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L’album du mois
Martin L. Gore : "Counterfeit²" La Mode des contrefaçons samedi 5 avril 2003, par |
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L’auteur compositeur qui se livre à l’excercice de la reprise a souvent pour ambition de démontrer une autre facette de ses talents : partir d’un morceau existant, le retravailler de façon originale et finalement se l’approprier. Dans le cas de Martin Lee Gore de Depeche Mode, il s’agit aussi de rappeler qu’il est un chanteur et un musicien hors pair, peut-être trop souvent resté dans l’ombre de son frontman, Dave Gahan.
Le premier essai solo de Martin Gore, Counterfeit E.P., sort en 1989. Il s’agit d’une réponse à la parution, un an plus tôt, du premier album de son co-équipier Alan Wilder, sous le nom de Recoil. A cette époque, Wilder est à l’apogée de sa créativité et parvient souvent à imposer ses vues en studio. Sa patte est très perceptible sur l’album Music for the masses, par exemple. On lui doit les magistrales envolées électroniques de Never let me down again ainsi que les orchestrations grandioses d’inspirations classiques : Pimpf et la sonate 14 de Beethoven (en face B de Little 15) qui sortent en 1988. A l’exception de Coming back to you enregistré en 1995 pour un album tribute à Leonard Cohen, Martin ne s’aventure plus en dehors de Depeche Mode durant les années 90. Il se bat pour la survie du groupe, particulièrement lors de ses heures les plus sombres entre 1993 et 1997, où DM semble un peu plus chaque jour sur le point de spliter. A ce moment un album solo d’un de ses membres aurait à coup sûr précipiter la fin du groupe. Il décide donc sagement d’attendre le retour des jours meilleurs. Rassuré par la forme retrouvée de Dave Gahan, le succès mondial d’Exciter, en 2001, et la tournée triomphale qui suit, Martin peut sereinement s’atteler à l’enregistrement de son deuxième opus personnel. Motivé cette fois par le souhait de... Gahan d’enregistrer son tout premier disque solo en vingt-deux ans de carrière ; Gore aime décidément la compétition. Après les reprises de groupes plutôt obscurs (Tuxedomoon, The Durutti Column,...), sur le premier Counterfeit (contrefaçon, en français), Martin s’attaque maintenant à quelques gros morceaux comme Bob Dylan, John Lennon, Nick Cave & The Bad Seeds, le Velvet Underground, Brian Eno et Iggy Pop (avec Tiny girls une chanson co-écrite par David Bowie). Le résultat est pour le moins surprenant ! Bien sûr, on imaginait mal Martin faire l’insulte à ses idoles de massacrer leurs œuvres. Dans l’ensemble, nous ne sommes pas déçus. L’album ne plaira pourtant peut-être pas à tout le monde à la première écoute. Le choix des instruments et des arrangements déroute. On a parfois l’impression d’entendre du Depeche Mode période Ultra puis, le morceau suivant, on est face à une instrumentation électro minimaliste expérimentale. On pense que Martin va élever sa voix alors qu’il continue sur un ton linéaire, presque fade. L’exemple le plus frappant est sans doute Loverman de Nick Cave. Désireux de présenter une version diamétralement différente, il omet d’hurler à la manière de l’Australien. Mais Martin serait-il crédible en Nick Cave ? Sûrement pas. Sa reprise n’en demeure pas moins un des morceaux les plus rythmés de Counterfeit 2. A contrario, By this river de Brian Eno est d’une émouvante douceur. Sur Das lied vom einsamen mädchen de Nico, il chante en allemand ; une langue qu’il parle couramment. Autre clin d’œil à sa période berlinoise : Tiny girls extrait de l’album The idiot, enregistré au pied du Mur par le duo Bowie/Pop. Le premier (et sans doute unique) single Stardust, reprise de David Essex, est sorti quelques jours avant l’album, mais ne risque pas d’être un authentique carton, même si le morceau de 1975 connaît ici une bien belle cure de jouvence. Martin ne jongle pas avec tout le côté commercial du business de la musique. Même s’il avoue avoir assisté à un concert de Britney Spears, pour faire plaisir à ses filles, il est ici à des années lumières de jouer une musique adaptée au format radio, ou même hit parade. A n’en point douter, Counterfeit 2 sera un très gros succès, via les fans de Depeche Mode. Ils devront toutefois faire preuve d’une grande ouverture d’esprit (pas toujours leur fort) pour apprécier ces contrefaçons de bien bonne facture. |
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Il y a 2 contribution(s) au forum. Martin L. Gore : "Counterfeit²"
(1/2) 7 janvier 2008, par Natacha > Martin L. Gore : "Counterfeit²"
(2/2) 8 avril 2003, par suzanna |
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