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My Little Cheap Dictaphone : "Small town boy"
Run away, turn away,...

mercredi 26 avril 2006, par Jérôme Delvaux

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Quand le nouvel album de My Little Cheap Dictaphone est arrivé sur mon bureau, je me suis dit « oh non, pas Redboy ! ». Puis je me suis souvenu que ce que je détestais chez les Hollywood Porn Stars, c’était principalement la voix et l’attitude de diva d’Anthony Sinatra (la définition vivante du ringard, selon mes critères). A bien y réfléchir, Redboy ne m’était pas si antipathique que ça, malgré ses airs de grand dadais nonchalant et ses vestes trop courtes...

J’ai donc consacré une oreille attentive aux nouvelles compositions du sieur Redboy (Michaël, de son petit nom). Après tout, My Little Cheap Dictaphone est un projet antérieur à Hollywood Porn Stars, puisqu’il existe depuis 2000. Le groupe préféré des midinettes liégeoises ne s’était lui formé, rappelons-le, que pour les besoins du Concours Circuit 2003. Etonné (comme beaucoup de gens) par son succès en finale de cette épreuve, le quatuor avait décidé de poursuivre un peu plus loin l’aventure. Un album, Year of the tiger, acclamé par la presse nationale (et même par un chroniqueur de Pop-Rock, rendez-vous compte !), une signature en France chez Naïve et une tournée hexagonale allaient suivre... et s’achever de manière chaotique lors d’un concert bruxellois supposé servir d’apothéose mais qui se joua devant une Ancienne Belgique à moitié vide. N’empêche, malgré cette déconvenue, Hollywood a réussi à s’installer confortablement aux côtés des Ghinzu et autres Mud Flow comme l’une des pointures respectées du « rock belge bruxello-wallon » (ne riez pas !). Et à bien écouter les quatorze (!) titres de Small town boy (qui ne comprend pas, comme on aurait pu l’espérer, une reprise du kitschissime tube synth-pop de Bronski Beat), on se dit que My Little Cheap Dictaphone mériterait également de se faire durablement sa place au soleil. Certes, il ne s’agit pas du tout du même style de musique que HPS, et c’est tant mieux. MLCD, c’est la chose de Redboy, un projet très personnel, et il s’y livre avec beaucoup de sincérité. Sans chercher le formatage.

Devil ouvre les hostilités de belle manière, toutes guitares dehors. Arrive ensuite At the other end of love, dont le rythme rappelle Bonnie & Clyde de Gainsbourg. On se surprend à apprécier... Redboy s’installe ensuite joliment dans le registre de la pop festive avec Upside down, le premier single, et c’est le genre de morceau qui donne la pêche, surtout écouté de grand matin. Un petit air de banjo est le petit plus qui fait la différence et rend ce titre si attachant. Certaines plages tardent à décoller, mais d’autres sont de vraies réussites. C’est le cas de la ballade Day is ending, qui dévoile un Redboy capable de se montrer profond et touchant. Sa voix, parfois proche du timbre de celle de Ian McCulloch d’Echo & The Bunnymen, se pose à merveille sur des orchestrations pleines de grâce. C’est poignant. Pour peu, on dirait que Redboy a composé - toutes proportions gardées - son Killing Moon, le petit chef-d’œuvre de sa carrière. Presque de la trempe de ceux qu’écrivent Echo, ou encore Nick Cave. Tout en finesse. Et de finesse, il en sera encore question sur Obviously, qui clôture l’album. Un trombone et un violoncelle y créent une atmosphère propice à l’introspection. Le trombone est joué par Catherine De Biasio de Mièle et il ne s’agit pas de la seule apparition d’une guest-star sur ce disque. Anthony Sinatra est présent sur presque chaque titre. Quand il ne joue pas de la guitare, il caresse des tambourins, signe des arrangements ou fait entendre le son de sa voix en arrière-fond. Et ce n’est jamais déplaisant.

Alors que Redboy aurait pu capitaliser sur le succès de son groupe de rock acéré pour teenagers, il a préféré revenir à ses racines : la pop et la folk. Avec Small town boy, il rappelle qu’il est un musicien accompli et un songwriter intègre. Comme s’il y avait un temps pour faire crier les filles et un autre pour faire de la musique. De la vraie.



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Jérôme Delvaux





Il y a 13 contribution(s) au forum.

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(1/6) 14 février 2013, par Jomethew
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(2/6) 21 mai 2006, par No-s
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(3/6) 6 mai 2006
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(4/6) 29 avril 2006, par pizz
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(5/6) 27 avril 2006, par dFj
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(6/6) 26 avril 2006, par Kevin




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14 février 2013, par Jomethew [retour au début des forums]

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My Little Cheap Dictaphone : "Small town boy"

21 mai 2006, par No-s [retour au début des forums]

Jérôme, je ne comprends pas un truc, pourquoi sous prétexte que tu te dis "critique musical", tu dois toujours être désagréable. Si tu n’aimes pas une chanson, un album, un artiste, ... pourquoi en parler ? Quel est ton problème, tu as un groupe qui ne marche pas et tu envies ceux qui réussissent surtout s’ils ne collent pas avec ta vision du move ? Je ne fais pas partie de gens qui pensent qu’il faut être un expert dans un domaine pour critiquer celui-ci, c’est le droit de tout le monde d’avoir un avis, d’ailleurs tout le monde ne recherche pas la même chose dans la musique. Tu as ta vision des choses, mais ce n’est pas une raison pour régler des comptes sur un site internet, surtout si tu utilise ton "pseudo" pouvoir médiatique, c’est vraiment bas ...

PS : Ce que j’aime le plus dans la critique facile, c’est que souvent les détracteurs ne s’investissent dans rien à part dans la démolition gratuite ;-)

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My Little Cheap Dictaphone : "Small town boy"

6 mai 2006 [retour au début des forums]

Des passages de la chronique sur Nameless (publiée après la tienne) ressemblent assez à ce que tu as écrit :

Devil ouvre l’album de manière ambitieuse, toutes guitares dehors, avec une âpreté qui claque tout en séduisant l’oreille. Certaines compositions tendent plus vers le folk mi-figue mi-raisin, ni trop introspectif ni trop porteur d’un pathos racoleur. D’autres sont plus guillerets, comme l’efficace single Upside Down, et son refrain qui passe ou qui casse : son banjo entêtant, exsudant la joie de vivre, provoque enthousiasme et exaspération avec la même force. Les meilleurs titres sont évidemment inclassables : At the other end of love présente une progression crâneuse, alors que Hope you’re back sonne comme un classique qu’on aurait toujours connu.

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My Little Cheap Dictaphone : "Small town boy"

29 avril 2006, par pizz [retour au début des forums]

Mieux vaut une veste trop courte qu’un imperméable à la matrix ressemblant à pas grand chose... Tu es le roi du ringardisme mon cher Jérome ! Pauf type !

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My Little Cheap Dictaphone : "Small town boy"

27 avril 2006, par dFj [retour au début des forums]

Je m’suis mis a ecouter l’interview dans buzz avec beaucoup d’apprioris et, au fur et a mesure, je l’ai presque trouve sympathique, notre Vokda Redboy... ca fait du bien d entendre autre chose que de la pop rock revival en belgique francophone...et le single est vachement plaisant

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My Little Cheap Dictaphone : "Small town boy"

26 avril 2006, par Kevin [retour au début des forums]

"son Killing Moon" Je vais être obligé d’écouter ça alors ;-)

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