptoir d’un bar à routier perdu sur une nationale quelque part entre Louisville et Cincinnati. C’est votre douzième bourbon frelaté de la soirée, vous vous faites chier comme un rat du bayou et le bar est aussi désert qu’un salon de l’érotisme à Salt Lake City. Tout juste avez-vous sifflé d’un air blasé entre vos dents gâtées quand votre pote Greasy Hank a massacré à coup d’extincteur un yuppie égaré qui était venu réclamer un Martini dry au comptoir. Et voilà qu’un couple de musiciens pousse la porte du tripot. Surpris, vous relevez votre nez du comptoir et dévisagez les nouveaux arrivants. L’homme vous est immédiatement sympathique : il a l’incroyable faculté d’être encore plus laid et mal embouché que vous. Quant à sa compagne, elle provoque immédiatement en vous un torrent de fugitives images qu’un vieux reste de bienséance m’interdit d’évoquer ici. Les deux individus, secondés d’un batteur à l’air louche et d’une nouvelle bassiste aussi efficace que provocante, serrent quelques paluches, asphaltent plusieurs demis à une vitesse supersonique, s’écrasent les canettes sur le crâne et commencent alors à jouer un rock primitif, hargneux, vulgaire et violent. Sans s’arrêter, enchaînant hymnes de motards sur blues de mitards.

Et là, dans un geste d’admiration inhabituel, vous ôtez votre casque de uhlan et vous inclinez bien bas face à ces musiciens qui viennent de vous rappeler pourquoi vous avez un beau jour choisi de vous domicilier sur la selle de votre Harley. Greasy Hank éructe de plaisir à chaque fois que la blonde guitariste au soutien-gorge léopard se penche en avant, tandis que le sentimental Butcher Billy, votre autre pote d’autoroute, sanglote doucement en étreignant son collier d’oreille humaines. Puis, le silence se fait, les musiciens quittent la salle. Des moteurs vrombissent sur le parking mal éclairé et le silence reprend peu à peu ses droits. Les Nashville Pussy viennent de donner un concert improvisé devant vos yeux émerveillés de Hell’s Angel.

On ne vous embêtera pas avec une chronique track-by-track, ça n’aurait guère de sens. Car si les compositions semblent un rien plus affinées qu’auparavant, c’est toujours par leur côté incisif et furieusement spontané qu’elles continueront à séduire les amateurs de plaisirs simples : cette voix éraillée de vieux routier clopeur, ces soli diaboliques qui auraient pu être l’œuvre de la menotte d’Angus Young ou de Steve Gaines, ce bruit, cette fureur, ces scories de boogie légèrement saupoudré de glam, qui semblent égarées dans la tourmente et cette imagerie délicieusement vulgaire et beauf, sont ici réunies en une synthèse parfaite de Motörhead, AC/DC et Lynyrd Skynyrd, dont l’influence se fait plus prédominante que par le passé. Peu importe, des groupes comme Nashville Pussy, ça ne court pas les studios de nos jours. Des musiciens arty, créatifs et ambitieux, dans l’air du temps, vaguement engagés, déprimés chroniques, on en trouve derrière chaque guitare. Mais ceux qui jouent pour le simple plaisir de faire gicler des notes tonitruantes par dessus une pulsation rythmique instinctive... non, on n’en rencontre plus vraiment souvent. Car, pour paraphraser un groupe de comique-troupiers célèbres, c’est bien connu, il y a les bons et les mauvais rockeurs. Les bons, ils prennent leur guitare et ils crachent. Et les mauvais, ben, ils prennent leur guitare et ils crachent... mais c’est pas pareil. Nashville Pussy fait évidemment partie de la première catégorie. Explosez vous les tympans sur le fantastique Pussy time ou ce One way down sans concessions pour vous en convaincre !

Comme d’habitude, le quatuor nous gratifie dans la foulée de quelques reprises huilées à la sueur de routiers sudistes. Cette fois ce sont des composition de Scott Biram (Raisin’ Hell again), Ike & Tina Turner (Nutbush City limits) et Ace Frehey (Snowblind) qui font les frais d’un nettoyage à sec aussi brutal que jouissif de la part du mignon couple Cartwright/Suys.

Si vous avez aimé les précédentes livraisons de nos rednecks favoris, vous adorerez sans nulle doute Get some. Et tant qu’il y subsistera des formations aussi enragées de fureur primitive que ces quatre démons du Sud, le rock’n roll n’est pas prêt d’avaler son extrait de naissance !



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Marc Lenglet





Il y a 6 contribution(s) au forum.

Nashville Pussy : "Get some"
(1/1) 16 novembre 2005, par Kevin




Nashville Pussy : "Get some"

16 novembre 2005, par Kevin [retour au début des forums]
Nashville Pussy - Get Some

Alors là, je m’insurge ! Si même Marc Lenglet doit aller chercher de l’inspiration chez les petits chroniqueurs comme moi pour écrire ses articles, où va-t’on ? Sans hurler au plagiat, je tiens à préciser que j’ai écrit exactement le même genre de chronique sur Nashville Pussy, il y a un peu plus d’un mois. Sans vouloir prétendre avoir la plume de Marc, mais bon... La preuve dans le lien ci-dessus.
Je suis certain que Jérôme va l’effacer ("un site de merde"...) dès qu’il verra mon message, eh bien cette fois-ci, qu’il aille se faire f***** ! Merde !

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    Nashville Pussy : "Get some"

    16 novembre 2005, par Marc Lenglet [retour au début des forums]


    Tiens, ça c’est marrant. C’est vrai que cet article - que je découvre - ressemble au mien, et il n’est pas mal, en plus. J’aurai apprécié trouver la fin moi même...
    Non, honnêtement, je ne lis pas MIB plus que ça...enfin, je ne lis pas grand chose pour être franc, et c’est une coïncidence très intéressante. Comme quoi, Nashville Pussy évoque plus ou moins la même chose à tout le monde.

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      Nashville Pussy : "Get some"

      16 novembre 2005, par Kevin [retour au début des forums]


      Je suppose que je peux compter sur ta bonne foi... J’ai été assez surpris à la lecture de ta chronique, je me suis peut-être un peu trop vite emballé... N’empêche, finalement, c’est assez marrant qu’elles se ressemblent autant (sur le fond, pour ce qui est de la forme, on pourrait en débatre longuement et inutilement).

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        Nashville Pussy : "Get some"

        16 novembre 2005, par Marc Lenglet [retour au début des forums]


        En supposant même que j’ai vu une utilité à plagier quelque chose, MIB n’était pas vraiment la meilleure source possible, vu que le site est également belge, que nous traitons grosso modo des mêmes groupes, et que ma chronique arrive seconde mais suit de peu la tienne dans le temps. Heureusement, pour remédier à mes pannes d’inspiration, mon domestique estonien me traduit mot pour mot les articles de www.röckmüzikk.ee ;-)

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