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Nada Surf : "The weight is a gift" What is their secret ? mardi 11 octobre 2005, par |
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Alors qu’en cette rentrée 2005, Alex Chilton tente (difficilement) de réanimer le cadavre de Big Star (sur le poussif In Space), ses plus dignes héritiers actuels, les Nada Surf, enchaînent avec aisance les perles power-pop sur leur quatrième album, le splendide The Weight is a gift, digne successeur du déjà très réussi Let go. Mélodies supérieures, chœurs aériens, le sourire aux lèvres, mais les yeux humides, la musique de Nada Surf n’a sans doute jamais atteint de tels sommets...
« To make a mountain of - Your life is just a choice - But I never learned enough to listen to the voice that told me - Always love (...) ». Ainsi s’ouvre Always love, accessoirement le nouveau single de Nada Surf, principalement un des sommets d’un quatrième opus des ces New-yorkais francophiles pourtant pas avare en moments forts, et voilà Matthew Caws, le chanteur/guitariste/auteur-compositeur principal de Nada Surf, qui, en quelques vers définitifs, résume la principale qualité (à nos yeux) mais aussi le principal défaut (aux yeux des pontes de l’industrie musicale) de son groupe. Ainsi, tous ceux qui connaissent bien la musique de Nada Surf ou qui ont pu assister à une prestation scénique de ce trio power-pop pourront vous le confirmer : on a rarement eu l’occasion de rencontrer sur disque et sur scène (ou même autour d’un verre) musiciens aussi simples, authentiques, disponibles, chaleureux et sincères que Matthew Caws, Daniel Lorca (basse/chœurs) et Ira Elliot (batterie). Mais, me direz-vous, cette gentillesse naturelle, cette bonté d’âme suffit-elle à faire de la musique de Nada Surf un élément indispensable à son époque ? (au fait, peut-être les membres de The Rasmus sont-ils des êtres dotés de qualités humaines hors du commun ?). On n’ira peut-être pas jusque-là, mais il faut reconnaître au combo new-yorkais un talent certain pour conjuguer au présent les éléments jadis maîtrisés par le Sainte Trinité en B de la pop américaine (Beach Boys, Big Star, Byrds). Un peu frimeuses sur High/Low, nettement plus profondes sur The proximity effect, quasi-géniales sur Let go, les power pop-songs racées de Nada Surf domineraient la planète, et surtout les programmes matinaux des radios FM (pour bien démarrer la journée), dans un monde meilleur. Hélas pour eux, l’époque est à la frime et aux déclarations fracassantes et peu de groupes faisant actuellement la couverture du NME ou de Rolling Stone sont présentés comme les fils spirituels d’Alex Chilton et de Chris Bell. Et ce n’est pas avec The Weight is a Gift que la situation (commerciale) de Nada Surf devrait s’améliorer, même si, on vous l’avouera, on s’en tape un peu, tant ce disque s’avère une réussite. Dans la lignée de Let go, même si plus up-tempo (le groupe maîtrise aujourd’hui beaucoup mieux les rythmes plus soutenus, comme le faussement commun Concrete bed qui ouvre l’album), The Weight is a gift propose ce que Nada Surf fait de mieux, à savoir ces mélodies pop faussement enjouées, mais vraiment tristes, sur lesquelles la voix délicieusement limitée de Matthew Caws, doublée par les chœurs aériens de Daniel Lorca, conte avec des mots simples, sans fausse érudition, ces histoires d’amour modernes entre jeunes adultes, qui nous renvoient toujours une petit part de notre réalité (Let’s do it again ou What is your secret ? devraient certainement vous rappeler des souvenirs). On pointera même ici et là de vrais morceaux de désespoir (All is a game), la vie privée de Matthews Caws n’ayant visiblement pas été un modèle de sérénité ces dernières années. Le savoir-faire de Nada Surf ne se limitant pas au sprint et aux roulements de tambour, on n’oubliera pas de noter que le groupe maîtrise aussi les climats plus posés (voir le pastoral Your legs grow ou Comes a time, une ballade en apesanteur à vous broyer le cœur en dix mille morceaux comme seul Elliot Smith savait les confectionner). Pas besoin donc de vous faire un dessin, ni même une présentation Powerpoint, pour vous expliquer que Nada Surf maintient, avec The weight is a gift, le niveau d’excellence atteint sur Let go (on ne voudrait pas avoir à choisir entre ces deux disques avant de quitter le monde moderne pour une île déserte), sans pourtant donner l’impression de piétiner ou bégayer tant l’art de son songwriting reste frais et spontané. Nos Happy Kids avec leur cœur de Sad Punks se permettent même d’améliorer leur art sur les rythmes plus soutenus. On conseillera ainsi à Billy Joe Elliot (Green Day) de jeter une oreille à Blankest year, deux minutes et douze secondes d’énergie et d’élégance qui devraient hanter ses nuits pendant quelques temps... |
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